Algérie : Les gendarmes entre perquisitions et interpellations : Les frères Bouteflika assignés à résidence

vendredi 5 avril 2019
par  onvaulxmieuxqueca
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Source El Watan.com

Les gendarmes entre perquisitions et interpellations : Les frères Bouteflika assignés à résidence

Salima Tlemcani
04 avril 2019 à 10 h 15 min

Hier, trois de ses employés, son chauffeur et deux magasiniers, qui devaient récupérer des équipements de sa chaîne TV des bureaux de ce qui devait être la télévision de la continuité, dédiée au 5e mandat, ont été interpellés et entendus durant des heures, avant qu’ils ne soient relâchés en fin de journée.

Au même moment, le richissime homme d’affaires, Réda Kouninef, proche du cercle présidentiel, s’est vu renvoyé de l’aéroport d’Alger, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays, et son passeport a été confisqué.

Lui-même et deux de ses frères, Noah Tarek et Abdelkader Karim, font l’objet, depuis le 31 mars dernier, d’une ISTN, et devaient remettre leurs passeports au greffe du tribunal de Sidi M’hamed, près la cour d’Alger.

Dans la même matinée, les bureaux de l’homme que l’on présentait comme « l’ombre » de Saïd Bouteflika, situés à Hydra, sur les hauteurs d’Alger, ont été visités par des éléments de la Gendarmerie nationale, alors que trois des membres de la famille Kouninef, Elya Ali, Nael Noa et Yonalin, avaient quitté le pays à destination de Nice, dimanche dernier.

Visiblement, l’enquête de la gendarmerie ne vise pas uniquement les douze personnalités concernées par les ISTN, mais également près d’une centaine d’autres.

Il s’agirait, selon nos sources, d’importateurs, hommes d’affaires mais également des personnalités politiques, à savoir d’anciens ministres et des élus impliqués dont les noms auraient été cités dans des affaires de corruption, de détournement et de fuite de capitaux.

Les premières mesures conservatoires prises par le parquet d’Alger ont visé le premier cercle, des personnes gravitant autour de la Présidence, avant d’être élargies à d’autres dont les noms ne sont pas encore connus.

Si, en général, cette mesure a une durée de trois mois renouvelable une seule fois, en ce qui concerne les délits de corruption, elle peut l’être autant de temps que le demande l’enquête. Pour l’instant, seul Mahieddine Tahkout, interdit de quitter le territoire national, tout comme son fils Bilel et son frère Nacer, a réagi, par le biais de son avocat Me Maouchi.

Dans une déclaration, il a affirmé que le patron du groupe Cima Motors « a, dès la décision du parquet d’Alger, remis son passeport à l’autorité judiciaire et n’a à aucun moment été arrêté ou interpellé à l’aéroport. Nous sommes confiants, parce que tous les biens de notre mandant se trouvent en Algérie et tous ses investissements ont été effectués sur ses fonds propres ».

En tout état de cause, ces enquêtes font partie des revendications populaires faites lors des six imposantes marches citoyennes. Au cours de ces manifestations, les jeunes ont même réclamé des tribunaux populaires pour juger ceux qui incarnent la corruption et la rapine.

Reste cependant à espérer que ces enquêtes soient faites dans le cadre de la loi, loin de tout règlement de comptes, avec comme principe immuable, le respect de la préemption d’innocence.


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