Québec : la rue choisit la désobéissance pacifique. Les organisateurs estiment à 250 000 le nombre de participants à la manifestation ayant souligné les 100 jours de grève étudiante, hier, à Montréal.

mercredi 23 mai 2012
par  onvaulxmieuxqueca
popularité : 17%

Québec : la rue choisit la désobéissance pacifique.
Les organisateurs estiment à 250 000 le nombre de participants à la manifestation ayant souligné les 100 jours de grève étudiante, hier, à Montréal.

Source : LE DEVOIR.com

Loi 78 : la rue choisit la désobéissance pacifique.

Lisa-Marie Gervais , Marco Bélair-Cirino 23 mai 2012 Éducation

Les organisateurs estiment à 250 000 le nombre de participants à la manifestation ayant souligné les 100 jours de grève étudiante, hier, à Montréal.

o 29e manifestation nocturne : 100 arrestations

Au centième jour d’un conflit qui s’enlise, la rue a répondu à la loi spéciale adoptée la semaine dernière par l’Assemblée nationale par un immense pied de nez : la quasi-totalité des manifestants - 250 000 selon les organisateurs - ont bifurqué du trajet soumis aux forces de l’ordre, bafouant ainsi des dispositions de la loi 78 sous l’oeil généralement tolérant des policiers.

Pour certains, cet imbroglio, qui s’est présenté dès le départ de la marche, alors que des dizaines de milliers de personnes suivant la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont décidé de tourner à gauche dans la rue Sherbrooke plutôt que de suivre le trajet qui avait été donné par les syndicats et les représentants des deux fédérations étudiantes collégiale et universitaire (FECQ et FEUQ), incarne « l’absurdité » de la loi.

« Après un événement comme celui-ci, le gouvernement ne peut plus assimiler désobéissance civile et vandalisme, désobéissance civile et mouvement marginal. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui désobéissent à cette loi aujourd’hui. […] On fait aujourd’hui la preuve que cette loi est absurde et inapplicable, et c’est aussi la preuve que lorsque la rue parle assez fort, elle peut faire comprendre au pouvoir politique qu’il a erré », a dit le coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

« Je suis dans l’illégalité, ce que j’assume. Ça démontre l’absurdité de la loi », a d’ailleurs fait remarquer le député indépendant Pierre Curzi.

C’est sur le coup de 14 h 30 que - sous un ciel incertain, mais avec une détermination inébranlable - les participants à ce rassemblement monstre ont entamé la grande marche qui est demeurée festive et pacifique hormis quelques incidents isolés de vandalisme.

Membres de syndicats, étudiants (y compris ceux de plusieurs écoles secondaires), professeurs, parents et autres sympathisants au mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité ont exprimé leur ras-le-bol d’un gouvernement qui ne les représente pas et d’une dérive autoritaire incarnée par la loi 78.

Une protestataire s’est dite « 78 fois humiliée », pendant qu’un autre agitait des exemplaires de la Charte canadienne des droits et libertés. Pour sa part, Charlotte, une jeune professionnelle, qualifiait la loi spéciale de « loi poutine », un clin d’oeil au président de la Russie, Vladimir Poutine, accusé de réprimer durement toute manifestation. « La loi 78, on s’en câlisse ! », scandaient plusieurs à la québécoise. « On est plus que cinquante, na-na-na-na-na ! » criaient d’autres.

L’ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a indiqué sur les ondes de RDI qu’il ne « croit pas à la désobéissance civile ». « On n’est pas en Afrique du Sud ou dans l’Inde de Gandhi, a-t-il affirmé. Mais je critique aussi la désobéissance démocratique du gouvernement Charest. Les deux sont irresponsables et alimentent la crise. »

Quelques minutes avant le coup d’envoi de la marche, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a demandé aux manifestants de respecter le trajet pour manifester « en toute sécurité ». Mais il a indiqué qu’il n’était pas responsable des mouvements de foule de milliers de personnes.

Grève sociale


Au terme de plus de trois heures de marche pacifique dans le centre-ville de Montréal, les dizaines de milliers de manifestants ont convergé vers le parc La Fontaine.

Plusieurs d’entre eux ont fait le serment de ne pas se séparer et de défendre sur tous les fronts la préservation de leurs droits fondamentaux, une « adaptation sociale » du Serment du jeu de paume. « Notre union sera notre force. Notre solidarité sera notre défense. Notre lutte, qu’elle soit légale ou illégale, est juste et légitime », a déclaré un étudiant au collège Bois-de-Boulogne.

La porte-parole de la Coalition opposée à la privatisation et à la tarification des services publics, Véronique Laflamme, a réitéré son appel à ne pas céder à la « campagne de peur » menée par le gouvernement afin de forcer sa « révolution culturelle » consacrant notamment le modèle utilisateur-payeur. « C’est au tour des plus riches et des grosses compagnies à faire leur part, leur juste part. »

L’ancien porte-parole de la CASSÉE, Xavier Lafrance, a lancé un appel à l’« unité » aux grandes centrales syndicales afin qu’elles pressent leurs membres à être « dans la rue » au côté des 156 000 étudiants toujours en grève. « Il faut élargir la lutte ! », a fait valoir la figure de proue de la grève étudiante de 2005, faisant remarquer que la CSN a adopté une résolution ouvrant la porte à

« une grève générale et sociale avec [ses] alliés contre les mesures rétrogrades du gouvernement ». « C’est le temps de passer à l’action. »

Plus tôt, le président de la CSN, Louis Roy, a confirmé qu’il allait demain se réunir en instance pour discuter de la question de la loi spéciale.


29e manifestation nocturne : 100 arrestations

Selon le Service de police de la ville de Montréal (SPVM), les manifestants rassemblés sous la pluie au parc Lafontaine, point de chute de l’événement, en après-midi, ont quitté graduellement les lieux. Vers 17 h 30, les protestataires se sont remis en marche d’un pas assuré sous une pluie froide. « Ce n’est qu’un début, poursuivons le combat ! »

Après avoir sillonné le centre-ville, ils ont pris la direction du pont Jacques-Cartier, poussant les forces de l’ordre à déclarer le rassemblement illégal et à émettre deux avis de dispersion. Le groupe a alors décidé de rebrousser chemin pour se diriger vers la place Émilie-Gamelin, lieu de départ de la 29e manifestation nocture qui s’est mise en branle vers 21h.

Environ une demi-heure plus tard, cette autre marche nocturne a été décrétée illégale par le SPVM, parce que les organisateurs n’avaient pas fourni le trajet d’avance et que certains manifestants portaient des masques. La police a toutefois précisé que le rassemblement serait toléré s’il demeurait pacifique.

Mais peu avant 21h45, la police a ordonné à deux reprises à la foule, alors sur Sainte-Catherine près de la rue Peel, de se disperser. Daniel Fortier du SPVM a confirmé que 11 arrestations avaient eu lieu, pour des actes criminels, dont méfaits sur des bâtiments et des voies de fait.

Au cours des heures suivantes, les policiers du SPVM ont procédé à au moins deux importantes arrestations de groupe, mais n’en ont pas précisé les motifs. Selon le relationniste Simon Delorme, au moins deux policiers ont été blessés lors des affrontements. Tous les détails devaient être livrés ce matin, mais le bilan provisoire faisait état d’au moins cent arrestations.

Avec Guillaume Bourgault-Côté
Avec La Presse canadienne
*********************************************
Manifestation 22 mai Montréal (Vision d’un manifestant) 2012


Attention à plusieurs reprises Radio Canada a eu tendance à privilégier les sources policières...et il faut plusieurs jours (vidéos de manifestants et d’autres journalistes) pour rétablir la vérité.


Source :Radio Canada

Conflit étudiant : 29eme manifestation nocturne agitée à Montréal

le mercredi 23 mai

Une centaine d’arrestations, des policiers et des manifestants blessés, des interventions policières musclées. Les étudiants sont de nouveau descendus dans les rues de Montréal mardi soir pour une 29e soirée consécutive depuis le début du conflit.

Après le traditionnel rassemblement à la place Émilie-Gamelin, les manifestants opposés à la hausse des droits de scolarité ont entamé une marche en direction ouest vers 21 h. Plusieurs d’entre eux avaient apporté des casseroles pour se faire entendre.

Les manifestants se sont rapidement scindés en deux groupes. Moins d’une demi-heure après le coup d’envoi de la manifestation, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déclaré illégale l’une des deux marches, puisque son itinéraire n’avait pas été fourni aux policiers et que certains manifestants portaient des masques.

Les autorités ont toutefois précisé que le rassemblement serait toléré s’il demeurait pacifique. Mais contrairement au calme qui a prévalu plus tôt en après-midi, la manifestation a dégénéré.

Peu avant 22 h, plusieurs avis de dispersion ont été donnés, alors que des bouteilles de bière et autres projectiles ont été lancés en direction des policiers.

Le SPVM a demandé aux manifestants de « quitter le centre-ville immédiatement », précisant que des actes criminels avaient été commis et que des pièces pyrotechniques avaient été lancées en direction des policiers.

Des coups de matraque et des gaz lacrymogènes ont été utilisés par l’escouade antiémeute pour disperser les gens qui ont refusé d’obtempérer. Les policiers ont durci le ton et ont procédé à des arrestations.

Les esprits se sont notamment échauffés à l’intersection de la rue Sherbrooke et du boulevard Saint-Laurent, où des manifestants ont reçu du poivre de Cayenne dans le visage. Urgences-Santé indique avoir effectué quatre transports de personnes au cours de la manifestation.

Un premier avis de dispersion avait été donné à 21 h 21, puis un deuxième à 21 h 42. Plusieurs personnes ont alors décidé de quitter les lieux, tandis qu’un noyau dur d’environ 250 personnes résistait toujours et continuait de jouer au chat et à la souris au centre-ville.

Selon le porte-parole du SPVM, Daniel Fortier, au moins 20 personnes ont été arrêtées de façon isolée pour des actes criminels, allant d’attroupement illégal à agression armée sur un policier. Au moins deux policiers auraient été blessés.

Une arrestation de masse a également été effectuée vers 23 h à l’angle des rues Mansfield et Sainte-Catherine, les personnes appréhendées refusant de quitter les lieux. Pendant ce temps, les manifestants se dirigeaient de nouveau en direction de la place Émilie-Gamelin, point de départ de la marche.

Des méfaits ont ensuite été commis sur la rue Sainte-Catherine Est, où un poteau a notamment été lancé dans la vitrine du Pharmaprix. Du grabuge a également été rapporté sur la rue Saint-Denis et le boulevard de Maisonneuve.

Une deuxième arrestation de masse a été effectuée peu avant minuit à l’intersection des rues Wolfe et Robin, dans le quartier Centre-Sud.
Quelques poches de résistance donnaient toujours du fil à retordre aux policiers vers minuit, mais la situation revenait tranquillement au calme. L’intervention policière s’est officiellement terminée à 1 h 15 au centre-ville.


Source : Radio Canada

La FEUQ dénonce « un jeu de relations publiques ». 113 personnes ont été arrêtées par le Service de police de la Ville de Montréal mardi soir

23 mai 2012

Québec a contacté la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) mardi soir pour discuter du conflit étudiant, mais la Fédération étudiante universitaire du Québec estime qu’il ne s’agit là que d’un « jeu de relations publiques ».

Le contact entre Québec et la FECQ a été confirmé mercredi matin par le président de la fédération, Léo Bureau-Blouin, dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

« Des représentants de mon équipe politique ont parlé à des représentants de la ministre et des gens de son cabinet. Donc il semble que les canaux de communication fonctionnent et espérons que ce sera pour le mieux au cours des prochains jours », a déclaré le jeune leader étudiant.

« Il ne s’agit pas négociations, il s’agit plutôt de discussions plus générales, plus préliminaires », a-t-il ajouté. « On ne peut pas parler de quoi que ce soit de très officiel ».

M. Bureau-Blouin dit qu’il est très ouvert à parler, mais pas à n’importe quelle condition. « On veut s’assurer qu’on se dote d’une façon de faire qui va mener à des résultats, et voir surtout dans quel contexte vont se faire ces discussions », en soulignant les difficultés qu’a créées la loi spéciale.

« C’est important que le canal de communication reste ouvert, et qu’on s’arrange pour régler ça. C’est ce que tout le monde veut. » — Léo Bureau-Blouin

Mardi après-midi, M. Bureau-Blouin avait affirmé n’avoir reçu aucun appel de la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne, alors que cette dernière déclarait haut et fort que son bureau était « en tentative de communication », avec les fédérations étudiantes depuis jeudi dernier.

La Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, a assuré mercredi matin qu’elle n’avait reçu aucun appel du bureau de la ministre.

L’autre grande association étudiante, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), n’a pas été appelée non plus. La ministre dit présumer que le groupe ne veut pas négocier parce qu’il appelle à la désobéissance civile.

« Très loin d’une négociation réelle », selon la FEUQ
« On sent que tout ce qu’on veut démontrer, c’est un cas de relations publiques. On veut démontrer que les canaux sont ouverts, qu’on est prêt à la discussion - le terme est très important -, mais pas à la négociation », estime Martine Desjardins.

Martine Desjardins confirme que la FECQ et la FEUQ veulent que Québec suspende sa loi spéciale avant de reprendre les discussions. « Il va falloir qu’on suspende cette loi-là. Parce que négocier avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête pour aller s’asseoir à une table de négociations, ce n’est pas des conditions favorables », affirme-t-elle.

« Entre vous et moi, mieux vaut une solution négociée qu’une solution imposée. » — Martine Desjardins

La présidente de la FEUQ réitère que « le gouvernement devrait considérer que sa loi spéciale ne règle rien », comme le prouvent les manifestations qui se tiennent partout au Québec depuis, et qu’elle est difficilement applicable.

113 arrestations, 6 blessés à Montréal

Pas moins de 113 personnes ont été arrêtées par le Service de police de la Ville de Montréal mardi soir, lors des manifestations nocturnes dans lesquelles se côtoient étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité et citoyens fustigeant la loi spéciale adoptée vendredi dernier par le gouvernement Charest.

La soirée a été émaillée de quelques affrontements entre manifestants et policiers, qui ont utilisé leur matraque et des gaz lacrymogènes à quelques occasions. Quatre manifestants ont été transportés à l’hôpital en ambulance, dont un qui a été renversé par un automobiliste. Deux policiers ont aussi été blessés.

Selon Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, la plupart des personnes arrêtées sont accusées d’avoir contrevenu à un règlement municipal en participant à une manifestation déclarée illégale. Quelques-uns seront cependant accusés en vertu du Code criminel, notamment pour méfaits et agression armée contre les policiers.

M. Lafrenière précise qu’aucune personne n’a été arrêtée en vertu des dispositions de la loi 78, comme cela s’est produit à Sherbrooke lundi. Le porte-parole du SPVM souligne cependant que cette possibilité demeure bien réelle.

« Pour ce qui est de la loi 78, ce qu’il faut comprendre, c’est que pour nous, lorsqu’on regarde le volet d’avoir organisé une manifestation, ça se fait sur enquête. Alors ce n’est pas parce que personne n’a été arrêté hier en vertu de la loi 78 que personne ne le sera, et nous allons tout faire pour appliquer les lois que nous avons, la loi 78 aussi », explique-t-il.

Coin Sanguinet - Ste Catherine à la manif de dimanche soir, une dame a écopé d’une amende de 434 $.


Commentaires

Agenda

 

2019

 

<<

Septembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456