Un livre de Clara et Henri Benoits : "L’Algérie au cœur"...Cinquante ans de luttes chez Renault .

lundi 13 octobre 2014
par  onvaulxmieuxqueca
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Voici plusieurs années, le collectif « on vaulx mieux que ça », avait organisé un colloque sur « la guerre d’Algérie » au lycée Doisneau de Vaulx-en-Velin.

Parmi les invités il y avait, Mohammed Harbi, Clara et Henri Benoits.

Aujourd’hui nous sommes heureux et fiers de vous annoncer la sortie du livre « L’Algérie au cœur » de nos amiEs Clara et Henri Benoits, préfacé par Mohammed Harbi.

17 octobre 1961 : la Fédération de France du FLN avait choisi comme « témoins » de la manifestation du 17 octobre 1961 cinq militants salariés de Renault de Billancourt, dont Henri et Clara.

On vaulx mieux que ça


L’Algérie au cœur

RÉVOLUTIONNAIRES ET ANTICOLONIALISTES À RENAULT-BILLANCOURT
COLLECTION "DES PAROLES EN ACTES"

Auteur : Benoits Clara et Henri

Clara et Henri Benoits : elle, fille d’immigrés hongrois, et lui, gamin des fortifs, se sont rencontrés au début des années 1950 dans l’usine Renault de Billancourt. Plongés dans cette Babel ouvrière, ils témoignent de l’irruption des guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, et de l’activité de ceux qui y ont organisé le FLN, leurs camarades dans l’usine. L’Algérie a été au cœur de leur engagement militant

En soutien au peuple algérien

Que la Fédération de France du FLN ait choisi parmi les « témoins » de la manifestation du 17 octobre 1961 cinq militants salariés de cette usine, dont Henri et Clara, est la mesure de la portée politique de ce soutien.

Investis dans le soutien aux Algériens, ils racontent les conséquences du vote des pouvoirs spéciaux en 1956 au gouvernement socialiste de Guy Mollet pour la poursuite de la guerre coloniale, entraînant le départ de la quasi-totalité des militants algériens du PCF vers le FLN. Ils décrivent la solidarité concrète manifestée dans les ateliers entre Français et Algériens lors d’incursions policières dans l’usine.

L’engagement féministe chez un couple de militants

Clara et Henri, chacune et chacun a eu son histoire, ses engagements, ses adhésions politiques ou syndicales, et ce récit est celui de deux parcours distincts.

Ce récit n’est pas le discours fusionné d’un couple qui ne saurait dire que « nous », mais celui de deux parcours mêlant singularités assumées et engagements partagés.

Clara, rare déléguée aux côtés de ses collègues et camarades hommes, luttait dès les années 1950 contre les discriminations frappant les femmes dans les ateliers et services de Renault. Surnommée « camarade mitraillette » pour sa pugnacité à défendre ses collègues, son engagement féministe se prolonge dans sa participation au groupe femmes Renault.

Cinquante ans de luttes chez Renault

Entrés dans l’usine en 1949-1950 et membres actifs de la CGT, Clara et Henri Benoits ont travaillé et lutté pendant près de quarante ans à Renault Billancourt.

Clara, militante du PCF jusqu’en 1969 et Henri, trotskiste se revendiquant toujours de la 4e Internationale, ont été des militants critiques, mais jamais isolés.

Dans cette chronique de plus de cinquante années de luttes se succèdent les premières manifestations syndicales de 1945 où travailleurs algériens et vietnamiens défilent ensemble, le vécu quotidien de militants syndicaux au plus près de leurs collègues de travail, l’indépendance conquise par l’Algérie en 1962, l’occupation de Billancourt pendant la grève générale de 1968, les luttes des ouvriers immigrés, et l’agonie du site aujourd’hui partagé entre friches industrielles et immeubles de standing.

Ce qu’il importe à Henri et Clara de transmettre dans ce récit, c’est comment s’enracine une activité militante dans les relations fraternelles avec celles et ceux, de toute nationalité, que l’on côtoie dans la vie sociale et personnelle

Éditions Syllepse - 69 rue des Rigoles - 75020 Paris


17 octobre 1961 clara et henri benoits par amalevent50

Henri Benoit - La Parole errante Armand Gatti voir PDF


Source : L’Humanité

Des syndicalistes " observateurs "

Jeudi, 18 Octobre, 2001

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Clara et Henri Benoits ont participé à la manifestation du 17 octobre 1961 en tant qu’observateurs. Il y en avait une dizaine ce jour-là dans le cortège. Syndiqués à la CGT, ils travaillaient à l’époque à Renault-Billancourt (lui était dessinateur industriel, elle, secrétaire) qui employait près de 4 000 travailleurs algériens.

Pour quelles raisons avez-vous été sollicités comme observateurs lors de la manifestation du 17 octobre 1961 ?

Henri Benoits. À l’époque, nous étions membres du comité exécutif du syndicat CGT Renault et nous avions des relations constantes avec les camarades algériens. Ils nous ont sollicités comme " observateurs " pour pouvoir démontrer à l’opinion publique que cette manifestation résultait d’une adhésion libre et massive de la population émigrée à la cause de l’indépendance et non de la prétendue " terreur " qu’exerçait le FLN sur les Algériens.

Clara Benoits. Ils se doutaient qu’il y avait des risques.

Cette manifestation était interdite et la répression policière, à ce moment-là, était forte à l’encontre des militants FLN. Et même si les consignes étaient strictes pour que la manifestation soit pacifiste, ils craignaient des dérapages.

Cela dit, je ne pense pas qu’ils pouvaient imaginer qu’un tel massacre allait avoir lieu.

Quel était, à l’époque, l’état d’esprit des Français et de la gauche en particulier ?

Henri Benoits. Il existait dans l’opinion publique une hostilité à l’égard du " bougnoule ". Le plus souvent, les Français sont restés aveugles.

Les Algériens ont vraiment eu le sentiment d’être seuls à se battre pour leur liberté. Et ils ont gagné. Cette victoire explique peut-être que le racisme anti-arabe est plus fort encore aujourd’hui, en France, que le racisme envers les Noirs.

Clara Benoits. Sur cette période de l’histoire, le mouvement ouvrier, la gauche n’ont pas toujours été très brillants, même si une partie de la gauche a le mérite d’avoir organisé des manifestations anti-guerre.

Au Parti communiste, où je militais à l’époque, on a préféré les mots d’ordre de liberté pour le peuple algérien ou de " paix en Algérie " à celui d’indépendance que j’avais fait mien.

Il y avait à l’époque de fortes réticences à soutenir des nationalistes.

Propos recueillis par

Sabrina Kassa-Bja

Clara et Henri Benoits ont adressé un témoignage au procès intenté par M. Papon contre Jean-Luc Einaudi, en 1999, au sujet de son livre, la Bataille de Paris : le 17 octobre 1961.

Contre l’oubli du 17 octobre 1961 à Gennevilliers.


Contre l'oubli du 17 octobre 1961 à Gennevilliers par moko21


Papon Mort - 17 octobre 1961 par moko21


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