Grèce Viome : JOURNAL DE BORD DE LA CARAVANE BRETONNE du 20/10/2016

samedi 22 octobre 2016
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Journal de bord breton du 20/10/2016
octobre 21, 2016 / Le Collectif

Journal de bord de la caravane bretonne du 20/10/2016

Assurément, la date du 20 octobre 2016 restera marquée d’une pierre blanche pour les caravaniers.

Sollicités en renfort par des collectifs de soutien aux travailleurs de Viome, nous nous sommes rendus au tribunal de Thessalonique pour tenter d’empêcher la vente aux enchères de l’usine de Viome.

Les portes de la salle du jugement étaient rendus inaccessibles par la présence de nombreux policiers. Une partie des caravaniers a mené un siège devant la porte du bureau 238 et une autre est restée dehors pour afficher notre présence et une banderole aux coté de celles d’autres associations et collectifs de soutien.

Tout s’est déroulé dans le calme et même la bonne humeur.

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D’après nos amis grecs, notre présence a été utile et nous nous en réjouissons fortement.

Ce n’est pas tous les jours que des combats sont gagnants pour les salariés.

Un répit est gagné par et pour les travailleurs de Viome. Nous sommes conscients toutefois que d’autres combats seront nécessaires pour assurer la pérennité du site et la sécurité de l’outil de travail des salariés de l’usine autogérée.

En attendant, nous manifestons notre solidarité concrète en ramenant des produits fabriqués par les travailleurs de Viome. Depuis la France, nous continuerons à être aux cotés de nos amis en lutte.

Ce mélange d’expression politique et de solidarité concrète est la marque originale de notre caravane.

Pour les bretons, nous avions rendez vous à Volos puis au dispensaire de Larissa.

Le centre médico social de Larissa fonctionne depuis 4 ans avec une quarantaine de volontaires et 4 médecins dont un dentiste et une pédiatre. Ils disposent d’une pharmacie très bien organisée

Les volontaires sont de diverses professions : retraité(e)s de l’enseignement, ingénieurs, simples citoyens). Il est situé dans une maison mise à disposition par la municipalité après une très longue lutte pour l’obtenir.

Il est ouvert 3 jours par semaine après avoir assuré, il y a peu encore, une permanence de 5 jours par semaine. Au fil des années, la fatigue se fait sentir et les volontaires sont moins nombreux. La durée de la crise et le contexte politique pèsent sur les volontaires.

La population concernée a changé ces derniers temps. La loi de février 2016, si elle ouvre un accès aux soins pour tous, ne règle pas la question de la cherté des traitements celui des médicaments, la longueur des délais d’attente (sauf pour les urgences), ni le manque de personnels et de moyens des hôpitaux dont le budget a été divisé par 2.

Une population nouvelle fréquente les dispensaires. Il s’agit de ceux qui, bien qu’ayant une couverture sociale, ne peuvent s’acquitter du reste à charge pour les médicaments peu remboursés.

La politique gouvernementale envers les immigrés (déplacements pour des camps jugés inacceptables en termes de conditions d’accueil) a des effets pervers sur l’activité des dispensaires en direction des réfugiés.

Jusqu’alors, les volontaires du dispensaire s’adressaient à tous les citoyens et aux réfugiés.

Ces derniers vivaient dans la ville.

Maintenant, ils sont dans des camps où les conditions d’accueil sont inhumaines (sous des tentes, pas de suivi médical, évacués en ambulance vers l’hôpital dans les cas graves, pris en charge sur le plan sanitaire par des ONG parfois démunis de médecins).

Refusant de cautionner cette politique, les volontaires du dispensaire refusent de compenser les manques de l’état.

Certaines ONG mondialement connues ont également refusé d’accepter cette situation imposée par l’UE et se sont retirées des camps refusant cette politique appliquée par le gouvernement Tsipras 2.

Après avoir livré le matériel dont ils avaient besoin, nous avons passé la soirée avec eux et les discussions ont pris un ton plus personnel et plus direct.

La narration de leurs implications force notre admiration et c’est une véritable leçon de résistance au quotidien où la réflexion n’est jamais absente que nous avons reçu.

Ce premier contact ne restera pas sans lendemain.


Lire également

20 octobre 2016 : reportage en direct de l’action menée au tribunal de Thessalonique pour l’annulation de la liquidation de VIOME

http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article2704


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