Pascal Vially, le leader CFDT des Sanofi, rend sa carte, la crise de la CFDT (qui signe plus vite que son ombre), continue…

mercredi 24 avril 2013
par  onvaulxmieuxqueca
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Pascal Vially, le leader CFDT des Sanofi, rend sa carte

Médiapart 23 avril 2013 | Par Rachida El Azzouzi
Le 7 mars dernier, dans un article intitulé « La CFDT aux prises avec sa base chez Sanofi », nous relations le divorce qui couvait entre les militants CFDT du géant pharmaceutique Sanofi et leur direction nationale. Cette dernière leur reprochait notamment d’avoir « failli » en manifestant aux côtés de la CGT et de l’extrême gauche pour une loi contre les licenciements boursiers ainsi qu’en décriant publiquement l’ANI, l’accord sur la réforme du marché du travail signé en janvier dernier par la CFDT aux côtés du patronat, de la CFE-CGC et de la CFTC.

La direction du syndicat visait particulièrement Pascal Vially, son coordonnateur chez Sanofi, sorte de trait d’union entre les délégués syndicaux et centraux des différents sites. Salarié de la division “vaccins” à Marcy-l’Étoile dans le Rhône, syndicaliste depuis les années 2000, il est l’un de ceux qui, médiatiquement, mènent le combat, depuis que le groupe a annoncé en juillet 2012 un plan de restructuration prévoyant, d’ici à 2015, 914 suppressions nettes d’emplois et 800 redéploiements par mobilité interne, dont 300 d’une région à l’autre.

Dans le rang des cédétistes Sanofi, cette remise en cause de Pascal Vially n’avait pas plu.

En soutien, une pétition avait aussitôt été lancée et mise en ligne sur internet. Véronique Pamiès, déléguée centrale pour la santé animale sur le site de Lyon, membre depuis dix ans de la CFDT, fait partie des instigateurs de cette pétition.

Elle fut l’une des rares militantes à parler à visage découvert dans notre article, car « c’est très dur de faire valoir des positions qui ne sont pas dans la ligne confédérale ». La sanction n’a pas tardé. Pour avoir porté sur la place publique ce différend interne, elle a été démandatée début avril, quelques jours après la publication de notre article.

Pascal Vially, pourtant considéré comme « un militant extraordinaire » par sa direction, devait connaître le même sort dans les prochaines semaines.

Mais il a préféré anticiper et rendre sa « démission forcée ». Ce mardi 23 avril, il a adressé un long courrier de cinq pages, « une lettre cathartique », que Mediapart publie dans son intégralité ci-dessous, à Laurent Berger, le numéro un de la CFDT et aux dirigeants de sa fédération chimie, dans lequel il dit tout. Sur son engagement, son malaise, sa déception, ses désillusions de militant.

Il raconte de l’intérieur la vie d’un responsable syndical aux prises avec sa hiérarchie, le décalage entre le terrain et les bureaux, les dérives d’appareil, dans lesquels d’autres se reconnaîtront, et rend sa carte, « dans la douleur », avec une certitude acquise tout au long de ces mois consacrés à la lutte contre un vaste plan social : « Les structures CFDT (syndicats, fédération, confédération) sont en décalage complet avec les revendications de la majorité des adhérents et militants de terrain, et (…) la démocratie interne de la CFDT ne fonctionne malheureusement pas. »

Pascal Vially n’envisage pas de prendre sa carte dans un autre syndicat, car « c’est partout pareil, dit-il, le même fonctionnement, la même politique d’appareil, pas de tête qui dépasse ». Il arrête définitivement le syndicalisme pour redevenir le technicien supérieur de laboratoire qu’il était à son entrée chez Sanofi en 1999, et assumer le citoyen qu’il est : « Un déçu de la gauche au pouvoir qui peut voter rose, rouge, vert ou MoDem, tout à la fois, réformiste et contestataire. »

Deux qualités impossibles aujourd’hui à la CFDT ? Pascal Vially pose la question. Dans le sillage de sa « démission forcée », d’autres camarades cédétistes devraient rendre leur carte, écœurés par ce dénouement. Chez le leader français de la pharmacie, la CFDT est le syndicat majoritaire. Elle représente quelque 8 000 salariés sur les 28 000 que compte le groupe.


Source : L’Humanité

Le 24 Avril 2013

Un responsable CFDT Sanofi démissionné de ses fonctions syndicales

Le coordinateur CFDT de Sanofi Pascal Vially a démissionné, contraint, de toutes ses fonctions syndicales, pour marquer son opposition aux "consignes contraires aux souhaits des adhérents et militants" émanent de la direction du syndicat et de Laurent Berger.

Dans sa lettre de "démission forcée" adressée à Laurent Berger, secrétaire général de la confédération, et aux responsables de la fédération CFDT en charge de la pharmacie, Pascal Vially annonce renoncer à toutes ses fonctions syndicales, dont celles de coordonnateur CFDT Sanofi et de délégué Fédéral FCE-CFDT en charge de la liaison CFDT Sanofi.

Selon lui, dans la "longue lutte contre le plan de restructuration de Sanofi", qui prévoit de 900 2000 suppressions de postes, "les structures CFDT (syndicats, fédération, confédération) sont en décalage complet avec les revendications de la majorité des adhérents et militants de terrain et la démocratie interne de la CFDT ne fonctionne malheureusement pas".

Consigne : pas d’intersyndicale avec la CGT

M. Vially évoque aussi dans sa lettre, que l’AFP a pu consulter, "une réunion secrète" en juin 2012 entre le n°1 de la CFDT de l’époque, François Chérèque, et la direction de Sanofi, quelques jours avant l’annonce par le géant pharmaceutique de son projet de réorganisation.

La fédération aurait ensuite donné la consigne suivante : "Ne pas faire d’intersyndicale avec la CGT, ne pas agiter les chiffons rouges, ne pas faire trop de bruit dans les médias, et le message à retenir est le suivant : ce plan permet de sauvegarder la recherche en France, et la compétitivité de Sanofi". Une intersyndicale s’est pourtant constituée pour dénoncer le plan.

"A l’inverse, la confédération CFDT (....) a multiplié des interventions médiatiques visant à minorer l’impact social de ce plan, à justifier sa nécessité, et à refuser toute législation contre les licenciements financiers", accuse le syndicaliste.

L’ANI : "les deux tiers des sections donnent un avis négatif"

L’ancien coordinateur CFDT s’en prend ensuite à l’accord sur la sécurisation de l’emploi (ANI) contre lequel "deux tiers des sections donnent un avis négatif".

Pascal Vially affirme par ailleurs que sa fédération a suggéré sa radiation au motif qu’il avait "été vu médiatiquement aux côtés d’ +extrémistes+ de gauche", Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon, lors d’une manifestation intersyndicale de salariés d’entreprises menacés par des plans sociaux.

Un autre responsable CFDT Sanofi juge cette affaire "d’épiphénomène". "Il n’y a que lui qui tient ces propos, que lui qui a reçu des consignes" de ne pas former d’intersyndicale. Selon cet autre syndicaliste, ce n’est là qu’"une guerre de chef" et "personne ne le suit".


A Lire
La CFDT aux prises avec sa base chez Sanofi. « Quand on n’est pas dans la ligne, on est un vilain gauchiste »
http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article3049


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