HONGRIE : En pleine présidence Européenne la Fidesz, l’extrême droite et les néo-nazis s’en donnent à cœur joie. Solidarité avec la jeunesse, les syndicats et les démocrates hongrois qui résistent !

lundi 18 avril 2011
par  onvaulxmieuxqueca
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Développement du mouvement pour la liberté de la presse.

Deux manifestations au début de l’année, plus une plus grande (á 50 000) le 15 mars organisées par un groupe (ou mouvement ?) fondé sur facebook sous le slogan "Un million pour la liberté de la presse !"

– c’est le bilan de la contestation contre les mesures menaçant les média. Depuis, le quotidien Népszabadság Online (nol.hu) nous a informé (http://nol.hu/belfold/20110325-eletre_kelt_virtualitas) que les organisateurs du groupe veulent élargir l’échelon de l’activité et consolider la base organisationnelle.

Environ 70 personnes se sont réunies pour discuter la forme juridique á donner au mouvement, mais elles ne sont pas encore arrivées á une décision. La forme d’un parti a été rejeté parce que les organisateurs préfèrent garder le caractère civique du mouvement. Quelque soit la forme qu’il prendra, le mouvement se levera contre le Plan de Constitution du gouvernement, contre la recentralisation de la culture (Ouf, il n’existe même pas les mots pour exprimer en français ce qui se passe ici ! - M.Cs.), et il s’exprimera pour défendre les pauvres. Aucune date n’a encore été fixée pour l’annonce officielle du nouveau mouvement, mais beaucoup de commentaires sont déjà parus sur facebook en soutenant son développement.


CE QUI SE PASSE EN HONGRIE :


- Le gouvernement a changé les règles de l’impôt : désormais il n’y a qu’un seuil unique ce qui permet de baisser les impôts des riches de plusieurs milliers d’euros, mais augmente un peu ou ne change pas les impôts des travailleurs ;

- le gouvernement a nationalisé les fonds des caisses de retraite privées qui étaient largement proposés á tout le monde depuis une dizaine d’années (pour équilibrer la retraite de l’État de ce business) ;

- il a diminué de moitié la somme qu’on peut toucher en cas de maladie á partir de l’Assurance sociale ;

- il a limité l’allocation de chômage à trois mois ;

- il a diminué de moitié le fond budgétaire pour les affaires sociales ;

- il a sévèrement limité l’autorité de la cour constitutionnelle ;

- il a limité l’autonomie du Conseil monétaire, pour qu’il puisse contrôler la Banque nationale ;

- il a formé des institutions de contrôle uniquement avec les personnages loyaux á Fidesz et à Orbán ;

- les chaines publiques n’ont plus le droit de mettre en ligne des infos d’autres sources que l’infobase gouvernementale ;

- pour arriver á tous ces résultats sans délais, le gouvernement a évité le processus normal de la législation, trop lente pour lui, et a déposé ces projets de loi en tant que projets individuels proposés par un ou deux MPs ;
- il va réduire toutes les garanties des libertés dans la nouvelle constitution ;
- il décide de la nouvelle constitution tout seul, avec un simulacre de questionnaire de masse (12 questions sur le projet de constitution adressées á 8 millions citoyens).

Le gouvernement d’Orbán se réclame d’être légitimé á tout celá par le fait d’avoir 2/3 des votes, ce qui n’est pas vrai ! Il a 2/3 des sites au parlement avec un soutien de 57% de la population ; de compléter la "révolution de l’isoloir (vote)" en balayant le passé tout entier
par la soit disant volonté du peuple hongrois .

Pour équilibrer les effets néfastes des mesures impopulaires, le gouvernement joue deux cartes : l’anticommunisme et le nationalisme (discrètement antisémite) :

- en jetant un impôt extraordinaire énorme sur les multi média dans le secteur communication ;

- en montrant chaque soir á la télé des anciens dirigeants de compagnies et d’institutions publiques menottés « accusés » de corruption ou de mal-management ;

- en tenant un langage anti-européen pour les affaires intérieures ;

- en dénonçant le capital international (avec le sous-entendu : juif) comme ennemi des hongrois.

Notre correspondant de Budapest.


En Hongrie comme dans les autres pays les blagues circulant sont révélatrices de la réalité du pays.

Les blagues courent en Hongrie. C’est la mode de chez nous.

Un client entre la banque.

- Je voudrais déposer 100000 HUF, mais je suis un peu méfiant ...

- Pas de panique Monsieur, si la banque tombe en faillite, la compagnie d’assurance vous dédommagera.

- Et si la compagnie d’assurance tombe en faillite, elle aussi ?

- Le gouvernement reprend la garantie.

- Et si le gouvernement se retrouve balayé ?

- Mais Monsieur, cela ne vous voudrait pas 100000 HUF ?


le parlement va voter la nouvelle Constitution ce lundi 18 avril.

Samedi et dimanche, deux manifestations se sont déroulées á Budapest contre cette Constitution : l’une organisée par la Charte démocratique (c’est Ferenc Gyurcsány qui y a parlé), l’autre par le parti LMP ("La politique peut être différente"). Les syndicats des policiers et les pompiers ont défilé, eux aussi, au parlement et l’ont encerclé pendant toute la nuit en contestant les mesures, lesquelles menacent leurs conditions du travail, leur avantage de retraite et leur salaire. Un quatrième grand défilé s’est déroulé dimanche soir - le Défilé de la Vie - pour commémorer l’Holocauste.

Une association paramilitaire fasciste qui s’appelle "Pour le beau futur" occupe les rues d’une ville par ses patrouilles depuis plusieurs jours, en dépit des déclarations du chef de la police qui a dit que personne ne peut se mettre á la place de la police. Cinq de ces néo-nazis ont été arrêtés et mis au tribunal de Debrecen. Après un "procès accéléré" (durée de 4 heures), le juge a annulé l’accusation et les a laissés partir librement. Un MP d’extrême droite a tout de suite dit qu’ils feront appel pour dédommagement.

Un week-end mouvementé en Hongrie.
Notre correspondant de Budapest.


Le 20 avril SZONDA-IPSOS a publié les résultats du sondage selon lequel Fidesz a gardé la premiere place parmi les électeurs surs, mais la moitié de la population (48%) ne votrait pas.

Le Fidesz serait soutenu par 26% de la population, le Parti socialiste par 12%, le Jobbik (les fachos) par 8%. Les mesures d’austérité sont traduites dans la perte de 600000 votes Fidesz, concentrées surtout dans le groupe d’age 60+.


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