Philips EGP Dreux : l’expérience d’autogestion s’arrête.

samedi 16 janvier 2010
par  onvaulxmieuxqueca
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Mise en arrêt d’une expérience qui a durée 7 jours. Cette expérience renouait avec l’espérance d’un autre possible, celle des Lip… des usines sans patrons en Argentine. C’est fini, mais Bravo quand même aux Philips EGP Dreux, les graines repousseront.

Nous mettons en ligne deux éclairages celle du syndicat CGT et celle d’un militant Manu Georget, délégué syndical CGT.


Information de la CGT PHILIPS EGP DREUX

Philips Dreux:suspension du contrôle,halte à la répression ouvriére, la lutte continue
LA LUTTE CONTINUE A PHILIPS DREUX
Solidarité avec les salariés de PHILIPS EGP DREUX

Tous ensemble contre les licenciements

Mardi 12 janvier, la direction de Philips Dreux a fait venir des huissiers pour reprendre le contrôle de la production. Des vigiles ont aussi été appelés en renfort par la direction pour décourager le combat.
Le jour même où 6 salariés de Continental, en butte à la répression patronale, étaient jugés au tribunal d’Amiens, 9 salariés de Philips Dreux recevaient des lettres d’avertissement les menaçant de licenciement pour faute lourde s’ils n’obéissaient pas à la direction de Philips.

Ce matin en AG, les salariés ont décidé la suspension du contrôle de production en solidarité aux 9 travailleurs menacés de licenciements pour faute lourde.

Cette prise de contrôle de production est un symbole fort. Les salariés ont prouvé qu’une autre alternative industrielle est possible en France pour préserver l’emploi. Les salariés de Philips ont ouvert une nouvelle voie de résistance. Préservons nos entreprises, nos compétences, refusons la fatalité de fermeture de boites en cascades, la valeur ajoutée au travail c’est nous !!

Les patrons voyous ont besoin de travailleurs. Les travailleurs ont besoin de machines, de production, pas des patrons !!!

Malgré ces mesures d’intimidation, les salariés de Philips continuent leur lutte sous une autre forme contre la fermeture du site et pour préserver leur emploi.

Philips n’est pas la seule entreprise à fermer ou à supprimer des emplois. Les salariés de Total sont entrés en grève contre la menace de fermeture de certains sites et des suppressions d’emplois. Les salariés de Goodyear à Amiens sont sous la menace de licenciements, comme ceux de Freescale à Toulouse et de bien d’autres entreprises du privé. Le secteur public connaît aussi une vague de suppressions d’emplois : SNCF, Hôpitaux, Poste, Impôts...

II faut arrêter cette hémorragie. C’est tous ensemble que nous pourrons stopper les suppressions d’emplois, les fermetures de sites et les licenciements.

Faisons converger nos luttes

C’est tous ensemble que nous gagnerons

Nous appelons toutes les entreprises en lutte à suivre I’exemple des Philips.

Nous salariés de PHILIPS EGP DREUX, et le syndicat CGT du site, appellent aussi à votre solidarité.

Soutenez la lutte des PHILIPS DREUX

Diffuser toutes les infos, vos dons sont aussi les bienvenus pour notre combat.

Envoyer vos dons à : Syndicat CGT Philips 1 rue de Réveillon, 28100 DREUX

A I’ordre du Syndicat CGT Philips Dreux

Les Philips veulent préserver leurs emplois, sont-ils pour cela des voyous !!!!!

Vendredi 15 janvier 2010 - La CGT Philips Dreux


Point de vue Manu Georget, délégué syndical CGT.

Dans une usine promise à la fermeture, 150 salariés ont décidé de continuer à produire "sous contrôle ouvrier" des téléviseurs, stockés comme un trésor de guerre dans un entrepôt. L’intervention de la direction a - provisoirement ? - mis fin à l’initiative.

Une utopie a duré dix jours à Dreux. Dix jours pendant lesquels l’usine Philips, où l’on assemble des téléviseurs à écran plat, a fonctionné sous "contrôle ouvrier". L’usine doit fermer en février, et la production, déjà asséchée par les plans sociaux successifs, doit être transférée en Hongrie.

Dans un bassin d’emploi bien amoché par le déclin des industries automobiles, les 212 salariés - beaucoup de femmes, beaucoup d’anciens - n’ont rien à espérer du chômage. En attendant leur lettre de licenciement, ils travaillent au ralenti et protestent de temps en temps. Jusqu’au 5 janvier où ils décident de prendre les choses en main pour de bon.

Pour prouver à Philips que l’usine peut rester là et nourrir son homme, ouvriers et cadres votent le contrôle ouvrier de la production. 147 personnes favorables, contre une multinationale hollandaise (26,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires 2008).

Se réapproprier l’outil de travail, ça sonne bien mais ça veut dire quoi ? Sans l’accord de la direction, le service des achats commande les pièces nécessaires pour 5000 télés, de quoi tenir un mois à plein régime. Seulement pas question d’expédier les télés chez les revendeurs. Le but est de mettre la pression sur le groupe. Un entrepôt vide est réquisitionné pour le stockage et les télés deviennent une monnaie d’échange.

"On ne voulait pas être vus comme des voyous"

A la manoeuvre, Manu Georget, délégué syndical CGT. Le genre "vrai mec", balèze, râleur. Tellement râleur qu’il est "CGT-dissident", exclu depuis 2000, en même temps que militant NPA. L’autogestion, ça le travaillait depuis quelque temps.

"Des salariés ont proposé de poser des bouteilles de gaz ou de séquestrer le patron. Ils répétaient ce qu’ils avaient vu à la télé, les Contis, les New Fabris. Sauf qu’on ne voulait pas être vus comme des voyous mais préserver nos emplois", explique-t-il. Et attirer les journalistes, lassés de la grève classique et de son éternel barbecue merguez-pneu.

Il faut dire que l’initiative a une tonalité légendaire. La référence en la matière, c’était les Lip en 1973. "On fabrique, on vend, on se paie", leur devise, a largement inspiré le mouvement. Sauf que les Philips ne vendent pas, ils confisquent.

"Si la production sort du site, on ne la contrôle plus", rigole Manu Georget. "C’est la seule solution mais ça ne peut pas durer longtemps", soupire André, salarié depuis 36 ans. Effectivement. Au bout d’une semaine, des caristes reçoivent l’ordre de sortir les 1000 télés stockées par le personnel, pour les remettre dans le circuit, sous peine de licenciement. Ils s’exécutent.

La désunion syndicale éclate, entre une CGT à fond dans l’aventure du contrôle ouvrier, et FO qui préfère rester tranquille en attendant que la contestation juridique du plan social porte ses fruits.

Attendre ou poursuivre ?

Deux écoles, un désaccord majeur, des salariés hésitants. FO, forte du soutien qu’a promis le préfet, préfère en rester là sur une initiative qu’elle juge dérisoire. La CGT, soutenue par la branche métallo, le NPA et le Parti de gauche, espère faire tenir le rêve un peu plus longtemps.

Au point que l’usine Philips devient une petite école autogestionnaire : ces derniers jours, malgré l’échec de l’opération, quelques militants (autonomes, Sud-Etudiants, NPA) sont venus voir à quoi ressemble le contrôle ouvrier en vrai. Ils apportent des fanzines, des DVD relatant des des expériences similaires poussées à leur terme en Argentine, des propositions de soutien logistique.

L’une des solutions de sauvetage serait la reprise de l’usine par les salariés, pour en faire un site de recyclage de l’électro-ménager Philips, par exemple. A force de réfléchir au partage des bénéfices, en zappant les actionnaires de la redistribution, certains aimeraient créer une société coopérative de production (SCOP) et ancrer le projet dans la légalité. Pas certain que l’ébullition débouche sur du concret, mais à coup sûr il se passe quelque chose.
Camille polloni
Par:les inrock

Des élèves du Lycée autogéré de Paris en visite à l’usine Philips

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-le-syndicat-cgt-philips-egp-dreux-montre-l-exemple--43679878.html


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