La Parole errante à la Maison de l’arbre a le regret de vous annoncer le décès d’Armand Gatti. « J’ai toujours cru que le langage sauverait le monde ».

vendredi 7 avril 2017
par  onvaulxmieuxqueca
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La Parole errante

à la Maison de l’arbre

a le regret de vous annoncer le décès d’Armand Gatti

Le collectif « On vaulx mieux que ça » s’associe à ce regret.


Invité par l’AFMD du Rhône, Armand Gatti, était venu à plusieurs reprises à Vaulx-en-Velin, notamment à l’école Anatole France, le collège Henri Barbusse, au cinéma Les Amphis. Une amitié c’était noué entre Armand Gatti et Maurice Luya (ami de Stéphane Hessel) Résistant et Déporté habitant à Vaulx-en-Velin, malgré quelques vérités tout a fait théâtrales, mais vrais sur le fond et sur ses engagements constants.
Invité également par l’AFMD, il a animé plusieurs rencontres dans plusieurs lycée à Lyon et à Saint Priest.

De tous les combats !
A travers son théâtre, ses invités principaux, était Louise Michel, les Résistants, les combattants du mouvement ouvrier....Celles et ceux qui se battent pour un autre monde.

On vaulx mieux que ça

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« J’ai toujours cru que le langage sauverait le monde ».

Il se bat, dit-il, pour "l’homme plus grand que l’homme"

Source : Le monde

Armand Gatti, miroir éclaté des utopies

Engagé sa vie durant auprès des sans-voix, le reporter, écrivain et metteur en scène s’est éteint, jeudi 6 avril, à l’âge de 93 ans.
LE MONDE | 06.04.2017 à 12h47

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/04/06/mort-d-armand-gatti-figure-du-theatre-du-xxe-siecle_5106966_3382.html#DVwqAbJl6olARQfK.99

Son arme était la parole, son horizon l’utopie. Armand Gatti, mort jeudi 6 avril, à l’hôpital Begin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), à 93 ans, aura passé sa vie à se battre avec les mots, d’abord comme journaliste, puis dans le théâtre, où il s’est engagé auprès des sans nom, les gens ordinaires ou à la marge, les sans voix et les exclus.
Travailleur infatigable, écrivain insatiable et exalté de la rencontre, Armand Gatti a mené un chemin unique dans le théâtre français du XXe siècle. Lui qui aimait les arbres évoquait un chêne : grand, robuste, planté, la tête ébouriffée dans le ciel, et une petite voix qui contrastait avec son allure. Le temps a eu raison de sa force, mais son parcours témoigne d’un élan vital rare, et d’un désir d’être au monde passionné. C’était un conteur hors pair, un fabulateur aussi, à l’occasion, comme en témoigne le triste épisode de la seconde guerre mondiale, où il s’engagea comme résistant et combattant des forces françaises, mais où il ne fut pas déporté en camp de concentration, comme il a voulu le faire croire.

Personne n’est taillé dans une seule étoffe. Armand Gatti a eu des vérités multiples et plusieurs vies, qui épousent le siècle dernier dans tous ses paradoxes. Le premier fut celui qui le vit grandir, pauvre dans un endroit riche : le rocher de Monaco. C’est là qu’il naît, le 26 janvier 1924. Sa mère est femme de ménage, son père, balayeur et anarchiste. Ils vivent au Tonkin, un bidonville de Beausoleil, qui jouxte Monte-Carlo. La discipline n’est pas la première vertu du petit Gatti, encouragé par le rêve libertaire de son père : en 1941, il se fait exclure du petit séminaire Saint-Paul de Cannes. C’est alors qu’il rejoint le maquis, en Corrèze.

Les mots sont tout pour lui

Dans sa besace, il a emporté des livres. Déjà les mots sont tout pour lui. Mots des poètes, comme Henri Michaux, son « maître ». Mots des révolutionnaires, comme Antonio Gramsci. Mots des scientifiques, comme Niels Bohr. Et ses mots à lui, bien sûr. Quand il se fait prendre, dans le trou de la forêt de Tarnac où il se cache avec des camarades, il répond au gendarme qui lui demande ce qu’il est allé faire là : « Je suis venu faire tomber Dieu dans le temps ! »

Condamné à mort en 1943, Armand Gatti est gracié, en raison de son jeune âge. C’est à ce moment-là que se joue la part la plus trouble, et la plus troublante, de son histoire : pendant des décennies, Armand Gatti a raconté qu’il avait été déporté au camp de concentration de Neuengamme, dans le nord de l’Allemagne, où il avait eu la révélation du théâtre, en voyant la première pièce de sa vie, jouée par des Juifs baltes, qui tenait en trois phrases : « Ich bin. Ich war. Ich werde sein. » (« Je suis. J’étais. Je serai. »).

Ce fut, disait Gatti, une expérience fondatrice pour son œuvre : « Essayer de construire des hommes non pas en vertu de leur état-civil, mais de leur possibilité. »
L’amicale de Neuengamme a demandé à Armand Gatti de « ne plus usurper le titre de déporté »

Ce socle s’est effondré en 2011, quand l’amicale de Neuengamme a prouvé que le nom d’Armand Gatti ne figurait pas dans le livre mémorial de Neuengamme, ni dans celui de la Fondation pour la mémoire de la déportation. L’amicale a demandé à Armand Gatti de « ne plus usurper le titre de déporté », et Armand Gatti a reconnu n’avoir jamais été au camp de Neuengamme, mais dans un camp de travail. Ce qui est certain, c’est que le jeune résistant a rejoint les Forces françaises, à Londres, en 1944. Il a combattu dans l’armée de l’air, et son engagement lui a valu d’être décoré à la Libération.

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Prix Albert-Londres en 1954
Tristement déplorable, sur le plan moral, ce mensonge sur les camps a permis, sur le plan artistique et politique, de fonder un théâtre qui restera comme une des aventures les plus engagées et les plus marquantes du XXe siècle. A la fin de la seconde guerre mondiale, Gatti, qui s’appelle Dante Sauveur à l’état civil, travaille pour plusieurs journaux, et devient Armand.

Il voyage en Algérie, où il rencontre Kateb Yacine, il effectue des reportages en Europe sur les « personnes déplacées », il va jusqu’en Chine avec Michel Leiris, Chris Marker, Paul Ricœur. Il rend compte aussi des combats ouvriers en France et du massacre des Indiens au Guatemala… Ses reportages lui valent le prix Albert-Londres, en 1954.

Déjà, Armand Gatti est engagé sur tous les fronts du monde qui bouge et combat.

Il ne cessera de suivre cette route, quand il laissera le journalisme et deviendra « passeur des paroles de l’homme », en écrivant et en réalisant des films. En 1959, Jean Vilar met en scène sa pièce Le Crapaud-Buffle. En 1960, il tourne L’Enclos, un film sur l’univers concentrationnaire, primé en 1961 à Cannes, où Armand Gatti revient en 1963 avec El Otro Cristobal, qui représente Cuba.

Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Armand Gatti laisse le cinéma et retourne vers le théâtre, où il enchaîne les pièces : La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., La Deuxième Existence du camp de Tatenberg, Chroniques d’une planète provisoire, Chant public devant deux chaises électriques, V comme Vietnam…

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Lire le reportage (août 2010) : Armand Gatti, aux sources de sa résistance en Corrèze

image : http://s2.lemde.fr/image/2017/04/07/534x0/5107247_6_1a8a_armand-gatti-s-adresse-au-public-dans-le_43cfedfaf9156e1b20a049d76733ef7c.jpg
Armand Gatti s’adresse au public dans le cadre de sa pièce « Adam quoi ? » à Marseille, le 27 juillet 1993. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

« Un théâtre d’agitation »

Armand Gatti veut faire « un théâtre d’agitation, un théâtre qui divise ». Il y arrive si bien qu’il est victime de censure, en 1968. Cette année-là, il doit présenter, au Théâtre de Chaillot, à Paris, La Passion en violet, jaune et rouge, qui met en scène le général Franco.
A la demande du gouvernement espagnol, et malgré le soutien d’André Malraux, ministre de la culture, la pièce est interdite par le général de Gaulle, qui appelle Armand Gatti « le poète surchauffé ».

Cet acte marque un tournant : Armand Gatti décide de rompre avec le théâtre institutionnel. Il commence une autre vie, qui le mène de Berlin à Gênes en passant par l’Irlande. Il se voit comme un « Indien », le miroir éclaté des utopies du siècle, dont il rend compte en travaillant de manière collective.

Dans son œuvre comme dans sa vie, il y a toujours deux vérités : la vérité historique et la vérité « gattienne »

Un exemple : en 1979, pour son opéra Roger Rouxel (du nom d’un des héros de L’Affiche rouge, mort à 18 ans en 1941), il fait d’abord un film, qu’il montre à des apprentis, des couturières, des gendarmes, des résistants, des lycéens, des Gitans… de L’Isle-d’Abeau et de Bourgoin-Jallieu (Isère). Puis chacun participe à la création d’une scène de l’opéra, en composant de la musique…

Démesure

S’il pratique la création collective, et s’il aborde tous les thèmes, la misère et la prison, l’asile psychiatrique et les luttes ouvrières, Armand Gatti reste le poète, celui qui écrit avec des mots fous comme le vent, beaux comme l’espoir, délesté de l’obligation de coller à la réalité.

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Dans son œuvre comme dans sa vie, il y a toujours deux vérités : la vérité historique et la vérité « gattienne ». Parce que les mots sont faits pour « donner à l’homme sa seule dimension habitable : la démesure ».

C’est cette démesure qui fait la grandeur d’Armand Gatti. A partir de 1984, elle s’inscrit dans des pièces nées de la rencontre avec des jeunes, souvent en stage de réinsertion, à Toulouse, Marseille ou Strasbourg. Gatti les appelle ses « loulous ». Il leur donne des armes pour exister, les invite à réinventer le monde.

Et toujours, il écrit, poursuivant son Aventure de la parole errante qui constitue une œuvre unique, et a trouvé, ces dernières années, refuge à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dans La Maison de l’arbre où il vivait. Dans le maquis, il avait choisi le nom de Don Quichotte. Le Don Quichotte d’un monde d’avenir.

image : http://s1.lemde.fr/image/2017/04/06/534x0/5106965_4_b931_le-dramaturge-armand-gatti-a-paris-le-13-juin_c4d08a8728ee5679cc03919b574c8349.jpg

Armand Gatti en quelques dates

26 janvier 1924
Naissance à Monaco
1954
Obtient le prix Albert-Londres pour ses reportages
1959
Le Crapaud-Buffle est monté par Jean Vilar
1961
Son film L’Enclos est primé à Cannes
1968
Sa pièce La Passion en violet, jaune et rouge est censurée
6 avril 2017
Mort à Saint-Mandé (Val-de-Marne)


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En Hommage à Armand Gatti, auteur de pièces de théâtre, écrivain, qui s’est éteint le 6 avril, à l’âge de 94 ans, la RdR republie cet entretien qu’il avait accordé en 1996 à Chloé Hunzinger.

http://www.larevuedesressources.org/Entretien-avec-Armand-Gatti.html


Armand Gatti, le combattant

Didier Méreuze, le 06/04/2017 à 14h43
Poète, écrivain, journaliste, cinéaste, homme de théâtre, il disait « J’ai toujours cru que le langage sauverait le monde ». Sa voix s’est tue le 6 avril 2017, mais sa parole demeure.
http://www.la-croix.com/Culture/Theatre/Armand-Gatti-combattant-2017-04-06-1200837664


Armand Gatti, l’un des plus grands poètes de notre temps est mort le 6 avril 2017, à l’hôpital Begin de Vincennes.

http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article4737


Sur le site de On vaulx mieux que ça et des initiatives du collectif "On vaulx mieux que ça"

Lyon : Création RÉSISTANCE SELON LES MOTS Armand Gatti et les étudiants de la 74e promotion de l’ENSATT
jeudi 24 juillet 2014

http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article3935

Armand Gatti dans le maquis des mots - le 30 avril en librairie - Editions Actes Sud

lundi 28 avril 2014
http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article3808

L’ENCLOS D’ARMAND GATTI Version numérique restaurée. Sortie nationale le 10 décembre 2014


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Vendredi 23 janvier 2015 de 18h à 20h, Vaulx-en-Velin (69) : Conférence/ débat

« Les Poésies et le théâtre d’Armand Gatti … une forme de Résistance !? » Conférence animée par Olivier Neveux.

« Les Poésies et le théâtre d’Armand Gatti … une forme de Résistance !? » Conférence animée par Olivier Neveux.

Olivier Neveux est professeur d’histoire et d’esthétique du théâtre à l’université Lumière Lyon-2. Il est notamment l’auteur de Théâtres en lutte. Le théâtre militant en France de 1960 à nos jours (La Découverte, 2007) et de Politiques du spectateur. Les enjeux du théâtre politique aujourd’hui (La Découverte, 2013). Il est également auteur et rédacteur en chef pour la Revue AG cahiers Armand Gatti.

Au CAFE DE LA MAIRIE de Vaulx-en-Velin 18 Rue Maurice Audin, 69120 Vaulx-en-Velin

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Source : L’Humanité

Armand Gatti est mort

avec afp
Jeudi, 6 Avril, 2017
Humanite.fr

Le poète et auteur dramatique Armand Gatti, défenseur d’un théâtre engagé et novateur, est décédé jeudi à l’âge de 93 ans, a annoncé le directeur de sa compagnie, "La Parole errante".

"Il est mort à l’hôpital Begin, son cœur s’est arrêté ce matin", a annoncé Jean-Jacques Hocquard, à la tête de la compagnie "La Parole errante" située à Montreuil (93).

Armand Gatti "écrivait toujours", a-t-il souligné. Né Sauveur Dante Gatti le 26 janvier 1924 à Monaco, il s’engage pendant la guerre comme résistant en Corrèze.

Arrêté en 1943, déporté, évadé, il rejoint Londres puis prend part à la campagne de France comme parachutiste. Après la guerre, il est chroniqueur judiciaire, puis reporter (prix Albert-Londres 1954), et naturalisé français.

C’est Jean Vilar qui crée en 1959 sa première pièce au TNP, mais "Crapeau-buffle", qui "fait éclater les structures de l’écriture et de la mise en scène", est mal accueillie par la critique. En 1968 "La Passion du général Franco" est interdite. Obsédé par le besoin de toucher le public populaire, Armand Gatti renonce rapidement au théâtre traditionnel.

A partir de 1973, il se consacre à "la Parole errante", ateliers d’écriture et d’élaboration de spectacles avec ceux qu’il appelle "ses loulous" (analphabètes, chômeurs, immigrés, marginaux, prisonniers)


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