Ce matin 10/04/15, expulsion intolérable, inacceptable et inhumaine du Cours d’Herbouville.

jeudi 16 avril 2015
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : C.L.A.S.S.E

Ce 10 avril 2015, nouvelle matinée intolérable, inacceptable et inhumaine à Lyon 4ème.

Depuis quelques mois des familles vivaient ou plutôt tentaient de survivre sur les berges du Rhône tout en essayant de maintenir le lieu propre malgré l’absence de poubelles
Ces derniers jours il y avait :
23 adultes dont au moins une femme enceinte (de 8 mois m’a-t-elle dit)
20 enfants (1 de 5 mois, 2 de 1 an, 3 de 2 ans, 3 de 3 ans... avec un enfant de 4 ans handicapé)

Ce matin du 10 avril 2015, vers 7h une camionnette de VNF (Voies Navigables de France) arrivait, plus tard un camion avec bulldozer et vers 8h10, environ 6 fourgons de police avec un interprète et un huissier.

Tout était "prêt" pour mettre à la rue ces 43 personnes.

Les familles, avec une dignité incroyable et une résignation indicible, ont rapidement tenté d’assembler ce qu’elles pouvaient emmener sur leurs caddies, se soumettre au contrôle d’identité…

…devant un armement ostensiblement placé à la sortie, armement que je ne qualifierai pas, le voir suffit à avoir froid dans le dos :

Est-ce le pays des droits de l’homme ?

Est-ce le pays dans lequel nous vivons ?

Est-ce normal qu’une enfant soit ainsi intimidée devant un tel arsenal plutôt que d’aller à l’école comme tout enfant ?

Pourtant son cartable est en bandoulière, mais elle ne pourra pas, voire plus, aller à l’école !

Et l’exode commence… où dormiront ces personnes ce soir, elles ne le savent même pas.

Manifestement la survie de ces personnes n’est pas un problème pour nos "responsables" qui ont pourtant la charge d’assurer la sécurité de tous.

La loi du plus fort est appliquée et les journaux annonceront la nouvelle : « un campement illicite a été évacué ».

Ils oublieront de dire que la loi du plus faible est bafouée car il est tout aussi illicite de ne pas héberger des personnes en situation de détresse.

Le Code de l’action sociale et des familles, Article L345-2-2, stipule : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale, a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

Voir la suite sur http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=71F9B2A6DD038B318E77B2533BAE4E15.tpdila21v_1?idArticle=LEGIARTI000028807381&cidTexte=LEGITEXT000006074069&dateTexte=20150410&categorieLien=id&oldAction=&nbResultRech=

A notre connaissance, aucune des 43 personnes n’a eu une proposition d’hébergement.

Aujourd’hui, les familles n’ont pas eu le temps de me demander d’appeler le 115 - numéro (dit) d’hébergement d’urgence… d’ailleurs à quoi bon puisque la réponse que j’ai eue à chaque fois que j’ai appelé ces derniers temps était : « il n’y a pas de place, il faut rappeler dans 15 jours ».

Et voici quelques exemples de ce que ces familles ont été obligées d’abandonner, alors qu’elles n’avaient déjà pas grand-chose :

Et ce soir le Samu social ou d’autres seront appelés pour apporter couvertures, nourritures…

Notre société marche sur la tête.

Pendant cette errance des familles, la machine à détruire ne perd pas son temps pour éradiquer le peu qu’elles avaient.

Le bulldozer est à pied d’œuvre :

Les « hommes en blanc » sous le contrôle de la police arrachent les toits :

…laissant apparaître ce qui sera ni plus ni moins jeté sans égard ni ménagement :

Et c’était leur lieu de vie, un lieu d’intimité… un lieu on l’on pouvait (sur)vivre, mieux qu’à la rue.

Aujourd’hui, en errance, ils n’ont plus que leur balluchon…

J’arrête là. J’en ai la nausée…

Indignez-vous devant de tels événements faits en notre nom ! C’est intolérable, inacceptable et inhumain.

Ecrivez par exemple au préfet (qui donne les ordres), à nos ministres comme Sylvia Pinel qui a émis un communiqué de presse annonçant le contraire de ce qui s’est passé ce matin… voir http://www.territoires.gouv.fr/fin-de-la-treve-hivernale-sylvia-pinel-renforce-les-actions-pour-eviter-la-spirale-de-l-exclusion-et-lance-un-appel-a-projets-pour-creer-des. Mail : secretariat-presse@territoires.gouv.fr...

Soutenons les professionnels de l’urgence sociale qui ne peuvent pas travailler comme l’éthique le voudrait.


Code de l’action sociale et des familles - Article L345-2-2
Article L345-2-2

• Modifié par LOI n°2014-366 du 24 mars 2014 - art. 45
Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence.
Cet hébergement d’urgence doit lui permettre, dans des conditions d’accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l’hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, réalisée au sein de la structure d’hébergement ou, par convention, par des professionnels ou des organismes extérieurs et d’être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état, notamment un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, un hébergement de stabilisation, une pension de famille, un logement-foyer, un établissement pour personnes âgées dépendantes, un lit halte soins santé ou un service hospitalier.


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