Alexandre Benalla, collaborateur de l’Élysée… Violences. Le retour des « barbouzes » de l’exécutif

vendredi 20 juillet 2018
par  onvaulxmieuxqueca
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Violences. Le retour des « barbouzes » de l’exécutif

Source : L’Humanité
Vendredi, 20 Juillet, 2018
Grégory Marin, avec Olivier Morin et Lola Ruscio

Alexandre Benalla, collaborateur de l’Élysée, a fait le coup de poing dans la manif du 1er Mai sans être sérieusement sanctionné. Une illustration du clanisme qui règne au cœur du pouvoir.

« Je n’ai aucune indulgence pour la grande violence ou les tenants du désordre. » C’est ainsi qu’Emmanuel Macron commentait, depuis Sydney en Australie, les heurts du 1er Mai, préjudiciables avant tout à l’image du mouvement social. Mais le président de la République ne s’est toujours pas exprimé sur cette « grande violence » qu’a commise, le même jour, un adjoint au chef de son propre cabinet ! Sur une vidéo tournée par un manifestant place de la Contrescarpe, dans le Quartier latin, et mise en ligne par le Monde, on voit ce collaborateur, Alexandre Benalla, étrangler et violemment frapper un jeune homme au sol. Il s’avère que Benalla, alors chargé d’organiser « la sécurité des déplacements du président », avait « demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er Mai », précisait hier le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, autorisation qui lui avait été donnée car « il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ». Or on l’a vu, portant un brassard de la police, casqué comme les CRS qu’il accompagnait, une radio Acropol du même modèle qu’eux à la ceinture, intervenir à plusieurs reprises.
il y a « usurpation de fonction » selon l’article 433-13
Hier matin, la ministre de la Justice estimait, devant l’Assemblée nationale, que « les agressions (...) témoignent de gestes absolument inadaptés ». D’autant, jugeait Nicole Belloubet, que Benalla « avait usurpé (...) une identification qui l’assimilait aux forces de police et tel n’était pas le cas ». En effet, outre les « violences par personne chargée d’une mission de service public », sanctionnées par l’article 222-13 du Code pénal de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende, il y a « usurpation de fonction », délit condamné (article 433-13) d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le parquet de Paris a annoncé hier l’ouverture d’une enquête préliminaire sur ces deux délits, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Quant aux policiers présents, qui en vertu de l’article 40 du Code pénal auraient dû empêcher toute violence, ils sont visés par une enquête de l’Inspection générale de la police, décidée hier.

Des actes judiciaires à mettre au crédit de la presse, car, à tous les étages du pouvoir, on a couvert le collaborateur. Alexandre Benalla a bien été « mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire », soulignait hier le porte-parole de l’Élysée, et « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président » pour « punir un comportement inacceptable ». Mais ce « dernier avertissement avant licenciement » n’a eu que peu d’impact : on a pu voir le collaborateur assurer la sécurité, à la cérémonie du Panthéon pour Simone Veil, début juillet, ou autour du bus des champions du monde de football, cette semaine. En matière de sanction, on fait pire…

Benalla n’est pas ce qu’on appelle un perdreau de l’année.

Militant du Parti socialiste, il assurait, lors de la primaire du parti, en 2011, la sécurité de Martine Aubry. Il entre au service d’ordre de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, avant de devenir chauffeur d’Arnaud Montebourg… une semaine seulement : selon l’ancien ministre du Redressement productif, Benalla, après avoir été impliqué dans un accident de la circulation, aurait voulu prendre la fuite, provoquant la colère de son patron. Viré ! Mais le pouvoir ne le lâche pas puisque, selon le Monde, il intègre en 2015, sur arrêté du premier ministre Manuel Valls, la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice. Pour mieux revenir en 2016, comme responsable de la sécurité du candidat d’En marche ! (lire encadré).

Il se « distinguera » plusieurs fois. En novembre 2016, Emmanuel Macron officialise sa candidature au campus des métiers de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Grégoire (1), alors militant des Jeunes communistes, assure avoir été violemment poussé vers la sortie et frappé par Alexandre Benalla et la sécurité (la vidéo est visible sur la page Facebook des Jeunes communistes de Bobigny-Drancy). « On était quatre ou cinq militants à avoir réussi à rentrer à l’intérieur, témoigne-t-il à l’Humanité. Ils sont venus directement me voir, Benalla m’a dit de dégager et m’a agrippé pour me faire sortir. » Une fois dans le couloir, poursuit-il, « j’ai essayé de me débattre pour qu’ils arrêtent de me tenir et ils m’ont mis deux coups au visage, et Benalla m’a mis une béquille. » Rebelote en mars 2017. Au meeting du candidat Macron à Caen, Benalla empoigne un photographe qui s’était approché un peu trop près du fondateur d’En marche !, relate le Monde, et le soulève du sol…

« à l’Élysée, on se croit au-dessus de tout »

Plus que sa personnalité, c’est « l’impunité » dont a bénéficié Benalla qui fait réagir l’opposition. Le président des « Républicains », Laurent Wauquiez, se demandait hier sur Europe 1 si « à l’Élysée, on se croit au-dessus de tout », supposant qu’il y a eu « des manœuvres pour tenter d’étouffer l’affaire ». Le député PCF Sébastien Jumel pointe « l’absence de réaction appropriée au sommet de l’État », sans compter que « le chef de cabinet du président de la République n’a pas jugé utile d’en informer le procureur de la République, en contradiction avec ses obligations ».

Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) va plus loin, demandant des démissions : « L’autorité de l’État a été engagée d’une manière tellement ample et tellement forte que la sanction doit être exemplaire. » Encore faut-il dégager les responsabilités, estime sur Twitter le député PCF Stéphane Peu, espérant que « François de Rugy et la majorité accepteront (sa) proposition de commission d’enquête ». Éliane Assassi, au nom du Groupe communiste du Sénat, a demandé au président de la commission des Lois, Philippe Bas, d’auditionner de toute urgence le ministre de l’Intérieur, ainsi que la garde des Sceaux et le premier ministre, « pour faire la lumière sur cette affaire » : « L’intervention des barbouzes du nouveau monde dans les mouvements sociaux » ne saurait, selon elle, être tolérée.

(1) Le prénom du militant, qui souhaite conserver l’anonymat, a été modifié.
Pendant la campagne présidentielle, les curieuses dérives sécuritaires des chefs du service d’ordre d’en marche !

C’est un épisode de la campagne présidentielle révélateur de l’état d’esprit d’Alexandre Benalla et de ses proches que révèle la lecture attentive des Macronleaks, ces échanges de courriels internes à En marche ! authentifiés par Wikileaks. En mars 2017, une société de matériel de sécurité demande confirmation à la direction du mouvement d’une commande passée par Vincent Crase, le gendarme réserviste que l’on voit aux côtés de Benalla dans les vidéos du 1er mai.

Alors « prestataire » pour En marche !, il souhaitait – démarche validée par Ludovic Chaker, directeur des opérations, et Alexandre Benalla, chef de la sécurité – obtenir deux pistolets Gomm Cogne avec leurs munitions et deux holsters, des boucliers, un Flash-Ball, un équipement en kevlar… Le directeur de campagne d’Emmanuel Macron, Jean-Marie Girier – devenu directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, et étrangement muet depuis l’explosion de l’affaire –, avait tranché : « Hors de question ! »

Le trésorier de campagne, Cédric O, lui, s’interrogeait : « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés. Je trouve même ça dangereux… » La commande est annulée. Mais, même après que le directeur financier de la campagne, Raphaël Coulhon, a signalé que Benalla « a un port d’arme, c’est sûrement aussi le cas de Christian Guedon (autre membre de l’équipe de campagne), et peut-être Vincent Crase », et qu’il « ne (savait) pas s’ils sont armés au QG », personne ne les a écartés du service d’ordre.

Grégory Marin, avec Olivier Morin et Lola Ruscio


Médiapart

Affaire Benalla : Macron sommé de s’expliquer

Les zones grises du faux policier de l’Elysée

19 juillet 2018 Par Karl Laske et Michaël Hajdenberg
Médiapart
Les violences commises par Alexandre Benalla posent la question de la responsabilité de l’Élysée qui a dissimulé au parquet les faits survenus le 1er mai. Ces protections posent aussi la question du statut de ce collaborateur.
L’enquête est donc ouverte sur les faux policiers et vrais collaborateurs d’Emmanuel Macron. Après la révélation par Le Monde de l’identité d’un des deux hommes qui ont agressé des manifestants, le 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris, Alexandre Benalla, alors adjoint au chef de cabinet du président de la République, le parquet de Paris a chargé la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) d’une enquête pour « violences par personne chargée d’une mission de service public »,


L’affaire Benalla sème la panique à l’Elysée

19 juillet 2018 Par Ellen Salvi
L’Élysée a reconnu que le « Monsieur sécurité » d’Emmanuel Macron avait bien frappé un jeune manifestant le 1er mai, mais refuse de s’en séparer. En déplacement en Dordogne, le président fait l’autruche.
C’est l’affolement général. Depuis que Le Monde a révélé, dans la soirée du mercredi 18 juillet, qu’un collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, avait frappé le 1er mai un jeune manifestant place de la Contrescarpe, à Paris, un casque de policier sur la tête, l’Élysée tente vainement d’éteindre un incendie déjà trop propagé. Dans les heures qui ont suivi, plusieurs vidéos et photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On y voit le « Monsieur sécurité » du chef de l’État aux côtés des forces de l’ordre pendant toute la manifestation, un brassard « Police » autour du bras.


Affaire Benalla : l’opposition obtient une commission d’enquête

19 juillet 2018 Par Pauline Graulle
Après une séance chaotique à l’Assemblée nationale, les groupes d’opposition, de droite comme de gauche, ont obtenu que la commission des lois se transforme en commission d’enquête sur l’affaire Benalla.
Aussitôt révélée, l’affaire Benalla a déclenché une tempête de réactions politiques. La séance à l’Assemblée nationale a même été le théâtre d’une véritable fronde des députés de l’opposition, bien décidés à mettre la pression sur le président François de Rugy pour que la lumière soit faite sur cette affaire. Plusieurs groupes demandent une commission d’enquête parlementaire.


Source Le monde

Enquête, profil du suspect, réactions politiques… ce que l’on sait de l’affaire Benalla Un collaborateur de l’Elysée a été identifié par « Le Monde » en train de molester un jeune homme en marge des cortèges du 1er-Mai. Le point sur cette affaire qui embarrasse l’Elysée et enflamme l’opposition.

LE MONDE | 19.07.2018 à 18h23 • Mis à jour le 20.07.2018 à 07h01

L’« affaire Benalla », révélée mercredi 18 juillet par Le Monde, a eu depuis de nombreuses répercussions politiques et judiciaires. La présidence peinait jeudi 19 juillet à couper court à la bronca suscitée par une vidéo montrant Alexandre Benalla, un collaborateur d’Emmanuel Macron, frappant un manifestant le 1er-Mai. Une enquête préliminaire pour violences et usurpation de fonction a été ouverte et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.

• Que s’est-il passé le 1er-Mai ?

En marge des cortèges du 1er-Mai, une centaine de personnes s’étaient rassemblées pour manifester place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. Ce rassemblement faisait suite à un appel lancé sur Facebook par un comité d’action interlycéen, relayé ensuite par le syndicat étudiant UNEF et par le parti La France insoumise (LFI).

Relire : le suivi en direct de la journée, au lendemain des révélations du « Monde »
Au final, une centaine de militants avaient répondu présent. Sur place, la situation avait dégénéré, et une vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, montrait un homme portant un casque tirer par le cou une jeune fille aux cheveux châtains, puis revenir s’en prendre violemment à un jeune homme, déjà à terre, entouré par des CRS. On entend alors le jeune homme le supplier de se calmer : « Je vais vous expliquer ! », lui crie-t-il. En vain. L’homme casqué, visiblement hors de lui, le traîne au sol, le saisit violemment au cou par-derrière, puis le frappe à plusieurs reprises.
Lire aussi : « Le Monde » identifie, sur une vidéo, un collaborateur de Macron frappant un manifestant, le 1er mai, à Paris

Une seconde vidéo, diffusée jeudi soir sur Twitter, révèle le contrechamp des images initiales. On y voit M. Benalla faire reculer une jeune manifestante jusqu’à un mur avant d’essayer de la faire tomber, puis de la contraindre à s’asseoir. Il reste ensuite quelques secondes avec elle avant de repartir en direction du premier manifestant.

• Qui est Alexandre Benalla, identifié comme l’auteur de ces violences ?

Alexandre Benalla, 26 ans, que Le Monde a identifié comme étant l’auteur de ces violences, est un homme que M. Macron connaît bien, puisqu’il a participé, comme responsable de la sécurité, à sa campagne présidentielle. M. Benalla a par la suite été recruté à l’Elysée en tant que chargé de mission, adjoint au chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch.

Son nom apparaît à plusieurs reprises dans les « MacronLeaks », les courriels et les documents internes d’En marche ! dérobés par des hackeurs anonymes et postés sur WikiLeaks à l’été 2017. Il est notamment suspecté d’avoir fait établir pour son équipe un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, un Flash-Ball et des boucliers antiémeute. Il a obtenu à la demande de l’Elysée et dans le cadre de ses fonctions un permis de port d’armes délivré en octobre 2017 par la préfecture de police de Paris.

M. Benalla a également été le collaborateur parlementaire associé de Pascale Boistard en 2012, quand elle était députée – il n’était pas rémunéré, mais bénéficiait de certains accès au Palais-Bourbon. Avant cela, M. Benalla avait aussi assuré la sécurité de Martine Aubry durant la campagne de la primaire du Parti socialiste en 2011.

« Alexandre Benalla est très connu dans le milieu policier », a déclaré, jeudi à franceinfo, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). Il est « régulièrement sur les dispositifs opérationnels, il pilote différentes choses, sans qu’on sache qui l’a mandaté pour ça », selon le syndicaliste, qui explique que les policiers avaient « face à eux quelqu’un qui représente, même si c’est de façon indue, une forme d’autorité qui est supérieure à la leur ».

Un photographe de l’Agence France-Presse (AFP) et la chaîne Public Sénat ont également témoigné, jeudi, d’un comportement « désagréable », voire « musclé » d’Alexandre Benalla quand il était chargé de la sécurité de la campagne de Macron. « C’était un personnage extrêmement désagréable. (…) Il ne se présentait pas, il jouait les gros bras. Il ne fallait pas bouger », rapporte le photographe de l’AFP Eric Feferberg.

Lire le portrait d’Alexandre Benalla, ce proche de M. Macron, auteur de violences le 1er mai
• Qui est le second homme suspecté d’avoir participé aux violences ?

Alexandre Benalla n’était pas le seul « collaborateur » de l’Elysée à être présent lors de la manifestation du 1er-Mai. Il était ce jour-là accompagné d’une connaissance, Vincent Crase, que l’on voit également sur la vidéo. Il s’agit d’un gendarme réserviste par ailleurs employé de La République en marche. Cet officier basé dans l’Eure et reconverti dans la sécurité privée serait, selon les « MacronLeaks », l’un des prestataires du service de sécurité de la campagne présidentielle.
Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, a précisé lors d’un point presse que M. Crase était « très ponctuellement mobilisé, comme d’autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République ».

• Quelles sanctions ont été prises contre eux ?

Peu après les faits, M. Benalla a reçu une lettre du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, lui faisant savoir qu’il était mis à pied temporairement, quinze jours, du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire. Depuis son retour, il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président.

Comprendre pourquoi l’Elysée est mis en cause pour ne pas avoir saisi la justice
Selon l’Elysée, M. Benalla reste toutefois chargé de mission auprès du président de la République, quoique désormais affecté à un poste administratif, où il s’occupe de la sécurité d’événements organisés « à l’intérieur du palais », comme des rencontres avec des entreprises. Il était également présent lors de la célébration de la victoire des Bleus au Mondial, lundi sur les Champs-Elysées, pour le 14-Juillet, à Paris, place de la Concorde ou encore lors de l’entrée au Panthéon de Simone Veil – trois manifestations qui se tenaient pourtant à distance du palais présidentiel.

Lire : l’Elysée annonce avoir « mis fin à toute collaboration » avec un gendarme réserviste

M. Crase a eu la même sanction : une mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire. Le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, a ajouté qu’il avait été « mis fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République ». Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, a précisé de son côté que M. Crase était toujours salarié de LRM et que « la condamnation morale ne suffit pas pour justifier un licenciement », faute « de cause réelle et sérieuse liée à son activité professionnelle », comme le prévoit le code du travail.

Lire aussi : Les députés macronistes « abasourdis » par l’affaire Benalla
• Où en est l’enquête ?
Le parquet de Paris a ouvert, jeudi, une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique ». Elle a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne.

Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, a annoncé dans l’après-midi avoir saisi l’inspection générale de la police nationale, afin de « déterminer dans quelles conditions » Alexandre Benalla et Vincent Crase ont pu assister aux manifestations du 1er-Mai aux côtés des forces de l’ordre.

Selon le porte-parole de l’Elysée, M. Benalla avait « demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er-Mai », autorisation qui lui avait été donnée, car « il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ».

« Il est clair qu’il a outrepassé le statut d’observateur », a déclaré le premier ministre, Edouard Philippe, lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat.

Lire aussi : Le parquet ouvre une enquête visant un collaborateur de Macron
• Comment réagit l’exécutif après nos révélations ?
Emmanuel Macron, en déplacement en Dordogne, a refusé de répondre aux questions. Interpellé par un journaliste lui demandant si la République était « entachée » par cette affaire, il a laconiquement répondu : « Non, non, la République elle est inaltérable ! » C’est le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, qui est monté au créneau : Alexandre Benalla a rapidement reçu « la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Elysée », a-t-il fait valoir.

Lors des questions au gouvernement au Sénat, le premier ministre, Edouard Philippe, interpellé par la présidente du groupe communiste au Sénat, Eliane Assassi, a rappelé que l’affaire était « désormais aux mains de la justice et c’est très bien ainsi ».

Lire aussi : Affaire Benalla : l’exécutif à la peine

• Qu’en disent les élus ?

A gauche comme à droite, des voix se sont élevées pour critiquer la réaction trop clémente de l’Elysée à l’égard du conseiller d’Emmanuel Macron. La droite, La France insoumise et le Parti socialiste se sont étonnés que les membres du cabinet de l’Elysée, ayant eu connaissance des actes de violence commis par M. Benalla, n’aient pas informé le parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui prévoit que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ». Les élus de la République en marche étaient quant à eux totalement « abasourdis » par ces révélations.

Dans la soirée de jeudi, la commission des lois de l’Assemblée a procédé à un vote pour se doter des prérogatives d’une commission d’enquête, comme le réclamait plusieurs élus d’opposition. Pendant un mois, les commissaires procéderont à des auditions, que la présidente Yaël Braun-Pivet ne souhaite pas systématiquement publiques, pour faire la lumière sur « les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 ».

Le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, qui a réclamé qu’un juge d’instruction soit saisi, car tous les « éléments sont là qui permettent d’identifier un délit », a également fait savoir dans la soirée que son groupe allait « proposer une motion de censure du gouvernement ».


Lire également

Affaire Benalla : « Ce ne sont pas des barbouzes qui doivent assurer la sécurité de l’Elysée »

Anthony Caillé (CGT police) :« L’affaire Benalla porte atteinte aux valeurs de la République »

http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article4015


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