BRON : "la Mosquée de Paris, une Résistance oubliée"

samedi 20 mars 2010
par  onvaulxmieuxqueca
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Vendredi 25 septembre à 19h à la médiathèque Jean-Prévost, présentation du film "la Mosquée de Paris, une Résistance oubliée", conférence organisée par les Amis de l’Histoire Roger Pestourie, l’AFMD et animée par la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme)

Contact
Médiathèque Jean-Prévost
Place du 11 Novembre
69500 Bron
Tél : 04 72 36 13 80
mediatheque@ville-bron.fr

Pour plus d’infos

Une résistance oubliée,la Mosquée de Paris
Première image du film, celle d’une jeune femme, Baya Azzi, qui revient sur les lieux où est tombé son grand-père. Le 20 août 1944, une barricade est dressée devant la Mosquée de Paris.

Le grand-père de Baya Azzi est mort devant cette barricade, atteint d’une rafale. La jeune femme est à la recherche de la tombe de son grand-père. Avec elle, on pénètre dans la Mosquée. A l’entrée, une tombe, celle de Si Kaddour Benghabrit, le recteur de la Mosquée de Paris de l’époque. La Mosquée de Paris offre d’innombrables possibilités de caches. Le petit-fils du recteur Si Kaddour Ben Ghabrit fait visiter à la petite-fille du FTP algérien la Mosquée, la guidant dans les dédales souterrains, la coupole inaccessible aux étrangers, jusqu’à l’entrée des égouts par où des réfugiés sont passés pour retrouver la liberté. Albert Assouline, qui témoigne dans le film, a trouvé, refuge à la Mosquée de Paris. Il était arrivé là avec un Algérien. Les adultes étaient placés dans les sous-sols, les enfants étaient intégrés aux familles musulmanes qui habitaient la Mosquée. Le docteur Somia fréquentait la Mosquée. Il était médecin au centre d’hygiène sociale dans le XVe arrondissement de Paris, il a fait partir sous un faux nom un enfant juif vers un aérium. Le docteur Somia dirigeait avec le docteur Mostefaoui une association d’aide aux prisonniers nord-africains évadés, ils les faisaient héberger à la Mosquée de Paris. Parfois le recteur allait lui-même sauver un enfant. Le chanteur Salim Lahlali, qui vit aujourd’hui retiré dans une maison de retraite à Cannes, avait été sauvé avec sa famille grâce à un faux nom. La solidarité était discrète comme celle de ce propriétaire algérien d’un restaurant, rue de la Huchette, qui donnait les repas du jour qui restaient à la Mosquée. Dénoncé, son restaurant a été saccagé. Le film nous rappelle que dans les années 1943-1944 des résistants nord-africains étaient opérés la nuit à l’hôpital franco-musulman et cachés dans la journée dans la loge du gardien de l’hôpital, qui était algérien. Personne n’a été arrêté dans l’enceinte de la Mosquée. Quand les Allemands se présentaient à la Mosquée, le recteur conduisait les réfugiés dans la salle de prière. Dès 1940, Si Kaddour a voulu que la Mosquée de Paris soit un sanctuaire pour les personnes recherchées. Cimetière musulman de Bobigny. Un carré bien entretenu et d’autres tombes anonymes mangées par les mauvaises herbes. Celles de FTP algériens, non identifiés.

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Seconde guerre mondiale
Les FTP algériens et le sauvetage d’enfants juifs
Dans Une résistance oubliée, la Mosquée de Paris, un film de 29 minutes réalisé pour l’émission « Racines de France 3 » en 1991, Derri Berkani restitue l’épisode associant la Mosquée de Paris au sauvetage de juifs, notamment des enfants.

Le concept de l’émission de France 3 était de faire coïncider l’histoire de l’immigration avec des moments d’histoire de France. « A l’origine, je voulais faire un film sur la résistance des Francs-Tireurs et Partisans algériens, qu’on appelait "groupe kabyle", la commande venait de l’ORTF, c’était en 1974. Le film ne s’est pas fait. » L’opportunité en est donnée à Derri Berkani en 1991 par France 3. Les FTP algériens étaient désignés sous le vocable de « groupe kabyle » par facilité de langage en usage chez les FTP qui utilisaient les groupes de langues, pour permettre une sécurité de transmission des consignes. L’immigration algérienne de Paris, à l’époque, était le fait d’hommes jeunes, seuls, d’origine rurale, essentiellement de Kabylie. Ils étaient aux deux tiers analphabètes, ils vivaient dans la misère, mais par le travail ils avaient intégré un autre univers, celui du monde ouvrier, du prolétariat. Ils avaient acquis une conscience prolétarienne dans les usines où ils travaillaient. Ils étaient tous syndiqués, et ils participaient à toutes les luttes ouvrières, aux grèves... Une fois la guerre venue, ils se sont engagés dans les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), nous précise Derri Berkani. Mohamed Lakhdar, qui avait rejoint les jeunesses communistes à 20 ans, était l’un d’entre eux. Il s’était engagé dans l’action clandestine en 1940 et était un des fondateurs, en 1942, des FTP. Il était originaire de Tiaret. Il a été fusillé dans la nuit du 31 janvier 1943. Derri Berkani relève que la démarche de la Mosquée de Paris et de son recteur Si Kaddour Benghabrit obéissait à des principes religieux, mais les FTP algériens, qui ont amené des juifs pour les mettre à l’abri, étaient des laïcs, des ouvriers. Leurs motivations n’étaient pas religieuses, elles ont concordé avec celles des dirigeants de la Mosquée. Les FTP avaient agi par « conscience prolétarienne ». « C’était une action de nationalistes algériens. » Derri Berkani rappelle que Messali Hadj, dans El Hayet, avait appelé à la résistance au nazisme. Ferhat Abbas et Ali Boumendjel s’étaient prononcés contre l’abrogation des décrets Crémieux (décrets de naturalisation des juifs algériens). « On ne comprend pas cet engagement des ouvriers algériens, si on ne situe pas le contexte. Ils étaient seuls. La solidarité entre eux était une nécessité vitale. A cette époque, la tuberculose faisait des ravages. Tout ce qu’ils gagnaient, ils l’envoyaient à la famille. Malgré cela, ils ont participé activement à l’action de libération de la France. » Les juifs étaient amenés à la Mosquée de Paris avec l’accord et le soutien de son recteur, Ben Ghabrit, le temps d’organiser leur passage vers la zone libre ou le Maghreb. Aussi, la Mosquée n’était pas un lieu de séjour, mais de passage. Les juifs algériens qui parlaient arabe étaient plus faciles à dissimuler. Les souches des tickets alimentaires donnés à la Mosquée ont fait apparaître 1732 passages (parachutistes anglais et enfants juifs essentiellement). « En 1974, j’ai retrouvé à la Mosquée de Paris un livre où il y avait un nombre incalculable d’enfants, c’étaient des enfants juifs qu’on faisait passer pour des enfants d’Algériens », nous dit Derri Berkani, sachant que l’immigration algérienne était alors dans une très forte proportion le fait d’hommes seuls. L’action des FTP n’était pas sans risques, des collaborateurs, parmi lesquels il y avait Mohamed Saïd, faisaient disparaître ceux qui tombaient entre leurs mains. « Quand un résistant était pris, on lui brûlait les mains et le visage avec de l’acide pour qu’il ne soit pas reconnu, avant de l’enterrer au cimetière franco-musulman de Bobigny. » Dans un tract en kabyle, ni daté ni signé, intitulé « Comme tous nos enfants », ces FTP écrivent : « Hier, à l’aube, les juifs de Paris ont été arrêtés, les vieillards, les femmes comme les enfants, en exil comme nous, ouvriers comme nous, ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants. Si quelqu’un d’entre vous rencontre un de ces enfants, il doit lui donner asile et protection, le temps que le malheur passe. » Derri Berkani a retrouvé ce tract cet hiver chez un comptable à Draâ El Mizan. Ce dernier l’a récupéré parmi des papiers administratifs du propriétaire d’un bistrot, rue Château des Rentiers, dont il s’est occupé des comptes.

http://www.elwatan.com/Les-FTP-algeriens-et-le-sauvetage


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