Liège : quatre licenciés de « Truck Technic » s’associent dans une coopérative

dimanche 28 janvier 2018
par  onvaulxmieuxqueca
popularité : 10%

Source : Le Soir (Be )

Liège : quatre licenciés de « Truck Technic » s’associent dans une coopérative

Mis en ligne le 23/12/2017 à 15:36
Par Philippe Bodeux

En juin 2016, la multinationale Meritor ferme Truck Technic aux Hauts-Sarts. Soixante travailleurs se retrouvent à la porte. L’activité va redémarrer, portée par d’anciens travailleurs.

Ces quatre anciens travailleurs de chez Truck Technic se lancent dans une aventure qui pourrait bien faire école. Au lendemain de la fermeture de leur usine – soixante travailleurs ont été mis sur le carreau- ils ont décidé de sauver le savoir-faire acquis en 20 ans d’activités, comme on préserve un levain.

Leur spécialité ?

Le reconditionnement de différentiels pour poids-lourds, des pièces qui avoisinent les 200 kilos et qui sont constituées d’engrenages et d’autres pièces mécaniques. Avec les camarades de l’usine, ils ont occupé l’usine durant 50 jours fin 2016-début 2017 pour obtenir de la multinationale Meritor une augmentation des indemnités de préavis, non sans défendre préalablement le maintien de l’outil.

« L’activité était rentable mais pas assez aux yeux de Meritor qui a préféré délocaliser l’activité en Tchéquie », explique Billy Gomez, délégué principal à l’époque.

« Nous avons défendu des alternatives à la fermeture car on sait qu’il y a toujours un marché pour ce type de pièces d’autant plus que le nombre de poids-lourds ne fait qu’augmenter ».

Avec l’aide de l’ASBL « Propage-s », les quatre travailleurs se mettent alors en tête de créer une coopérative de travailleurs associés où chacun a son mot à dire dans la gestion de l’entreprise et où les bénéfices ne filent pas tout droit dans la poche des actionnaires. En moins d’un an, forts de leurs connaissances du marché, ils lancent une coopérative baptisée « Difrenotech ». Ils espèrent gagner rapidement leur croûte avant d’associer, par la suite, une quinzaine de travailleurs si les perspectives de croissance du plan d’affaires ne se démentent pas.

« Démarrer l’activité »

« Le plus difficile va être de démarrer l’activité et de vérifier que l’on arrive à fidéliser des clients », explique Billy Gomez, au milieu de l’entrepôt vide. « Nous devons encore amener les machines dont certaines ont été rachetées d’occasion et aussi constituer un stock de différentiels à reconditionner ». Ils peuvent compter sur le soutien de l’entreprise « Actzon », spécialisée dans les valves et soupapes, qui les héberge.

« L’élément capital dans la création du projet est la bonne connaissance de l’outil et du marché », explique François Moens, responsable de l’ASBL Propage-s qui a aidé les travailleurs à monter le dossier.

« Quand des travailleurs s’organisent face aux décisions injustes d’une multinationale qui estime ne pas avoir assez de dividendes, ils arrivent à réaliser des choses qui paraissent a priori impossibles », ajoute Antoine Fanara, permanent FGTB.

Ce vendredi, dans l’entrepôt vide de Milmort, l’ancien ministre de l’Économie Jean-Claude Marcourt, initiateur du dispositif de la Sowecsom, a salué l’initiative, évoquant une « lutte contre la maximalisation du profit ».

Discrètement, une représentante du nouveau ministre Jeholet prenait des notes, assurant que le ministre libéral comptait poursuivre et amplifier le soutien public à la création de sociétés coopératives.

Si les quatre associés de départ parviennent à développer l’activité et engager d’anciens de « Truck Technic », ce dispositif pourrait donner des idées à d’autres travailleurs qui désirent sauvegarder leur savoir-faire.

CTA ou Coopérative de travailleurs associés

Il existe déjà des coopératives de travailleurs associés en Wallonie mais c’est la première fois qu’une société de ce type est créée à partir du savoir-faire de travailleurs licenciés dans le cadre d’une fermeture.

D’un capital fixe de 57.000 euros et variable de 170.000 euros, Difrenotech est aux mains des quatre associés qui ont chacun apporté environ 13.000 euros en ayant recours au micro-crédit.

Une levée de fonds a lieu pour ouvrir le capital à des investisseurs privés tandis que la Sowecsom – société wallonne d’économie sociale marchande- a doublé la mise des apports privés.

Au fur et à mesure que Difrenorech engagera des travailleurs, elle leur proposera d’être associés, développant ainsi une organisation horizontale où chacun a voix au chapitre.


Commentaires

Agenda

 

2018

 

<<

Août

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois