Source : La Marseillaise Marseille : Elior débouté, ses femmes de chambres en grève tenues de se taire

mercredi 1er mai 2019
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : La Marseillaise
Source : La Marseillaise

Marseille : Elior débouté, ses femmes de chambres en grève tenues de se taire

• Écrit par Christophe Casanova
• mercredi 1 mai 2019 16:31

Le climat s’est alourdi depuis samedi devant l’hôtel où les salariées d’Elior tiennent leur piquet de grève. Photo archive Ch. C.

Entre deux passages de la Bac, les femmes de chambres en grève de l’hôtel NH Collection, n’ont pas pu savourer leur victoire judiciaire sur leur employeur.

Malgré une décision de justice favorable, ce lundi, la pression se maintient sur les femmes de chambre d’Elior, employées à l’hôtel NH Collection, en grève depuis 19 jours. Le groupe Elior met le paquet pour les faire céder.

Première étape la semaine passée avec le référé au tribunal de grande instance demandant l’expulsion des grévistes qui tiennent depuis le 11 avril, un bruyant piquet de grève devant l’hôtel.

Le verdict est tombé lundi matin : Elior a été débouté, son principal argument ayant été vite balayé.

« Le juge a constaté qu’il n’était pas établi que les salariés grévistes empêchaient les autres de travailler puisque la société, elle-même, a produit des attestations de salariés disant qu’il était compliqué de travailler dans ces conditions, que les conditions de travail étaient difficiles. Des salariés qui travaillent donc… » explique Clémence Lachkar, avocate des femmes de chambre, soutenues par la CNT-SO.

Le juge, qui rejette aussi la demande de prise en charge des frais d’avocats d’Elior par salariés, prend toutefois « des précautions inutiles » note Me Lachkar : « Il rappelle qu’il ne faut pas bloquer les accès à l’hôtel des biens, services et personnes, sous peine d’astreinte de 100 euros par infraction constatée. C’est sévère puisque les grévistes n’empêchent rien ».

« C’est flippant »

Malgré ce verdict globalement favorable et la possibilité de poursuivre le mouvement, Lara Schäfer, juriste à la CNT-SO, ne cache pas que les intimidations commencent à peser sur le moral des grévistes.

Car le conflit se déporte désormais sur le « trouble sonore » orchestré lors du piquet de grève.

Sur cette question, dans sa décision rendue lundi 22, le juge a renvoyé la balle dans le camp de la police.

Ça tombe bien, samedi la force publique a débarqué. « Ils nous ont dit qu’ils avaient reçu des instructions haut placées pour nous verbaliser si on continuait » précise Lara. Dans l’attente de la décision du TGI, le piquet de grève avait été levé.

Rebelotte lundi matin.

Avec cette fois la visite de la Bac et des intimidations plus précises.

« Ils font des pieds et des mains pour nous faire plier, c’est que quelque part on les dérange. Mais il faut reconnaître que c’est flippant », reprend Lara Schäfer.

« Ils nous ont dit : "si on veut vous faire tomber, on vous fera tomber" : s’il n’y a pas tapage mais qu’on dit qu’il y a tapage, il y aura tapage. Si on dit qu’il y a obstruction de la voie publique, il y aura obstruction ».

Bref, des méthodes d’un autre monde dont témoigne cette passante « balayée à terre » pour avoir photographié la façade de l’hôtel : « Je ne veux pas me voir sur les réseaux m’a dit la cheffe, en m’ordonnant de l’effacer de mon téléphone… »

Quelques instants après des CRS se postaient à l’entrée de l’hôtel…

Un bel exemple, sans doute, du dialogue social prôné par les ordonnances Macron.
Ch. C.

• Écrit par Christophe Casanova
• mercredi 1 mai 2019 16:31
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Le climat s’est alourdi depuis samedi devant l’hôtel où les salariées d’Elior tiennent leur piquet de grève. Photo archive Ch. C.
Entre deux passages de la Bac, les femmes de chambres en grève de l’hôtel NH Collection, n’ont pas pu savourer leur victoire judiciaire sur leur employeur. Malgré une décision de justice favorable, ce lundi, la pression se maintient sur les femmes de chambre d’Elior, employées à l’hôtel NH Collection, en grève depuis 19 jours. Le groupe Elior met le paquet pour les faire céder.
Première étape la semaine passée avec le référé au tribunal de grande instance demandant l’expulsion des grévistes qui tiennent depuis le 11 avril, un bruyant piquet de grève devant l’hôtel. Le verdict est tombé lundi matin : Elior a été débouté, son principal argument ayant été vite balayé.
« Le juge a constaté qu’il n’était pas établi que les salariés grévistes empêchaient les autres de travailler puisque la société, elle-même, a produit des attestations de salariés disant qu’il était compliqué de travailler dans ces conditions, que les conditions de travail étaient difficiles. Des salariés qui travaillent donc… » explique Clémence Lachkar, avocate des femmes de chambre, soutenues par la CNT-SO.
Le juge, qui rejette aussi la demande de prise en charge des frais d’avocats d’Elior par salariés, prend toutefois « des précautions inutiles » note Me Lachkar : « Il rappelle qu’il ne faut pas bloquer les accès à l’hôtel des biens, services et personnes, sous peine d’astreinte de 100 euros par infraction constatée. C’est sévère puisque les grévistes n’empêchent rien ».
« C’est flippant »
Malgré ce verdict globalement favorable et la possibilité de poursuivre le mouvement, Lara Schäfer, juriste à la CNT-SO, ne cache pas que les intimidations commencent à peser sur le moral des grévistes.
Car le conflit se déporte désormais sur le « trouble sonore » orchestré lors du piquet de grève. Sur cette question, dans sa décision rendue lundi 22, le juge a renvoyé la balle dans le camp de la police. Ça tombe bien, samedi la force publique a débarqué. « Ils nous ont dit qu’ils avaient reçu des instructions haut placées pour nous verbaliser si on continuait » précise Lara. Dans l’attente de la décision du TGI, le piquet de grève avait été levé.
Rebelotte lundi matin. Avec cette fois la visite de la Bac et des intimidations plus précises. « Ils font des pieds et des mains pour nous faire plier, c’est que quelque part on les dérange. Mais il faut reconnaître que c’est flippant », reprend Lara Schäfer. « Ils nous ont dit : "si on veut vous faire tomber, on vous fera tomber" : s’il n’y a pas tapage mais qu’on dit qu’il y a tapage, il y aura tapage. Si on dit qu’il y a obstruction de la voie publique, il y aura obstruction ».
Bref, des méthodes d’un autre monde dont témoigne cette passante « balayée à terre » pour avoir photographié la façade de l’hôtel : « Je ne veux pas me voir sur les réseaux m’a dit la cheffe, en m’ordonnant de l’effacer de mon téléphone… »
Quelques instants après des CRS se postaient à l’entrée de l’hôtel… Un bel exemple, sans doute, du dialogue social prôné par les ordonnances Macron.
Ch. C.


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