DOSSIER. Alors que le malaise touche toute l’université algérienne, les étudiants s’organisent et construisent leur mouvement. Des collectifs et des coordinations d’étudiants autonomes ont vu le jour.

lundi 7 mars 2011
par  onvaulxmieuxqueca
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Nous mettons en ligne ce dossier du journal LIBERTE.

Alors que les facultés s’organisent, huit grandes écoles durcissent le mouvement Sit-in aujourd’hui à la place de la Liberté de la presse


Par : Nabila Afroun

Alors que le malaise touche toute l’université algérienne, les étudiants s’organisent et construisent leur mouvement. Des collectifs et des coordinations d’étudiants autonomes ont vu le jour.

Le nombre d’étudiants en colère ne cesse d’augmenter. Hier encore, ils étaient des milliers à observer un rassemblement devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à Ben Aknoun (Alger). Cela fait maintenant plusieurs semaines que la protestation prend de l’ampleur touchant quasiment toutes les filières de l’enseignement supérieur sans que la tutelle réagisse pour absorber, calmer la colère ou encore les rassurer sur leur avenir.

Il ne se passe pas une journée sans que des milliers d’étudiants observent un sit-in pour clamer leurs revendications et dénoncer “le mutisme dans lequel s’enferme la tutelle”. Les étudiants se disent fatigués, voire même exaspérés par cette politique, mais aussi déterminés à poursuivre leur grève quitte à aller vers une année blanche.

“Ils veulent nous avoir à l’usure mais nous n’allons pas lâcher prise. Nous finirons par les avoir et arracher nos droits”, a déclaré Adel, étudiant à l’école nationale supérieure des statistiques et de l’économie appliquée (Enssea, ex-INPS). Une foule immense a envahi hier les alentours du siège du ministère de l’Enseignement supérieur, chantant en chœur l’hymne national puis scandant des slogans dénonçant la politique du ministère :

“Le ministère méprise ses étudiants”, “la confiance est dans l’engagement écrit, non dans les fausses promesses”, ont encore crié les étudiants. D’autres se disent prêts à durcir le mouvement en criant : “Profitez de notre mouvement pacifique pour concrétiser nos revendications avant qu’on élève le ton”. Les étudiants déplorent “l’entêtement” de la tutelle à vouloir poursuivre des réformes contestées par toute la famille estudiantine.

“Nos études et nos diplômes ne valent plus rien. Nous voulons de la compétence, cela fait plus d’une année que j’étudie les sciences islamiques et je n’ai rien acquis en savoir. Nos diplômes ne valent même pas un BTS et c’est pour cela que l’administration préfère recruter des imams sortant des zaouias au lieu de ceux ayant fait l’université”, s’indigne Abdelfatah, étudiant en sciences islamiques à l’université du Caroubier.

Alors que le malaise touche toute l’université algérienne, les étudiants s’organisent et construisent leur mouvement. Des collectifs et des coordinations d’étudiants autonomes ont vu le jour. Samedi dernier, les comités d’étudiants autonomes des facultés de Bouzaréah, de Dély-Ibrahim, du Caroubier et de Sidi-Abdallah ont décidé de créer une coordination des comités autonomes d’Alger. à quelques détails près, ils réclament tous la réforme des programmes d’enseignement, la séparation entre les promotions du système LMD et celles de l’ancien système, l’ouverture d’avantage de postes de magistère et la possibilité de participer aux concours d’accès au mastère 1.

Les étudiants en grève dénoncent également “les manœuvres” de l’administration visant à casser leur mouvement de protestation en ouvrant le dialogue avec les représentants des organisations “satellites”, à l’image de l’Ugel, de l’Unea… Concernant les dernières mesures portant sur l’abrogation du décret 10-315, elles n’auront pas suffi à dissuader les étudiants des grandes écoles de cesser la protestation. “Le décret n’était qu’un déclencheur. Nous avons d’autres revendications qui n’ont pas été évoquées par la tutelle”, expliquent-ils. Mieux, la révolte des étudiants promet de monter d’un cran puisqu’ils ont décidé de tenir un rassemblement aujourd’hui à la place de la Liberté de la presse, rue
Hassiba-Ben-Bouali, à Alger.

Dossier (Lundi 07 Mars 2011

Reprise de la protestation des étudiants à Oran Marches des étudiants en pharmacie

Par : DJAMILA L.

Les actions de protestation ont repris hier matin au niveau des universités d’Oran. En plus des blocus organisés dans différentes facultés, plus de 300 étudiants en pharmacie ont organisé une marche qui a démarré de l’Igmo, campus de l’université d’Es-Sénia, jusqu’à l’Inesm.

Encadrée par des policiers, la majorité en civil, la procession des étudiants a été ponctuée par des slogans reprenant leurs revendications ou dénonçant la tutelle et l’administration du département de pharmacie.

Les étudiants se sont, ensuite, regroupés à l’intérieur de l’enceinte de l’Inesm pour exiger la présence du doyen. L’un des délégués des étudiants de l’Inesm rappelle les revendications, à savoir le rétablissement de leur statut de docteur en pharmacie à l’échelon 16, l’ouverture de postes de résidanat notamment pour les filières pharmacie industrielle.

“Nous contestons ces pratiques de la tutelle. Nous exigeons une formation de qualité. Faute de moyens, les TP se transforment en cours théoriques ; nous ne faisons aucune manipulation.” Au niveau d’autres sites universitaires, c’est toujours la grève avec le blocus de plusieurs facultés comme à l’Usto, où les étudiants du système classique et ceux du système LMD se sont retrouvés ensemble pour protester.

Dossier (Lundi 07 Mars 2011)

à l’appel de l’union nationale du personnel de l’éducation et de la formation Rassemblements devant les sièges de wilayas

Par : M. BEN

Marquer la date du 7 mars 2010, où le ministère de l’éducation nationale a sommé les enseignants en grève de reprendre leur poste faute de se voir remplacés par de nouvelles recrues, est la nouvelle tradition des syndicats autonomes de l’éducation nationale.

En effet, après le Cnapest, c’est au tour de l’Unpef de monter au créneau en cette même “date fatidique placée sous le signe de la défense de la dignité de l’éducateur”. Une année après, l’Unpef “célèbre” cette journée par une action de protestation.

“Nous marquons cette date par des rassemblements au niveau des sièges des différentes wilayas du pays. Les enseignants feront la lecture d’une plateforme de revendication avant de la remettre aux walis qui la transmettront à la Présidence”, nous dit le président de l’Unpef.

Et de préciser que cette action “des cadres de l’éducation nationale à laquelle tout enseignant peut prendre part, se veut être un moyen de dire aux pouvoirs publics que nous sommes toujours là pour défendre la dignité de l’éducateur”.

Selon Sadek Dziri “cette action aura lieu au niveau de toutes les wilayas, mais à Alger, les enseignants vont se rassembler au lycée Omar-Racim”. Le conseil national de l’union nationale du personnel de l’éducation et de la formation qui s’est réuni récemment à Tlemcen a réitéré ses positions et revendications socioprofessionnelles.

Nous citerons entre autres : l’ouverture des médias lourds à toutes les composantes de la société, le respect des droits individuels et collectifs, la liberté de réunion, de manifestation et le droit de grève et de négociation, la médecine du travail, la révision des disparités existantes dans les statuts particuliers, l’indexation de la prime de zone géographique sur le nouveau salaire principal et l’application du décret n° 95-300 relatif à l’indemnité spécifique de poste. Le conseil a, enfin, décidé de “maintenir sa session ouverte et d’envisager une grève nationale dont la date sera décidée ultérieurement”.

Dossier (Lundi 07 Mars 2011)

école préparatoire sciences et techniques d’Alger Les parents d’élèves à la rescousse

Par : MALIKA BEN

Les étudiants de l’école préparatoire sciences et techniques d’Alger domiciliés au lycée émir-Abdelkader de Bab El-Oued ne savent plus à quel saint se vouer. En grève depuis plus de deux mois, ces étudiants qui s’inquiètent de leur avenir alors qu’ils ont décroché leur baccalauréat avec une moyenne qui dépasse les 15/20, se sont tournés vers l’aide de leurs parents.

Ces derniers, se sont déplacés hier au lycée émir-Abdelkader pour afficher leur soutien à leurs enfants et tenter de débattre de la situation avec le directeur de l’école et entre parents en vue de dégager une action commune à même de mettre fin au calvaire de leur progéniture.
En recevant les parents, le directeur de l’école leur a affirmé que les conditions pédagogiques existent contrairement à ce que disent les grévistes. Les élèves de cette école préparatoire, censée former les meilleurs bacheliers pour l’accès, via un concours, à des études au sein des plus prestigieuses écoles supérieures, sont désorientés. Le spectre de l’année blanche les hante déjà.

“Nous allons vers l’année blanche sans que personne ne se soucie de nous. Si ça ne s’arrange pas, l’année prochaine je peux vous assurer que 80% des étudiants changeront de filière et iront ailleurs ou bien à l’étranger. On aura perdu une année de notre vie”, regrette Narimane, une déléguée des étudiants. Et d’ajouter : “Le pire est que les responsables ne se rendent pas compte de ce qui se passe dans la tête d’un étudiant qui vient d’avoir son bac avec mention et face à tous ces problèmes, se retrouve dans l’obligation de chercher par lui-même des solutions.”

Des solutions qui sont assez souvent rejetées par la tutelle. Il faut rappeler que le conseil des enseignants de l’école polytechnique s’est proposé “de sauver l’avenir de ses brillants élèves”, en se disant prêt à se mobiliser, en les accueillant dans les plus brefs délais avant que leur avenir soit définitivement compromis. “Mais aucune suite n’a été donnée à cette initiative”.

Pis, à en croire les délégués des étudiants qui se sont réunis récemment avec le directeur de l’école et l’inspecteur il y a une semaine. Un responsable au niveau de la tutelle s’est dit “étonné de voir tant de conscience de la part des enseignants de cette école qui ne se sont rendu compte que maintenant des conditions d’enseignement de ces élèves” avant de soutenir que “ses enseignants sont minoritaires et, leur proposition n’a été formulée par aucun écrit signé”.

Dossier (Lundi 07 Mars 2011)

L’ultimatum fixé à la tutelle par les huit grandes écoles ayant expiré samedi Les étudiants votent pour la poursuite de la grève

Par : MALIKA BEN

Les délégués ont pris acte de la décision des étudiants, mais conditionnent la poursuite du mouvement par la solidarité, la présence et la mobilisation de tous les étudiants. Ces derniers sont appelés à se présenter à l’école et ne pas profiter de la grève pour s’absenter. Le taux de présence est plafonné à 60%, sinon les délégués arrêteront la grève.

“Oui à la poursuite du mouvement de grève.” Telle a été la réponse des milliers d’étudiants qui devaient trancher la question du maintien de cette action ou de la reprise des cours. Chacune des huit écoles, paralysées depuis près de deux mois, a fait circuler, hier matin, un document portant une seule question : êtes-vous pour ou contre la poursuite de la grève ? Chaque étudiant devait répondre en mentionnant ses coordonnées et en faisant des propositions d’éventuelles actions de protestation.

Le verdict est tombé en fin d’après-midi : la majorité des étudiants étaient pour la poursuite du débrayage.

Réunis samedi, le comité de coordination des huit écoles (polytechnique, Epau, informatique, statistiques, travaux publics, sciences de la mer, hydraulique, agronomie) a longuement débattu la question de la mobilisation et de la solidarité estudiantine. “La tutelle fait la sourde oreille à nos revendications pédagogiques. L’ultimatum de trois jours fixé par les étudiants est resté sans échos ; nous devons donc réagir et nous mobiliser pour frapper plus fort”, nous dit l’un des délégués. Cependant, pour frapper fort et revenir en force, il faut être bien organisé et surtout solidaire et nombreux.

Pour cela, les membres du comité tentent ces derniers jours de mieux encadrer la protestation et d’éliminer tout clivage ou autre manipulation ou défection. “Nous avons reculé pour mieux sauter et revenir avec un nouveau souffle. Un souffle long grâce à la présence et la mobilisation de tous sur le site de la protestation”, explique le même délégué. En fait, les représentants des étudiants, qui se donnent à fond pour défendre les revendications estudiantines, ont remarqué qu’en dépit de leur soutien indéfectible à la cause de leurs camarades, beaucoup d’étudiants ont brillé par leur absence durant la grève. “Alors que nous avons besoin de tout notre effectif estudiantin”, justifie le délégué. Il est vrai que plus on est nombreux, mieux c’est.

Les étudiants l’ont, d’ailleurs, vécu et prouvé lors de leur dernier rassemblement devant la tutelle qui a été marqué par des affrontements avec les forces antiémeutes qui n’ont rien pu faire (sauf céder le passage vers le siège de la tutelle) face à la volonté et la solidarité des étudiants.
Les membres du comité tablent donc sur la présence quotidienne de leurs troupes.

Après avoir tranché la question de la poursuite de la grève, les délégués des écoles ont insisté sur la solidarité des étudiants.
Le taux d’absentéisme enregistré pendant le débrayage est tel que le souffle de l’action s’est quelque peu affaibli. Un appel est lancé pour que les grévistes soient présents au sein des écoles et répondent massivement à toute éventuelle action.

C’est la condition sine qua non des délégués pour maintenir le mouvement. “Nous avons exigé un taux de présence de 60%. Si ce taux n’est pas respecté, aujourd’hui, nous arrêterons le débrayage”, menacent les délégués. Au chapitre des actions de contestation, les étudiants, qui comptent énormément sur la médiatisation de leur mouvement, prévoient un sit in, aujourd’hui, sur la place de la Liberté de la presse. Il est également prévu de déposer la plateforme de revendication au niveau de la Présidence et du Parlement.

Dossier (Lundi 07 Mars 2011)

LES ENSEIGNANTS INTERPELLENT BOUTEFLIKA “Les meilleurs élèves d’Algérie sont pris en otages !”

Par : Farid Belgacem

L’école nationale polytechnique traverse une grave impasse, à en croire les termes d’une lettre ouverte adressée au chef de l’état par les enseignants de cette prestigieuse institution universitaire.

Selon ce document, dont Liberté s’est procuré une copie, “l’école préparatoire en sciences et techniques d’Alger est aujourd’hui dans une situation qui inquiète au plus haut point les enseignants de l’école nationale polytechnique”, écrivent ces enseignants. Motivés par “l’appel de détresse adressé par les élèves”, les rédacteurs de ladite missive relèvent avec regret le désarroi dans lequel se trouve cet établissement.

Et pour cause, note-t-on, “l’encadrement de l’école préparatoire en sciences et techniques d’Alger est constitué essentiellement de jeunes enseignants disposant de peu d’expérience dans l’enseignement, de même que certains enseignements ne sont pas assurés”, alors que le matériel pédagogique nécessaire pour la réalisation des travaux pratiques est inexistant. Cette situation a conduit un grand nombre d’élèves inscrits en 2009 à déserter les bancs de cette école. Les perturbations, que connaît cette école depuis plusieurs semaines, montrent qu’aucun signe d’amélioration n’a été enregistré.

Présentement, on en est arrivé à ce que plusieurs enseignements ne soient plus assurés. Suite à quoi, ils proposent les moyens humains et matériels, mais surtout le savoir-faire de l’école polytechnique, pour venir à la rescousse de cette école préparatoire.

D’ailleurs, les enseignants précisent que l’ENP dispose du potentiel d’une quarantaine de professeurs, de maîtres de conférences et de chargés de cours cumulant plus de vingt ans d’expérience dans le cycle préparatoire aux études d’ingénieur. Mieux, des locaux pédagogiques et des équipements nécessaires pour assurer les travaux pratiques sont disponibles et pourraient sauver des centaines d’élèves censés être la future élite.

Pis encore, notent-ils, les locaux de l’Enet (établissement appartenant au ministère de l’éducation nationale) et mitoyen à l’ENP ne sont pas utilisés et peuvent être optimisés en les mettant à la disposition de ces élèves qui risquent de déserter les lieux. “Alors, pourquoi laisser une école, voulue d’excellence, dans l’impasse alors que le pays dispose des moyens humains et matériels pour sauver la formation de cette future élite ?”, s’interrogent les enseignants. Et pour mettre le paquet, en guise d’interpellation urgente, ils révèlent que “la transposition d’un système éprouvé ailleurs, sans étude de faisabilité dans notre environnement et sans mobilisation adéquate des ressources humaines et matérielles nécessaires à la réussite de ce projet stratégique pour l’Algérie, a conduit à la prise en otages des meilleurs élèves de ce pays”. Il faut noter que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a mis en place, depuis septembre 2009, des écoles préparatoires pour les futurs élèves des grandes écoles.

Selon le document, ces classes préparatoires devraient assurer l’excellence de la formation du cycle préparatoire aux grandes écoles, le ministère de tutelle ayant sélectionné les meilleurs bacheliers du territoire national.

lors que les facultés s’organisent, huit grandes écoles durcissent le mouvement Sit-in aujourd’hui à la place de la Liberté de la presse

Liberté

Alors que le malaise touche toute l’université algérienne, les étudiants s’organisent et construisent leur mouvement.

Des collectifs et des coordinations d’étudiants autonomes ont vu le jour. Le nombre d’étudiants en colère ne cesse d’augmenter. Hier encore, ils étaient des milliers à observer un rassemblement devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à Ben Aknoun (Alger).

Cela fait maintenant plusieurs semaines que la protestation prend de l’ampleur touchant quasiment toutes les filières de l’enseignement supérieur sans que la tutelle réagisse pour absorber, calmer la colère ou encore les rassurer sur leur avenir.

Il ne se passe pas une journée sans que des milliers d’étudiants observent un sit-in pour clamer leurs revendications et dénoncer “le mutisme dans lequel s’enferme la tutelle”. Les étudiants se disent fatigués, voire même exaspérés par cette politique, mais aussi déterminés à poursuivre leur grève quitte à aller vers une année blanche.

“Ils veulent nous avoir à l’usure mais nous n’allons pas lâcher prise. Nous finirons par les avoir et arracher nos droits”, a déclaré Adel, étudiant à l’école nationale supérieure des statistiques et de l’économie appliquée (Enssea, ex-INPS).

Une foule immense a envahi hier les alentours du siège du ministère de l’Enseignement supérieur, chantant en choeur l’hymne national puis scandant des slogans dénonçant la politique du ministère : “Le ministère méprise ses étudiants”, “la confiance est dans l’engagement écrit, non dans les fausses promesses”, ont encore crié les étudiants.

D’autres se disent prêts à durcir le mouvement en criant : “Profitez de notre mouvement pacifique pour concrétiser nos revendications avant qu’on élève le ton”. Les étudiants déplorent “l’entêtement” de la tutelle à vouloir poursuivre des réformes contestées par toute la famille estudiantine.

“Nos études et nos diplômes ne valent plus rien. Nous voulons de la compétence, cela fait plus d’une année que j’étudie les sciences islamiques et je n’ai rien acquis en savoir. Nos diplômes ne valent même pas un BTS et c’est pour cela que l’administration préfère recruter des imams sortant des zaouias au lieu de ceux ayant fait l’université”, s’indigne Abdelfatah, étudiant en sciences islamiques à l’université du Caroubier.

Alors que le malaise touche toute l’université algérienne, les étudiants s’organisent et construisent leur mouvement. Des collectifs et des coordinations d’étudiants autonomes ont vu le jour. Samedi dernier, les comités d’étudiants autonomes des facultés de Bouzaréah, de Dély-Ibrahim, du Caroubier et de Sidi-Abdallah ont décidé de créer une coordination des comités autonomes d’Alger.

à quelques détails près, ils réclament tous la réforme des programmes d’enseignement, la séparation entre les promotions du système LMD et celles de l’ancien système, l’ouverture d’avantage de postes de magistère et la possibilité de participer aux concours d’accès au mastère 1.

Les étudiants en grève dénoncent également “les manoeuvres” de l’administration visant à casser leur mouvement de protestation en ouvrant le dialogue avec les représentants des organisations “satellites”, à l’image de l’Ugel, de l’Unea… Concernant les dernières mesures portant sur l’abrogation du décret 10-315, elles n’auront pas suffi à dissuader les étudiants des grandes écoles de cesser la protestation.

“Le décret n’était qu’un déclencheur. Nous avons d’autres revendications qui n’ont pas été évoquées par la tutelle”, expliquent-ils. Mieux, la révolte des étudiants promet de monter d’un cran puisqu’ils ont décidé de tenir un rassemblement aujourd’hui à la place de la Liberté de la presse, rue Hassiba-Ben-Bouali, à Alger.


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