Québec : suite à la grève des travailleurs de la construction, le gouvernement libéral fait adopter une loi pour forcer le retour au travail…une odeur de contre-réforme du code du travail en France

vendredi 2 juin 2017
par  onvaulxmieuxqueca
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Nous mettons en ligue l’article ci-dessous, qui montre clairement l’enjeu de la grève illimitée des travailleurs de la construction au Québec, pour l’ensemble des travailleurs du Québec, du Canada, mais aussi les enjeux de l’offensif contre le code du travail en France comme dans le monde.
Ce que rêve le MEDEF, le patronat québécois tente de l’imposer au Québec avec l’aide du gouvernement québécois.
Le Site "On vaulx mieux que ça"


Source : Presse-toi à gauche

Le gouvernement libéral fait adopter une loi pour forcer le retour au travail

mardi 30 mai 2017 / DE : Aldo Miguel Paolinelli

Le gouvernement libéral fait adopter une loi spéciale pour forcer le retour au travail des quelque 170 000 ouvrières et ouvriers de la construction membres de l’Alliance syndicale

Depuis, au moins, l’année 2010, aucune des 4 conventions collectives du secteur de l’industrie de la construction n’ont été signées dans le temps prévu par la loi. La loi établit que les conventions collectives prennent fin le 30 avril aux quatre ans. Donc, si le 1er mai suivant il n’y a pas d’entente syndicale patronale les négociations continuent, et les parties peuvent demander l’intervention d’un médiateur nommé par le ministère du Travail. À ce moment, le compte à rebours commence pour exercer des moyens de pression allant jusqu’à la grève générale pouvant être exercée par les syndicats... ou le lockout patronal.

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Les revendications de l’Alliance syndicale

Cette année 2017, et pour les prochains 4 ans, les revendications présentées par l’Alliance syndicale étaient fort simples. Sur le plan salarial, une augmentation forfaitaire de $ 1,14 de l’heure pour tout le monde, de manière à diminuer l’écart salarial grandissant entre les plus hauts et plus bas salariés ; quelques augmentations des primes ( chef d’équipe, chef de groupes, etc.) sur la base de référence de l’inflation. Sur le plan normatif, réduction à 45 heures la semaine de travail pour certains groupes de travailleurs (travaux d’asphalte), flexibilisation des horaires du début et fin de la journée de travail pour les travailleurs -travailleuses monoparentales en charge des enfants ; des revendications sur la santé et sécurité au travail ( l’industrie de la construction est celle qui enregistre le plus grand nombre de maladies professionnelles, d’accidents et de décès dans l’ensemble de l’activité économique).

Donc, des demandes monétaires plus que "raisonnables" et l’implantation de conditions de travail plus humaines permettant une meilleure qualité de vie par la voie de la conciliation famille-travail.

Les demandes patronales

Du côté patronal, il faut le dire, les demandes sont fort simples aussi. Les thèmes de leurs demandes qu’ils écrivent noir sur blanc : FLEXIBILITÉ, UNIFORMITÉ, SIMPLIFICATION.

Tout ça se traduit par : l’augmentation du droit de gérance ( actuellement le droit de gérance patronal dans la construction est équivalent à celui de la chaîne de fast-food Mac Donald ! ). Ils veulent davantage. Par exemple établir les horaires de travail comme bon leur semble. Changer sans préavis changer les horaires du début et la fin de la journée de travail et même faire entrer au travail leurs employé-e-s durant la fin de semaine sans compensation.
De plus, ils veulent faire concorder les conditions de travail avec celles dans la construction ailleurs au Canada ( qui sont moindres, plus précaires, et déréglementées), mais aussi avec les plus basses conditions de travail d’autres types d’industries au Québec.

Sur le plan salarial, les patrons veulent s’ériger comme les seuls arbitres des revenus de leurs employé-e-s disant que les augmentations doivent s’établir sur la base d’une étude (à faire ) sur « l’enrichissement » des travailleurs et des travailleuses durant les dernières années tenant comme seul paramètre l’indice de l’inflation. Ils disent aussi qu’il faut évaluer ( par eux ) "l’acceptabilité sociale des augmentations" (!!!)

Évidemment, les marges de profits des patrons ne sont connues par personne, mise à part eux, et ne sont pas calculées non plus sur la même base que celui du pourcentage de l’inflation. On peut dire que tous ces concepts patronaux ne cachent et ne visent que l’augmentation de l’extraction de plus-value.

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Dans cette croisade, ils comptent avec leurs ami-e-s du gouvernement ( certains porte-parole patronaux ont été des chefs de cabinet d’anciens ministres du Travail…) et certains "maires-roitelets" de villes, pour discipliner et faire plier l’échine des travailleurs avec des lois spéciales de retour au travail.

Le législateur au service de la stratégie patronale

Dans l’exercice du rapport de force syndicale-patronal, la loi avantage, sans gêner le législateur, la partie patronale puisque,

1) sauf l’exercice de la grève générale dans tous les secteurs de l’industrie ( institutionnelle-commerciale ; industrielle ; génie civil et voirie ; résidentielle) en même temps, il n’y a pas d’autres moyens de pression possible qui est permis et, 2) il n’y a pas de rétroactivité salariale pour les ouvrières et ouvriers de la construction.

Ce deuxième point devient décisif dans la stratégie patronale qui joue toujours à étendre le plus possible les négociations au-delà des échéanciers, quitte à devoir affronter une grève que, de toute manière, se disent-ils, ne durera pas longtemps puisque le gouvernement imposera, "au mon de l’intérêt suprême de l’économie" une loi spéciale de retour au travail avec des conditions non négociées.

D’autre part, si la stratégie de l’Alliance syndicale est de ne pas exercer la grève et de continuer à négocier, et que ces négociations durent plusieurs mois ( comme en 2010 alors que les ententes de principe ont été signées le mois de septembre, 4 mois plus tard que prévu avec une perte salariale 45 fois millionnaire pour l’ensemble de travailleurs), cela se traduit l’usage du « balonay » dans les sandwichs des travailleurs ce qui les pousse à faire pression pour arriver à une entente afin d’arrêter de perdre du salaire et de « limiter d’autres dégâts ». Les patrons qui provoquent cette situation mettent encore plus de pression pour les faire signer au rabais en imposant certaines conditions qu’en temps « normal », ils ne peuvent pas imposer.

Il est temps, pour les années à venir, que l’ensemble des organisations syndicales du milieu de la construction élaborent des stratégies de mobilisation et de négociation différentes, plus imaginatives, sinon elles finissent par rester prisonnières d’une loi et des manœuvres patronales gouvernementales qui atrophient des droits les plus fondamentaux de travailleurs et des travailleuses.


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La grève continuera le mardi 30 mai !

http://ftqconstruction.org/la-greve-continuera-le-mardi-30-mai%e2%80%89/

Pour tout savoir sur la loi spéciale

http://ftqconstruction.org/pour-tout-savoir-sur-la-loi-speciale/
Loi spéciale – Le gouvernement a muselé les travailleurs
http://ftqconstruction.org/loi-speciale-le-gouvernement-a-musele-les-travailleurs/


Une vidéo
https://www.csnconstruction.qc.ca/2017-03-17/n%C3%A9gociation-2017-2021


Québec solidaire

Grève de la construction : Communiqué : Québec solidaire votera contre la loi spéciale
En solidarité avec les travailleurs et les travailleuses de la construction, Québec solidaire votera contre la loi spéciale de la ministre Dominique Vien.

« Québec solidaire a toujours condamné et condamnera toujours le recours aux lois spéciales anti-travailleurs. Nous voterons donc contre la loi spéciale de la ministre Vien. En forçant le retour au travail des grévistes, le gouvernement prend le parti des patrons en privant les travailleurs et les travailleuses de leur rapport de force en pleine négociation ! Le gouvernement n’a pas envie de prendre soin de ceux et celles qui construisent le Québec ni de leur famille », a déclaré la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques et porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.

Pour Manon Massé, le patronat est le grand gagnant de l’opération : « Les règles du jeu sont déséquilibrées en faveur des patrons. Les patrons ont négocié de façon malhonnête en sachant que le gouvernement allait les aider avec une loi spéciale que leur est favorable. Le gouvernement brime le droit fondamental de faire la grève des travailleurs et les travailleuses et les force à retourner sur les chantiers le 31 mai au matin sans rétroactivité. De son côté, la ministre va mettre en place une mascarade de médiation avec un médiateur imposé par le gouvernement jusqu’au 30 octobre 2017. Si aucune entente ne survient, le gouvernement imposera un arbitrage dont les paramètres seront laissés à la discrétion de la ministre. Les patrons doivent rire dans leurs barbes ! »

Tout comme ces prédécesseurs, le gouvernement de Philippe Couillard banalise le recours aux lois spéciales. « Je ne pense pas être la seule à avoir un sentiment de déjà-vu. Est-ce que Philippe Couillard est capable de gouverner avec autre chose que la force ? Je me le demande alors qu’il impose aujourd’hui une 6e loi spéciale depuis son arrivée au pouvoir ! Je tiens à rappeler qu’il n’est pas banal d’utiliser une loi spéciale pour le retour au travail. Dans les années 1980, on surnommait les lois spéciales des « bombes atomiques ». Aujourd’hui, le gouvernement libéral voit les lois spéciales pour pallier à sa propre incurie », déplore Manon Massé.

Québec solidaire a présenté des amendements pour tenter d’améliorer la loi spéciale et sauver les meubles.

http://quebecsolidaire.net/nouvelle/greve-de-la-construction-communique-quebec-solidaire-votera-contre-la-loi-speciale


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