Grand débat national : donner la parole aux sans voix

mardi 19 février 2019
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Secours Populaire

Grand débat national : donner la parole aux sans voix

Dans le contexte du Grand débat national, le SPF a décidé d’inviter toute l’association à transmettre la parole des plus pauvres. Comme il l’avait fait en 1989, pour le bicentenaire de la Révolution française, le SPF a édité des cahiers de doléances. Partout, les bénévoles sont appelés à donner la parole à ceux qui ne l‘ont jamais.

13/02/2019

En 1989, lors du bicentenaire de la révolution, le Secours populaire a mis en place des "Cahiers de doléances" pour que les personnes en difficulté témoignent de leur quotidien et prennent conscience de leur existence en tant que groupe social.
SPF

« Un jour j’avais tellement faim que maman m’a donné son assiette et je n’ai pas voulu. Je sais que maman se prive de manger pour nous ». Ce témoignage de Mathéo, 12 ans n’est malheureusement pas unique.

Avec 3,5 millions de personnes soutenues chaque année par le Secours populaire en France et dans le monde, les bénévoles de l’association sont régulièrement confrontés à ce type de situation.

Cette réalité, ils ont décidé de la rendre publique lors de leur participation aux grands débats nationaux organisés sur tout le territoire. Cette démarche reprend l’initiative portée en 1989 par l’association lors du bicentenaire de la Révolution française qui a permis à près de 700 000 personnes de s’exprimer grâce aux nouveaux cahiers de Doléances édités par le Secours populaire.Aujourd’hui cette volonté d’écoute et de recueil de témoignages est encore d’actualité.

Tout au long de l’année, dans les permanences d’accueil les collecteurs-animateurs-bénévoles du Secours populaire rencontrent, et accompagnent les personnes victimes de la pauvreté et de la précarité. Témoins de leurs conditions de vie et de l’énergie qu’elles déploient au quotidien, ils sont là pour en faire écho.

Les associations, remparts contre la pauvreté

Le 5 février, lors du Grand débat organisé à Evry-Courcouronnes, dans l’Essonne, Olivier Grignon, secrétaire général de la fédération du Secours populaire a souhaité rappeler « que dans son département le Secours populaire avait aidé 37 000 personnes en 2018. Dirigeant de l’association depuis 35 ans, j’ai pu voir que la pauvreté changeait de visage ces dernières années.

Aujourd’hui, travailler et avoir un CDI ne préserve plus de la pauvreté. Je constate que la pauvreté augmente, les étudiants par exemple ne constituent pas une classe privilégiée. Les étudiants d’Orsay et d’Evry frappent régulièrement à nos portes. Ils étaient une centaine l’année dernière à être reçus par nos bénévoles. ».

Il a souligné le rôle des associations comme rempart de la pauvreté tout en soulignant que pour que celles-ci puissent poursuivre leur travail, il leur fallait des moyens. Il a également alerté sur les menaces qui pèsent actuellement sur l’avenir de l’aide alimentaire européenne.

En Bretagne, depuis plusieurs semaines, les cahiers « Le dire pour agir » circulent dans les antennes et comités. L’occasion de recueillir les témoignages des personnes aidées. Sur une feuille, deux questions sont posées. « mes difficultés quotidiennes » et ensuite « mes souhaits ». Frédéric, de Brest et sans emploi, décrit ainsi son quotidien en quelques mots, « C’est difficile de payer les factures et des faire plaisir à ses enfants. Il faut toujours compter ». Quant à ses rêves, ils se résument aussi à quelques mots « Pouvoir travailler, remplir son frigo et offrir des loisirs à ma famille ».

Donner la parole aux enfants

À 1000 kilomètres de Brest, à Marseille, le Secours populaire a décidé d’associer les enfants à cette démarche citoyenne. Alors que 2019 marque les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, il était inconcevable que les enfants ne participent pas à ce débat national destiné à recueillir la parole de tous. Avec l’expérience de son mouvement d’enfants copain du Monde créé en 1992, l’association a toujours relayé la parole des enfants. Dans les locaux de la fédération des Bouches-du-Rhône, le club copain du Monde est amené depuis plusieurs semaines à donner son avis et à s’exprimer sur ses rêves, ses préoccupations et ses actions de solidarité. Comme l’explique Sonia Serra, secrétaire nationale du Secours populaire « les enfants doivent aussi raconter leur quotidien et exprimer leur désir de solidarité. ».

L’avocat des plus pauvres

Pour Hibat, 7 ans sa priorité c’est le logement « On vit à l’hôtel. J’ai peur qu’on nous mette dehors et qu’on n’ait pas de maison ». Autre sujet qui revient souvent dans les cahiers, la question de la violence à l’école. Autant de témoignages que le Secours populaire reprendra pour préparer ses Etats généraux de l’enfance solidaire en juin 2020. Qu’ils soient enfants ou adultes, cela ne change rien à la démarche portée par le SPF. Ce qui compte avant tout c’est l’écoute et la transmission du vécu des personnes en difficulté. Comme toujours, le Secours populaire se veut le porte-parole et l’avocat des plus pauvres, ceux qui ne disent jamais rien mais qui ont tant de choses à dire.


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