Situation sociale et politique : Un vol d’oiseau sur la Hongrie

dimanche 9 octobre 2011
par  onvaulxmieuxqueca
popularité : 1%

Un vol d’oiseau sur la Hongrie


de notre correspondant à Budapest

1 PPP : petit panorama parlementaire

la Fidesz ne cesse de fondre dans les sondages, seul semble résister le 1er ministre Orbán en dessous des 40% mais ce dernier sondage est sérieusement remis en cause.
Au mois de juin la Fidesz était soutenu par 23 % des électeurs contre 52% au dernières élections, mais aucun parti politique d’opposition ne « perce » réellement ; le Parti socialiste (MSZP) serait aux environs de 13 % des votes.

Il faut savoir que la Fidesz est surtout soutenu par les diplômés (30%) et beaucoup moins parmi les ouvriers qualifiés et les chômeurs (20%). Le MSZP quant à lui, trouve sa force électorale parmi les retraités.
Les électeurs qui se sont détournés de la Fidesz à cause de sa politique, ne courent pas vers les socialistes. Pour la plupart, ils restent méfiants vis à vis de tous les partis politiques.

Le mécontentement des jeunes, des ouvriers, des retraités cherche une autre voie que la politique traditionnelle, ce qui explique le succès des manifestations syndicales et civiques.

Deux courants politiques ont essayé de s’exprimer avant l’entrée sur la scène sociale du Mouvement Hongrois Solidarité.

1. le nouveau parti Vert LMP a fait une percée lors des élections nationales, sur le thème « la politique peut être différente » mais leur cote de popularité a diminué au fur et à mesure qu’au parlement il s’accommodait de la règle de jeux politiques traditionnels. De plus, le LMP a eu des difficultés à trouver sa voie pour s’opposer aux maux dont souffre « traditionnellement » la Hongrie, comme par exemple le racisme.

2. L’autre courant politique se trouve à l’opposé du LMP, c’est le JOBBIK un parti d’extrême droite qui se renforce. Il est devenu clair que beaucoup de ses militants avaient voté FIDESZ en 2010 pour battre les socialistes (socialistes très affairistes). Maintenant ils sont mécontents, même si le gouvernement (et municipalités) ont repris une partie les thèmes de l’extrême droite ils considèrent qu’Orbán joue sur un équilibre entre l’extrême-droite et une droite « acceptable » sans réaliser leurs espoirs. Il faut savoir qu’une grande partie de ses militants sont touchés par les mesures d’austérité du gouvernement.

2. Les grands sujets politiques

Les partis ne savent pas encore comment la loi électorale sera changée par la majorité Fidesz. Il est vrai que les députés Fidesz n’en savent rien non plus.

Il est sûr que le nombre des sièges sera drastiquement diminué de 396 à 200 ou moins. Il est probable que le rôle des circonscriptions électorales individuelles augmentera sans que le vote sur listes disparaisse. Selon les bribes d’information sur ce sujet on peut s’attendre à ce que les hongrois qui sont citoyens d’autres pays puissent voter sur une liste centrale.

Le gouvernement semble improviser sur l’économie, mais un point est sûr : chaque mesure prise sert le grand capital.

Le plus dur est l’impôt à taux unique, une mesure qui frappe tout le monde sauf les plus riches.

Les politiciens de la Fidesz sont brutalement cyniques : ils soupçonnent ceux qui gagnent moins que 200 mille forints (env. 700 euros) de fraude fiscale –et d’avoir d’autres revenus en secret – parce qu’ils sont incapables d’imaginer que nous puissions « vivre » avec de telles « rémunérations ».

Ils veulent donc renforcer les contrôles fiscaux pour les petits revenus.

Le leader de la faction parlementaire de la Fidesz a nettement déclaré : « Celui qui est pauvre, c’est qu’il le mérite."

Il y a quelques jours seulement, dans la préface au projet de loi sur l’enseignement supérieur, le gouvernement accuse les socialistes de vouloir gagner des voix en semant la jalousie sociale : en disant qu’il y a en Hongrie des pauvres et des riches !

Le gouvernement se targue – explicitement – de démasquer cette manoeuvre en propageant une nouvelle notion de la classe moyenne, englobant tous ceux qui

1) ont une famille,

2) ont un travail,

3) qui travail fermement a petit pas, pour réussir... Ce qui n’a rien, ne vaut rien.
(Ne riez pas : cette bêtise est absolument sérieuse, et peuvent entraîner des conséquences sérieuses pour ceux qui vivent là bas.)
Cette semaine, M. Réthelyi, le ministre des ressources nationales s’est vu critiqué, parce que son nouveau plan va contre la loi – mais il a répondu avec nonchalance : « alors, nous changerons la loi. »

La formation professionnelle sera limitée selon le besoin du grand capital hongrois qui intervient directement dans ces plans.
Au niveau supérieur, le gouvernement réduira le nombre des étudiants subventionnés dans chaque discipline et dans chaque institution.
Mais le nombre des étudiants subventionnés en sciences sociales et en lettres sera proche du zéro.
Le gouvernement prévoit d’augmenter en même temps le coût des études.

En Hongrie, l’université redeviendra une institution exclusive pour une élite.

Les éducateurs et les experts dans ce domaine ont déjà protestés en précisant que c’est un retour en arrière de plusieurs décennies.

Beaucoup d’hôpitaux sont en faillite déjà.

Le service se dégrade, les médecins – surtout les jeunes, sans perspective, quittent le pays massivement pour l’Ouest et leurs organisations les encouragent à le faire.

Ils sont bien éduqués, ils sont bienvenus en Angleterre ou ailleurs. Il est vrai que ce n’est pas sous Orbán que ce processus a commencé.
Mais il est vrai aussi qu’il a bloqué toutes les mesures des gouvernements socialistes depuis 2002 qui ont tenté faire quelque chose sur les problèmes de la santé.

Depuis ce qu’il est au pouvoir, rien n’a changé dans ce domaine.
On fait la queue pour les opérations et les institutions sont souvent incapables de gérer un service faute de moyens (médicaments, instruments, argent).

Le gouvernement a offert 100 mille forints (env. 330 euros) par mois aux jeunes médecins résidents s’ils signaient une obligation de ne pas quitter le pays.

Le pouvoir avait prévu 600 signataires, dans les faits, c’est moins de 100 signataires qui se sont laissés convaincre par cette manoeuvre gouvernementale.

Aujourd’hui, le gouvernement se félicite d’avoir réussi à convaincre 300 jeunes médecins de rester en Hongrie – temporairement. (Cette nouvelle provient des chaînes de télévision officielles –dites ici : « royales » –mais les sources indépendantes n’ont pas confirmé l’information.)

Dernièrement la majorité Fidesz a voté une loi pour aider les individus qui ont signé un contrat de crédit bancaire en francs suisses (le Franc Suisse a fortement augmenté en peu de temps) Ceux qui ont signé un tel crédit au-dessous du taux 180 HUF / 1 CHF ont le droit de le rembourser entièrement à ce taux au lieu du cours actuel d’env. 250 HUF / 1 CHF. (a)

Le changement du Code du travail est inscrit sur l’agenda du parlement.

Le gouvernement en a organisé des pseudo négociations en invitant quelques dirigeants syndicaux, et en refusant d’accepter la présence des autres.

Orbán veut donner le droit de représentation des salariés aux mains des conseils d’entreprises qui n’ont aucune expérience de ce type et leur rôle n’est pas compatible avec cette tache. L’enjeu est donc le droit de poursuivre l’activité syndicale dans l’enceinte des entreprises. Ce changement du Code du travail est un cadeau au capital, les conditions de licenciement seront allégées ; en revanche le droit de grève sera fortement limité.

3. Mouvements

Ce panorama explique la multitude de réseaux et de mouvements qui naissent chaque jour sur internet et qui se rencontrent. Les syndicats tiennent le premier rang depuis la « révolution des clowns » déclanchée par les syndicalistes pompiers, policiers et autres agents de sécurité en réaction à une nouvelle la législation qui supprime leur régime spécial du retraite. La chimie, les métaux et beaucoup d’autres ont rejoint les revendications et une unité d’action s’est forgée nommée D-Day.

Les organisations estudiantines qui contestent les plans du gouvernement dans le domaine de l’éducation, se sont aussi unies à cette action.

Un mouvement lancé pour la liberté des médias se poursuit depuis janvier, et pousse d’autres branches comme « Civil Kontrol - Un million pour la démocratie ». Ce dernier s’est établi comme association légale à la fin de septembre, et organisera une série de consultations publiques sur les sujets brûlants de la société hongroise.

C’est aussi maintenu le mouvement lancé pour défendre les Roms d’un village, menacés directement par les néo-nazis ; ils s’organisent sur internet et participent aux démonstrations.

Il est impossible d’énumérer tous les groupes, organisations, réseaux et mouvements qui s’activent. Un pas décisif a été fait par les participants de la grande manif du samedi le 1er octobre : la fondation du Mouvement hongrois Solidarité. Les représentants des organisations unis dans ce mouvement – syndicats et autres – sont actuellement en train de formuler leurs revendications communes et leur programme. Il est clair que la manifestation du 23 octobre – l’appel est déjà lancé – sera la pierre de touche du nouveau mouvement.

Face à la montée en puissance de ces mouvements, le pouvoir commence à avoir peur.

Il lance de fausses nouvelles (au nom du mouvement syndical), de faux sites au nom du Mouvement Solidarité, et sur internet pour tromper les gens ; il calomnie les dirigeants du mouvement comme aventuristes etc. (Il me revient une chanson de 68 : "Nous sommes des gauchistes, des aventuristes..."(1))

(a)
Le tableau ci-dessous montre quelques personnages de Hongrie qui gagnent beaucoup sur ce genre d’affaires, notamment :

M. Gajdos – président du Conseil des Achats publiques qui gagne plus que 15 millions HUF

M. Polt – procureur supérieur qui gagne 10,5 millions,

M. Kósa – maire de Debrecen (Fidesz) qui gagne 14 millions

M. Juhász – président de l’Office de concours économique qui gagne 8,6 millions

M. Kovács – secrétaire d’État de la communication qui gagne 8,5 millions

Les autres sont des députés de Fidesz et le dernier chiffre indique leur gain.

Les chiffres sont génants – vous comprenez pourquoi le gouvernement se plaint que le parti socialiste joue la politique de l’envie…

Dernières nouvelles
Sans commentaire

Mme Hoffmann, secrétaire d’état chargée de l’éducation nationale (en Hongrie il n’y a pas pas de ministre de l’éducation en Hongrie dans la structure administrative actuelle ) a lancé sa « reforme d’ensemble » sur l’éducation publique, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, lesquels avaient été repoussés à plusieurs reprises par le premier ministre.
Ces projets de « reforme » augmentent le volume du travail et baisse le salaire dans l’enseignement public, limitent l’autonomie des enseignants, rendent précaire leur emploi par ré-étatisation du financement.
Au niveau supérieur ils annulent le soutien public des programmes en sciences sociales et en lettres, limitent les débouchés des jeunes diplomés à la fin des études, et effacent les sujets de culture générale des programmes de la formation professionnelle restructurée selon les besoins tout courts du capital hongrois.

Les syndicats des enseignants expriment leur mécontentement, publient des déclarations contre les projets de loi, organisent des manifs. Les étudiants défilent dans les grandes villes du pays. La Conférence des recteurs critique les projets.

Mais l’interprétation officielle (c’est-à-dire l’information « politiquement correcte ») vient de Mme Hoffmann : En voyageant dans le pays ce samedi 8 octobre, elle a affirmé aux journalistes qu’elle trouve une bonne réception son projet de loi : les enseignants comprennent que les changements sont préparés dans leur intérêt et celui des enfants, et pour le développement du pays”.

(1)La pègre
http://www.chambre-claire.com/PAROLES/la-pegre.htm
Parole et musique : Dominique Grange

La pègre on en est,

La chienlit aussi

Des éléments parfait’ment incontrôlés,

Des indésirables

Des autres enragés

Et quelques milliers d’ groupuscules isolés.

Nous sommes tous des dissous en puissance

Nous sommes tous des Juifs et des Allemands

Nous sommes tous des dissous en puissance

Nous sommes tous des Juifs allemands !

Nous sommes des gauchistes,

Des aventuristes

Marxistes léninistes guévaristes ou trotskystes,

nous sommes des anars

Nous en avons marre

De voir vos flicards quadriller nos boulevards.

Nous sommes tous des dissous en puissance...

C’est dans vos prisons,

C’est dans vos Beaujon

Que nous écrirons nos plus belles chansons,

Vous n’avez rien vu,

Vous n’y avez pas cru

Vous l’aurez voulu, ça se passe dans la rue

Nous sommes beaucoup,

Nous sommes partout

Ce n’est qu’un début la lutte continue !


Quelques autres informations sur les formations politique en Hongrie.
Source : wikipedia

Partis politique

• MSZP : Parti socialiste hongrois ; social-démocrate, présidente : Ildikó Lendvai.Deputés:59

• Fidesz-MPSZ : Alliance des jeunes démocrates - alliance des citoyens ; conservateur, président : Viktor Orbán.Députés:263

• SZDSZ : Alliance des démocrates libéraux ; libéral, président : Attila Retkes.Députés:0

• MDF : Forum démocratique hongrois ; néo-conservateur, présidente : Ibolya Dávid.Députés:0

• KDNP : Parti populaire démocrate-chrétien ; chrétien-démocrate,conservateur, président : Zsolt Semjén.Députés:23

• Jobbik : Mouvement pour une meilleure Hongrie - alliance des jeunes de droite ; nationaliste, extrême-droite, présidents : Krisztina Morvai et Gábor Vona.Députés:47

• MIÉP : Parti de la justice et de la vie hongroise ; extrême-droite, président : István Csurka.Députés:0

• LMP : "Une autre politique est possible !" ; écologiste, altermondialiste, président : András Schiffer.Députés:19

• SZEMA : "Les gents libres pour la Hongrie" ; liberal-gauche, homophile, présidente : Klára Ungár.députés:0

• Zöld Baloldal : Les écologistes de gauche ; extrême-gauche, président : Gáspár Tamás Miklós.députés:0

• MKDSZ : Alliance démocrate-chrétienne ; centre-droit, le parti se présente toujours aux élections avec le parti KDNP, président : Péter Harrach.députés:2

• MKMP : Parti communiste des travailleurs ; communiste, président : Gyula Thürmer.députés:o

• Zöldek : Les Verts, président : György Droppa.députés:0

• HP : Parti humaniste ; humaniste, président : Tibor Várady.députés0

• NF : Front national ; extrême-droite, président : Lóránt Schuster.députés:1

• MP2006 Parti Ouvrier 2006 : fondé par des communistes exclus en 2006 du Parti de Thürmer, Président : János Fratanolo.députés:0

• SZDP : Parti social-démocrate "historique".députés:0

• MSZDP : Parti social-démocrate de Hongrie.députés:0

Source : wikipedia

Biographie de Gáspár Miklós Tamás

Gáspár Miklós Tamás né le 28 novembre 1948 à Cluj-Napoca, est un philosophe politique, journaliste et écrivain hongrois issu de la minorité magyarophone de Roumanie. Depuis mai 2010, il est le président du parti d’extrême-gauche Gauche verte (Zöld baloldal).
En 1978, Gáspár Miklós Tamás quitte la Transylvanie pour la Hongrie. A Budapest, il rejoint l’opposition démocratique au parti unique, le Parti socialiste ouvrier hongrois. Dans les années 1980, il est l’une des figures de l’opposition de gauche au régime de János Kádár. Lors de la transition démocratique, il participe à la création du SzDSz, parti libéral de gauche et se fait élire député au Parlement. Après cette période, qu’il qualifie lui-même de « libérale-libertaire », il quitte à la fin des années 1990 le SzDSz.

D’abord libéral de gauche, il se rapproche du marxisme à la fin des années 1990 et formule une critique plus radicale du système capitaliste. En 2001, lui et quelques compagnons créent ATTAC Hongrie. En 2005, il dénonce l’absence de débat dans son pays sur le projet de Traité constitutionnel européen. Il estime que celui-ci chamboulerait l’ordre légal et salue ainsi la convocation du referendum en France[1]. Depuis mai 2010, il est le président du parti Gauche verte (Zöld baloldal) (féminisme, marxisme, écologie).

Situé à l’extrême-gauche de l’échiquier politique hongrois, cette formation revendique un positionnement proche du parti allemand Die Linke.


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