ALGERIE : Le mouvement des étudiants s’amplifie et se radicalise.

jeudi 3 mars 2011
par  onvaulxmieuxqueca
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LIBERTE

La filière pharmacie gagnée par la contestation Le mouvement des étudiants s’amplifie

Par : Malika Ben

La grève ne cesse de se propager dans le milieu estudiantin. Grandes écoles, université, facultés, écoles préparatoires… la tension va crescendo dans tous les établissements relevant du ministère de l’Enseignement supérieur.

Le département de pharmacie de l’université d’Alger n’a pas été épargné par la contestation. Une grève nationale illimitée a été déclenchée, lundi, par les étudiants de ce département qui, après l’échec de leur réunion avec les responsables du département, ont tenu hier un sit-in devant la tutelle. “Nous avons décidé, après consultation entre les étudiants, de faire entendre, à notre tour, notre voix et défendre nos droits par un débrayage national illimité”, nous dit le délégué des étudiants en pharmacie. Et de tenir à préciser : “les départements de pharmacie des grandes wilayas, à savoir Oran, Constantine, Tizi Ouzou… sont également en grève. Nous avons élaboré une plate-forme de revendications commune.

Et nous nous consultons pour bien organiser et encadrer notre mouvement.” Les revendications pédagogiques des futurs pharmaciens ne diffèrent pas trop de celles des étudiants des grandes écoles, toujours en grève, d’ailleurs. Tel un leitmotiv, le fameux statut de leur diplôme revient au-devant de la protestation. Dans leur plate-forme commune, les délégués des étudiants des différents départements en grève notent que le statut et la classification des diplômés en pharmacie sont les deux principales revendications sur lesquelles ils ne sont pas près de céder d’un iota. “Pour ce qui est du statut, nous demandons l’abrogation des dispositions relatives au corps des pharmaciens du décret exécutif du 24 novembre 2009 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant au corps des praticiens médicaux généralistes de santé publique.” Les étudiants contestent notamment l’article 34 qui, en évoquant les conditions de recrutement des pharmaciens, parle de “titulaires du diplôme de pharmacien” sans leur accorder le titre de “docteur en pharmacie”. Les grévistes réclament le titre de docteur en pharmacie. “Un titre très valorisant pour nous qui avons tant sacrifié pour faire des études en pharmacie”, plaide le même délégué. Évoquant la classification “des diplômés en pharmacie” dans la catégorie 13 alors qu’il y a quelques années ils étaient classés à la catégorie 16, le délégué explique et s’interroge : “Nous demandons une meilleure classification pour donner au pharmacien sa valeur méritée. Ne sommes-nous pas la crème de la crème ?”
La plate-forme commune des étudiants en pharmacie compte, par ailleurs, deux autres revendications. Il s’agit, premièrement, de l’insuffisance des postes en résidanat et spécialités. Ils citent l’exemple de la spécialité “industrie pharmaceutique” qui est inexistante et celle de “biologie” dont les postes ouverts aux médecins sont plus importants que ceux des pharmaciens. La seconde requête a trait à la qualité de la formation dispensée. “La distribution des polycopiés prime et ne permet point une bonne assimilation des cours”, déplorent les étudiants.


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ALGERIA-WATCH

Grève illimitée et actions de contestation Le mouvement estudiantin se radicalise

El Watan, 1er mars 2011

Les étudiants menacent de recourir à une grève de la faim et à des sit-in devant le Palais du gouvernement et la Présidence dans les prochaines semaines. Le mouvement touche aussi bien les grandes écoles que les universités.

Le mouvement des étudiants se radicalise. La grève illimitée est officielle depuis hier et elle est accompagnée d’une menace de recourir à une grève de la faim et à des sit-in devant le Palais du gouvernement et la présidence dans les prochaines semaines si la totalité de leurs revendications ne sont pas prises en charge. Cette contestation qui va en grandissant depuis des semaines touche aussi bien les grandes écoles que les universités.

Pour l’Union qui défend les revendications des huit grandes écoles (ENP, EPAU, ESI, ENSA, ENSH, Enssmal, Enssea et ENSTP), le maintien de cette grève s’explique par « l’abrogation du décret n°10-315 du 13 décembre qui ne peut pas être exécuté tant qu’il ne paraît pas sur le Journal officiel et le fait que les représentants des étudiants soient exclus des deux conférences, régionale et nationale, des 20 et 27 mars », explique Salim, délégué de l’Ecole nationale polytechnique. Après la longue réunion tenue dimanche dernier, les revendications de ces étudiants grévistes se précisent : une demande d’obtention d’un double diplôme permettant de faire l’équivalence entre le mastère 2 et l’ingéniorat avec l’accès aux mêmes avantages que les étudiants de mastère, notamment le droit aux bourses à l’étranger, mais aussi la création d’une école doctorale avec accès par concours.

Les universités, de leur côté, maintiennent également la pression dans les différentes régions du pays. Omar, délégué de l’université de Boumerdès, défend la démarche des étudiants grévistes : « Nous travaillons en coordination avec diverses universités, notamment celles de Tlemcen et de Mostaganem et il est clair pour nous que la protestation continuera tant que toutes les revendications ne sont pas satisfaites. » Même position dans la capitale de l’Ouest où « les étudiants attendent que les dernières décisions prises par le ministère se traduisent par une concrétisation tangible », explique Mohamed, délégué de l’université d’Oran.
A Béjaïa, la contestation a été forte hier.

Les étudiants ont effectué une marche menant jusqu’à la wilaya où ils ont déposé leur plateforme de revendications. « Nous voulons créer une coordination nationale des universités pour remettre en question toutes les réformes entreprises depuis les années 1980. Nous demandons une démocratisation de l’université algérienne et voulons combattre tous les abus de pouvoir de l’administration », précise de façon tranchante Yahia, étudiant en post-graduation à Béjaïa.

Ainsi, l’abrogation, la semaine dernière, du décret n° 10-315 du 13 décembre et l’instruction donnée par le ministère d’organiser des plannings de discussion semblent se heurter à la détermination des étudiants à voir tous leurs problèmes être pris en charge de façon immédiate et réelle.
Bouredji Fella


Ils ont marché hier À Béjaïa Enseignants et étudiants solidaires

Etudiants et enseignants font cause commune à Béjaïa autour de la réalité déplorée et l’avenir de l’université algérienne, élargissant ainsi la mobilisation qui continue de paralyser l’université.

Une imposante marche les a réunis, hier, dans les rues du chef-lieu de wilaya sous l’égide de la Coordination locale des étudiants (CLE). Organisés en carrés, ils étaient des milliers de marcheurs à s’être ébranlés du campus d’Aboudaou vers 10h30 pour parcourir une bonne dizaine de kilomètres sous les slogans et mots d’ordre scandés pour stigmatiser tout le système de gestion universitaire.

Au bout de deux heures de marche, la marée humaine a déferlé aux alentours du siège de la wilaya où un rassemblement, avec prises de parole, a eu lieu. Une lecture a été faite de la déclaration et de la plateforme de revendications du CLE, qui se présente comme le cadre de lutte rassemblant comités pédagogiques des différents départements, comités de cité et associations estudiantines. La CLE décèle, dans la politique de l’enseignement supérieur, des velléités de « démanteler le caractère public de l’université ».

Et comme énième preuve est cité le dernier décret présidentiel qui a irrité le monde universitaire : « L’instauration de la carte universitaire en 1989, la dissolution de l’Office national de la recherche scientifique (ONRS), la précipitation de la mise à mort programmée de l’ancien système sans évaluation et sans concertation des acteurs concernés (étudiants et enseignants) ne va que dans la logique de dévalorisation des diplômes et la destruction du secteur public, qui ne sert qu’une classe dirigeante », écrivent les représentants des étudiants. L’abrogation du décret présidentiel n°10-315 n’a pas suffi à débloquer la situation. Les étudiants estiment qu’elle ne répond nullement à leurs attentes, considérant qu’« en confiant l’autorité pédagogique aux recteurs », les pouvoirs publics réduisent les étudiants au rôle de « figurants, spectateurs de la déchéance de leur avenir ». Comme eux, les enseignants estiment que la crise de l’université est profonde.

Constitués en collectif, ils dénient à la conférence nationale des chefs d’établissement « la qualité d’autorité pédagogique » et considèrent ceux-ci rien moins que « le prolongement politique de ceux qui les ont nommés ». Pour les enseignants, si l’abrogation du dernier « décret de la colère » est le fruit de la mobilisation, le risque demeure de voir promulguer un « texte similaire relevant du même esprit de fuite ». Ils exigent la démocratisation de la gestion de l’université. « Les recteurs, les doyens, les chefs de département… tous les responsables pédagogiques doivent être élus et non désignés », réclament-ils à l’unanimité.

Faisant jonction avec les revendications des étudiants, ils exigent que soient reconnus les comités pédagogiques élus des étudiants et la tenue des états généraux du secteur de l’enseignement supérieur. Les étudiants revendiquent aussi un moratoire sur les réformes universitaires, de ne pas soumettre l’université au secteur économique, le maintien du système classique et du concours du magistère, l’accès au mastère sans condition, l’amélioration de l’encadrement qualitativement et quantitativement, la création d’écoles doctorales…

Pour des états généraux de l’enseignement supérieur

Etudiants et enseignants partagent la revendication de tenir des états généraux du secteur. « Nous demandons, écrit le collectif, la tenue des états généraux du secteur de l’enseignement supérieur, cadre adéquat pour un débat constructif et serein pour procéder à une évaluation objective et scientifique des systèmes LMD, avec les acteurs élus de l’université », nous a déclaré Kamel Aïssat, enseignant. « Il s’agit d’un audit, d’une évaluation des réformes, des textes et de tout ce qui concerne l’université, mais pas avec les seules représentants de l’administration », ajoute son collègue Djamel Bahloul. « C’est aux états généraux de décider du maintien ou non des deux systèmes d’enseignement », soutient M. Haddad, qui a présidé l’assemblée générale des enseignants, décidés à accompagner les étudiants dans leur mouvement de protestation.

Kamel Medjdoub


Une marche aujourd’hui à Tizi Ouzou

Les étudiants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou n’ont pas suspendu leur mouvement de grève et ont appelé à une marche aujourd’hui au chef-lieu de wilaya.

Les dernières mesures relatives à l’annulation du décret présidentiel n°10-315, ainsi que la recommandation qui vise l’organisation des discussions « avec l’ensemble de la communauté universitaire » n’ont pas satisfait les étudiants de Tizi Ouzou. La marche s’ébranlera aujourd’hui du campus de Hasnaoua en direction du siège de la wilaya.

Des membres de la coordination locale des étudiants (CLE) ont tenu, hier, un point de presse au cours duquel ils ont demandé encore une fois la valorisation des diplômes et se sont insurgés contre le phénomène de l’insécurité qui s’installe dans les campus et les résidences universitaires.

Djemaâ Timzouert


EPSTA : Ras-le-bol des universitaires

Les étudiants de l’Ecole préparatoire science et technique d’Alger (EPSTA) ont exprimé leur ras-le-bol concernant la situation qu’ils vivent au sein de cette école d’élite.

En grève depuis pratiquement six semaines, ils n’ont eu aucune réaction effective de la part de leur administration pour essayer de trouver un terrain d’entente concernant les revendications qu’ils formulent depuis le début de leur mouvement de contestation. Selon une délégation de ces étudiants, qui a rendu une visite hier à notre rédaction, « la direction de l’EPSTA refuse catégoriquement de dialoguer » avec eux.

Toutefois, « on a interpellé, en vain, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à plusieurs reprises par écrit », a déclaré une étudiante. La porte-parole des 300 étudiants de cette école a précisé qu’un inspecteur du ministère concerné leur a fait de « fausses promesses » quant à prendre en charge leurs doléances.

Les revendications principales de ces protestataires sont l’amélioration des conditions pédagogiques, le recrutement d’enseignants spécialisés et l’ouverture d’un dialogue avec l’administration.

« En plus de ces revendications, nous réclamons qu’on nous déplace vers des locaux neufs, près de l’Ecole polytechnique d’El Harrach et appartenant au MESRS », est-il souligné. « Quoique nous sommes, soi-disant, l’élite des bacheliers algériens, nous partageons les salles de cours avec les élèves du lycée Emir Abdelkader à Bab El Oued », ont précisé les étudiants. Ces derniers ont opté pour un relogement parce que, selon eux, l’administration ne leur offre pas une autre alternative pour les sauver du spectre de l’année blanche.

Cette solution est acceptée par la direction de l’école polytechnique et n’attend que l’approbation de M. Harraoubia qui tarde à venir », a-t-on signalé. Officiellement, la tutelle n’est pas contre cette idée, mais elle ne fait rien pour l’appliquer. Devant ce cumul de retards, l’absence totale d’un encadrement pédagogique et le manque d’enseignants, les étudiants de l’EPSTA crient d’une seule voix : « Monsieur le ministre, sauvez notre avenir. »

Samir Ghezlaoui


Blida L’université paralysée

Les étudiants qui suivent un cursus universitaire en système LMD de l’université Saâd Dahleb de Blida entament depuis jeudi dernier un mouvement de protestation, et ce, en réaction à la correspondance du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique datée du 23 février dernier.

Les protestataires qui ferment maintenant plusieurs accès de départements, notamment celui du tronc commun technologie, menacent de transformer leur mouvement de protestation en une véritable grève illimitée si leurs revendications ne sont pas prises en considération dans les textes réglementaires.

Entre autres, ils réclament le classement de la licence LMD à la catégorie A13 (tableau de la nomenclature nationale fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires), le mastère I à la catégorie A14 et le mastère II à la catégorie A15 en gardant en vigueur l’équivalence entre le magistère et le mastère II.

Mohamed Abdelli


Débrayage à l’ESC et à l’EHEC

A l’Ecole supérieure de commerce (ESC) et à l’Ecole des hautes études commerciales (EHEC), les étudiants poursuivent la grève illimitée entamée le 9 février.

« Nous maintenons notre action de protestation pour faire entendre notre voix », assure Yacine, un des représentants des étudiants qui utilisent les réseaux sociaux, dont facebook, pour une grande mobilisation autour de leurs revendications. Les étudiants de ces deux écoles de commerce estiment qu’ils n’ont pas été suffisamment entendus en dépit de leur participation aux différentes actions de protestation de ces dernières semaines.

« Nombreux, les étudiants des autres grandes écoles d’ingéniorat semblent avoir capté l’attention des pouvoirs publics. Nous, en tant que licenciés, nous risquons ainsi de sortir les mains vides de cette lutte à laquelle nous avons grandement contribué », souligne Yacine, qui exprime le souci de centaines d’étudiants qui craignent pour leur devenir. Les principales revendications des étudiants de ces deux écoles sont la distinction entre la licence classique et celle du système LMD et la promulgation du statut des grandes écoles.

Mokrane Ait Ouarabi

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