L’opposition égyptienne refuse « le dialogue » proposé par Morsi

lundi 28 janvier 2013
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : La Presse .Ca
Publié le 27 janvier 2013

L’opposition égyptienne refuse « le dialogue » proposé par Morsi

Inès BEL AïBA
Agence France-Presse

Le Caire

La principale coalition de l’opposition a appelé les Égyptiens à manifester vendredi à travers le pays, après avoir refusé l’offre de dialogue national proposé par le président Morsi, alors qu’un décret présidentiel autorise désormais l’armée à appuyer la police afin de maintenir l’ordre.

Le Front du salut national (FSN) a appelé dans un communiqué le « peuple à descendre dans toutes les places Tahrir vendredi 1er février pour (...) réaliser les objectifs de la révolution » et protester contre la mort de dizaines d’Égyptiens dans les affrontements.
Cet appel intervient quelques instants après l’annonce par le FSN qu’il rejetait un dialogue national « vide de sens » proposé par le président islamiste Mohamed Morsi.

L’armée en renfort

Le Sénat égyptien a ratifié lundi le projet de loi autorisant les autorités à déployer l’armée dans les rues pour participer avec la police au maintien de l’ordre, a annoncé l’agence officielle Mena, alors que le pays traverse une nouvelle crise après des émeutes meurtrières.

Cette loi permet à l’armée d’« appuyer les services de police (...) dans le maintien de l’ordre et la protection des installations vitales de l’État jusqu’à la fin des élections législatives et chaque fois que le demandera le Conseil de défense nationale », présidé par le chef de l’État Mohamed Morsi, selon l’agence.

Un dialogue « vide de sens »

La principale coalition de l’opposition égyptienne a rejeté lundi un appel du président islamiste Mohamed Morsi à un dialogue national pour tenter de résoudre la crise que vit le pays après des jours de violentes émeutes, le qualifiant de « vide de sens » et « de façade ».

« Nous ne participerons pas à un dialogue vide de sens », a affirmé lors d’une conférence de presse Mohamed ElBaradei, figure de proue du Front du salut national (FSN), qui regroupe plusieurs mouvements et partis en majorité de gauche et libéraux.

« Nous sommes totalement d’accord au sein du Front. Il faut remédier aux racines du problème que nous vivons, pas aux symptômes. La solution n’est pas sécuritaire, elle est politique », a-t-il ajouté après une réunion du FSN, à laquelle participaient aussi l’ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le troisième homme de la présidentielle de l’an dernier, Hamdeen Sabbahi.

Le Front réclame notamment que le président Morsi assume la responsabilité des violences de ces derniers jours, qui ont fait 47 morts en tout, et la formation d’un gouvernement d’union nationale, selon M. Sabbahi.

« Nous aspirons au dialogue, mais il n’y a pas de garanties pour que celui-ci soit un succès (...) alors que le sang coule », a dit M. Sabbahi lors de la même conférence de presse.

L’opposition avait déjà menacé d’appeler à de nouvelles manifestations et à une présidentielle anticipée si ses conditions n’étaient pas remplies.

Un nouveau mort

Un homme a été tué lundi au Caire dans de nouveaux affrontements entre manifestants et policiers, alors que le président Mohamed Morsi a décrété l’état d’urgence dans trois provinces du nord-est après des violences meurtrières.

Pour tenter de mettre fin à cette nouvelle crise, M. Morsi a aussi appelé dans un discours à la nation dimanche soir les représentants des forces politiques, de l’opposition comme de partis islamistes le soutenant, à un dialogue à 18 h, heure locale (11 h à Montréal), au palais présidentiel au Caire.

Le gouvernement a en outre approuvé un projet de loi autorisant M. Morsi à demander à l’armée de participer au maintien de l’ordre jusqu’à la fin des législatives prévues dans les prochains mois et « chaque fois que le président de la République le demandera », a rapporté l’agence officielle Mena.

En l’absence d’Assemblée nationale, ce projet de loi doit encore être approuvé par le Sénat, dominé par les islamistes.

Les violences de ces derniers jours, qui ont fait au total 47 morts, reflètent les profondes divisions dans le pays, mais aussi la persistance de l’hostilité d’une grande partie de la population envers la police, accusée de violations systématiques des droits de l’homme.

Lundi au Caire, un homme a été tué par un tir de chevrotine à la tête aux abords de la place Tahrir, dans des affrontements entre groupes de manifestants et policiers qui se poursuivaient pour la cinquième journée consécutive.

Auparavant, 46 personnes ont été tuées en trois jours dans des violences dans les provinces de Port-Saïd, Suez et Ismaïliya, qui longent le canal de Suez et où le président a décrété dimanche soir l’état d’urgence et un couvre-feu nocturne pour 30 jours.

Les heurts les plus meurtriers ont eu lieu à Port-Saïd, où 37 personnes ont péri après la condamnation à mort samedi de 21 partisans du club de football (soccer) local Al-Masry impliqués dans des violences ayant fait 74 morts l’année dernière à l’issue d’un match contre le club cairote d’Al-Ahly.

M. Morsi avait menacé de prendre d’autres mesures exceptionnelles si les violences persistaient. En signe de défi, des habitants de Port-Saïd ont bravé le couvre-feu et l’état d’urgence entrés en vigueur dans la nuit en manifestant et ont dit se préparer à de nouveaux rassemblements, selon des témoins.

Lundi, les funérailles des morts de la veille rassemblaient des centaines de personnes, selon des images de la télévision d’État.

Lors des funérailles dimanche à Port-Saïd de certaines victimes de samedi, des coups de feu d’origine indéterminée tirés pendant le transport des dépouilles vers le cimetière avaient provoqué un mouvement de panique puis des scènes d’émeute.

Il s’agit des violences les plus meurtrières depuis l’élection en juin de M. Morsi, premier président islamiste d’Égypte.


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