CHANT DE BUCHENWALD

mercredi 21 mai 2014
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Le blog de Marco Valdo M.I.

CHANT DE BUCHENWALD

Version française – CHANT DE BUCHENWALD – Marco Valdo M.I. – 2011

Chanson en allemand – Buchenwald-Lied – Fritz Böda-Löhner – 1938

Paroles de Fritz Böda-Löhner
Musique de Hermann Leopoldi

À la fin de 1938, le directeur du camp de concentration de Buchenwald, édifié au milieu d’une forêt de de hêtres à quelques kilomètres de Weimar, se lamentait car tous les camps avaient leur hymne, excepté Buchenwald ; ce fut ainsi qu’il donna l’ordre aux prisonniers d’en composer un.

Aucune des propositions ne rencontra la faveur de al direction, jusqu’à ce qu’en accord avec les prisonniers, le chef du bureau de psote, bien vu des SS du camp, se présenta comme l’auteur du texte et d’une musique qui deviendra « La Chanson de Buchenwald ».

L’histoire des répétitions de ce morceau dans le gel hivernal allemand, à la fin décembre, a été racontée, entre autres, par un nommé Stefan Heymann, originaire de Mannheim, la ville de la première des « Brigands », la grande tragédie contre la tyrannie de Friedrich Schiller.

Chaque bloc avait comme consigne de répéter durant les heures de liberté, jusqu’à un soir où il faisait « un froid de canard et tout lourdement enneigé », quand le directeur du camp « bourré à mort » donna l’ordre que les sept mille prisonniers exécutent le chant après l’appel du soir.

Comme tout n’alla pas immédiatement, il exigea qu’il rechantent tous ensemble jusqu’à ce que fonctionne ; « le concert infernal »qui s’ensuivit, le convainquit dans les fumées de l’alcool, qu’il valait mieux faire répéter strophe par strophe.

Et il en fut ainsi pendant quatre longues heures. Après quoi, Arthur Rödl, c’est le nom de ce directeur, commanda que les prisonniers retournent à leurs baraques, en chantant en rang de dix devant la tour de garde, où il se tenait avec d’autres SS « bourrés ». Les rangs qui ne chantaient pas correctement ou qui ne marchaient spa les épaules bien droites, devaient « impitoyablement » répéter tout le trajet ; ce ne fut que vers dix heures que « morts de faim et raides de froid » qu’ils rentrèrent tous à leurs baraques.

« Cette scène dans l’hiver le plus profond, où des hommes affamés et sous la lumière glacée des projecteurs et dans la neige d’un blanc éblouissant furent sur l’esplanade d’appel à chanter, s’est enfoncée durablement dans la mémoire de tous ceux qui y ont participé ».

Qui étaient les deux prisonniers auteurs des vers et des notes ?

La musique avait été composée par Hermann Leopoldi, un cabarettiste de Vienne, et le paroles, les paroles étaient d’un artiste, mort le 4 décembre 1942 à Auschwitz-Monowitz, après avoir été sauvagement battu par une sentinelle. Son nom était Fritz Löhner-Beda, et il avait été le librettiste de Franz Lehar, le prince de l’opérette.

Chaque fois que je relis cet hymne et que je le partage avec quelqu’un, je pleure, car moi, à Buchenwald, j’y suis allé seulement comme visiteur et au cœur d’un été ensoleillé, la première et pour des mois, la seule sortie que j’ai voulu faire en Thuringe ; la seconde, de nombreux mois plus tard, fut pour rendre hommage à Schiller et à Herder à Weimar.

C’est pourquoi, je pense toujours que deux hommes experts dans l’art de divertir le public avec des histoires piquantes et des rythmes rêveurs, ont eu le destin d’écrire un chant, dont le refrain, rappelle un autre survivant, Erich Fein. Ces hommes chantaient avec enthousiasme et à haute voix. Tant est vrai ce qu’écrit Chlebnikov et que Luigi Nono fait chanter aux hommes libres :
« Quand ils meurent, les chevaux respirent
Quand ils meurent, les herbes s’emmêlent
Quand ils meurent, les soleils s’éteignent
Quand ils meurent, les hommes chantent. »

Mario M.
in : http://www.millepiani.net/archives/

CHANT DE BUCHENWALD

Quand le jour s’éveille, que le soleil rit,

Les colonnes partent aux travaux du jour

Dans le petit matin.

Le bois est noir, le ciel est rouge,

Nous emmenons dans notre sac un morceau de pain

Et dans le cœur, dans le cœur nos peines.

Ô Buchenwald, je ne peux t’oublier,

Car tu es mon destin.

Qui te quittes, peut seul mesurer

Combien la liberté est merveilleuse !

Ô Buchenwald, nous ne nous lamentons ni nous plaignons,

Et quel que soit notre futur,

Nous voulons malgré tout dire oui à la vie,

Car viendra un jour le jour,

Où nous serons libres !

Notre sang est chaud et la fille est lointaine,

Le vent chante doucement et je l’aime tant,

Tant elle me reste, reste fidèle !

Les pierres sont dures, mais ferme est notre pas

Et nous emportons pics et pelles

Et dans le cœur, dans le cour l’amour !

Ô Buchenwald, je ne peux t’oublier,

Car tu es mon destin.

Qui te quittes, peut seul mesurer

Combien la liberté est merveilleuse !

Ô Buchenwald, nous ne nous lamentons ni nous plaignons,

Et quel que soit notre futur,

Nous voulons malgré tout dire oui à la vie,

Car viendra un jour le jour,

Où nous serons libres !

La nuit est si courte et le jour si long,

Pourtant un chant s’élève, qui chante la patrie,

Nous ne nous laissons prendre notre courage !

Halte au pas, camarade, et ne perds pas courage,

Car nous portons la volonté de vivre dans notre sang,

Et au cœur, au cœur la foi !

Ô Buchenwald, je ne peux t’oublier,

Car tu es mon destin.

Qui te quittes, peut seul mesurer

Combien la liberté est merveilleuse !

Ô Buchenwald, nous ne nous lamentons ni nous plaignons,

Et quel que soit notre futur,

Nous voulons malgré tout dire oui à la vie,

Car viendra un jour le jour,

Où nous serons libres !

http://www.buchenwald.de/fileadmin/buchenwald/audio/ort/buchenwaldlied.mp3


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