INDE : Grèves et soutiens exemplaire, 7 usines d’assiettes en carton en grève pour de l’eau buvable, des toilettes dignes de nom et leurs salaires.

dimanche 11 septembre 2011
par  onvaulxmieuxqueca
popularité : 31%

Source : UnionBook

September 11, 2011

Inde. 7 usines d’assiettes en carton en grève pour de l’eau buvable et des toilettes dignes de nom

En occident, on utilise des assiettes en carton pour des raisons d’hygiène mais surtout pour éviter de faire la vaisselle et gagner du temps. On est loin d’imaginer la propreté et les conditions de sécurité des lieux de production...

Le 5 septembre, pour protester contre les bas salaires et les conditions de travail inhumaines, une grève s’est déclenchée dans 7 usines fabricant des assiettes en carton à Karawal Nagar en Inde.
Organisés par le Karawal Nagar Mazdoor Union, environ 150 travailleurs agitant des drapeaux rouges et portant des pancartes affichant leurs demandes et slogans se sont rassemblés dans la zone industrielle en criant leur motivation. Ils se rendus aux portes des 7 usines pour s’assurer que pas une seule machine ne soit en fonctionnement. Des travailleurs d’autres métiers, des étudiants et des citoyens ont rejoint la manifestation pour montrer leur solidarité. Le cortège s’est ensuite rendu, pour un sit-in, devant une usine de Dayalpur appartenant à Jain Vimal. Ici, des intervenants se sont adressés aux travailleurs.

Le Secrétaire de KMU, Navin, a expliqué la motivation de la grève insistant que c’est une arme puissante de la classe ouvrière pour lutter contre les propriétaires. Ce sont les travailleurs qui peinent 12 à 14 heures par jour pour fabriquer des assiettes en papier qui sont fournis aux différents acheteurs mais les gens ne sont pas conscients de l’effet de la corruption sur leurs conditions de travail. Sunny, de l’organisation des étudiants Disha a rappelé les revendications des travailleurs : une augmentation des salaires payés à la pièce, la mise à disposition d’eau potable, des sanitaires et des lieux de travail propres, des équipements de sécurité appropriés et des trousses de premiers soins.

Des travailleurs ont également demandé une preuve de leur emploi à l’usine afin d’être sûrs d’obtenir une compensation en cas d’accident entraînant une invalidité. Deepak réclame le respect de la dignité des personnes. Il décrit les conditions inhumaines dans lesquelles ils sont contraints de travailler : une seule pompe à main pour l’eau potable qui a un goût salé, est implantée sous une gouttière. Les sanitaires sont si sales et primitifs que les travailleurs n’osent pas les utiliser.

Shambhu, également un ouvrier, dit que les propriétaires d’usine ont augmenté leurs salaires l’an dernier mais la hausse des prix sur les différents produits a rendu la vie très dure. Les ouvriers sont obligés de demander du travail supplémentaire comme le nettoyage des boutures de chargement et du déchargement du carton. S’exprimant sur la question des conditions de travail, Pappu, déclare que les machines de pressage du papier fonctionnent à haute pression et à cadence élevée sans aucun équipement de sécurité les plaçant les opérateurs en danger permanent. L’usine n’a même pas un kit médical de premiers soins et aucune compensation n’est prévue si le travailleur est accidenté au travail. Dans les attentes, le groupe culturel de Karawal Nagar Mazdoor Union interprète quelques chansons révolutionnaires.

La grève a été organisée dans le calme mais la police locale est venue demander aux grévistes de quitter la zone. Elle montre clairement ses liens avec les propriétaires. La police quitte le lieu de la manifestation lorsque les grévistes se montrent insensibles à toute menace.

L’équipe de l’Organisation des étudiants Disha a joué une pièce de théâtre de rue pour exposer le caractère réel de l’appareil étatique.

Une équipe de volontaires est sortie dans la zone pour collecter des fonds de soutien de la lutte et pour demander la solidarité des citoyens.

Prem Prakash de KMU, dans un discours de clôture, a expliqué que les revendications des travailleurs des usines de cartonnages sont le droit légal de tout travailleur. Mais lorsque les usines elles-mêmes sont illégales, respecter le droit du travail conformément aux lois relève de la blague pour les propriétaires. Prem Prakash a indiqué que tous ces droits ont été conquis par les travailleurs à travers des luttes, la classe capitaliste ne "donne" jamais aucun droit aux travailleurs. Les revendications des ouvriers du carton sont justifiées. Les travailleurs de l’usine de Dayalpur ou de la zone de Karawal Nagar ne sont pas les seuls à souffrir, toute la classe ouvrière en Inde est concernée.

Aujourd’hui, 97% des travailleurs du pays relèvent des secteurs informels.

Bien qu’il existe de nombreux syndicats créés par les partis politiques, ils représentent les intérêts de seulement 3% de la population du secteur organisé. Pour représenter les intérêts du secteur informel, seul un syndicat régional peut lutter contre la puissance du capital. Dans la région, KMU est ce syndicat. Il regroupe les travailleurs de la construction, les travailleurs d’amande, les ouvriers des usines, les rickshaws et tous les travailleurs des différents métiers qui peinent pour un salaire journalier. La lutte des travailleurs des cartonnages justifie la vision de KMU. La victoire des travailleurs est une certitude.


Karawal Nagar se trouve dans le nord-est de Delhi, environ 100 000 travailleurs y sont employés dans quelques 2 000 usines de capacités différentes. Les plus petits ateliers emploient 5 à 10 personnes et les plus grands autour de 100. Tous triment 12 à 14 heures par jour pour un salaire de 3 à 4 000 roupies (47 à 63 € ou 64 à $86 US ou CAD). Ces usines produisent toute sorte d’objets allant de jouets pour enfants aux pièces détachées pour des avions en passant par des vêtements, des autocuiseurs, des plastiques, des fils électriques, des crèmes solaires et objets en carton. Le nombre total de travailleurs dans les usines de la zone est estimé à 50 000. Étonnamment, plus de 95% de ces usines ne sont pas autorisées.

On trouve également dans cette région, des travailleurs de bien d’autres secteurs tels que notamment, la construction, les tireurs de rickshaw (pousse-pousse) et la production d’amandes. Il y a deux ans, les travailleurs de ce dernier secteur, sous la bannière de Badaam Mazdoor Union ont effectué 16 jours de grève, le plus grand mouvement de ces 20 dernières années dans ce secteur auparavant non-syndiqué. La particularité de cette grève était son caractère régional plutôt que professionnel. C’est à la suite de cette grève, qu’un syndicat régional interprofessionnel a été formé : Karawal Nagar Mazdoor Union.



Commentaires

Agenda

<<

2021

 

<<

Septembre

>>

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930123