Les féministes de la CGT. Histoire du magazine Antoinette (1955-1989). De Jocelyne George. Le secteur femme de la CGT : de la Résistance en passant par mai 1968.

mercredi 8 août 2012
par  onvaulxmieuxqueca
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Antoinette : Il y 30 ans paraissait (juillet/Aout 1982) le dernier numéro du magazine Antoinette lié aux pratiques des commissions femmes de la CGT, car une équipe regroupée autour d’Henri Krasucki mettait fin à cette expérience essentielle pour le mouvement syndical et social.

Cette expérience était porteuse d’un espoir libérateur contagieux. Cette mise « à mort » démoralisa et désarma bon nombre de militantes et de militants ayant acquis la capacité de s’opposer efficacement au social-libéralisme et au le libéralisme, par des pratiques démocratiques, unitaires, concrètes et déterminées.

Ce journal et ce savoir-faire aurait sans aucun doute suscité auprès de militants comme Pierre Monatte et Alfred Rosmer(1), les créateurs du journal « La Vie Ouvrière » un enthousiasme et un soutien résolu.


Les féministes de la CGT. Histoire du magazine Antoinette (1955-1989). De Jocelyne George, éditions Delga.

Le secteur femme de la CGT : de la Résistance en passant par mai 1968.

Le livre de Jocelyne George est primordial pour comprendre l’évolution et l’expérience des commissions femmes de la CGT et de son magazine Antoinette, nous permettant ainsi de toucher du doigt l’immense possibilité dont étaient porteuses leurs pratiques, pour l’ensemble du mouvement syndical et le mouvement des femmes.

Ces pratiques permettaient de favoriser le regroupement des forces nécessaires pour transformer et construire une réelle société démocratique, féministe et sociale.

Le 41éme congrès en a décidé autrement ;Henri Krasucki mit fin à cette expérience, pour de nombreuses années.

Le seul reproche que nous pouvons porter à ce livre, est que nous aurions aimé à plusieurs reprises que Jocelyne George quitte quelques instants les archives de la CGT pour élargir notre horizon en nous mettant « en perceptive » les différentes périodes de cette Histoire, comme elle su l’écrire par exemple avec doigté sur la fédération de Paris du PCF et des journalistes comme Maurice Najman et Catherine Simon, mais ce reproche n’est pas essentiel par rapport aux traces indispensables laissées par l’ouvrage de Jocelyne George.

Pour finir, nous partageons pleinement la conclusion de Jocelyne George.

« Une histoire d’Antoinette est écrite. Il y aurait encore d’autres archives à explorer, d’autres recoupements à faire, d’autres entretiens à solliciter. Au terme de ce récit, l’admiration pour l’œuvre accomplie par les femmes de la CGT, entrevue à travers l’histoire du magazine qu’elles soutinrent en dépit de tant de difficultés, l’emporte sur l’amertume des dernières années.

Admiration pour cette extraordinaire mobilisation d’énergies afin d’organiser les femmes et leur donner une fierté. L’existence d’Antoinette est en effet liée à l’organisation des femmes dans la CGT, mise en place dès la libération grâce à l’ implication de militantes issues de la Résistance et poursuivie jusqu’en 1977 quand, sous le double effet de l’évolution sociale de la condition féminine et du mouvement féministe consécutif aux événements de 1968, cette organisation fut remise en question. Jusque-là les commissions féminines avaient pour but de donner aux femmes une visibilité dans la CGT. Au départ, Antoinette fut sans doute conçue par Madeleine Colin de façon léniniste, comme un organisateur des masses féminines, encore majoritairement ouvrières. Le magazine s’est ensuite adapté et a fourni des analyses permettant d’appréhender l’évolution de la condition de la femme salariée. »

Un livre à lire absolument.

Georgette Vacher, tu nous manques !

(1)Lire l’article « 5 octobre 1909, acte de naissance de « La Vie Ouvrière ». " http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article265


C’était également l’époque des LIP, du LARZAC, de Radio « Lorraine Cœur d’Acier »…des Comités de Soldats.


Georges Séguy : « L’émancipation féminine est un phénomène social le plus important de ces 30 dernières années et un facteur progressiste décisif… »
Proposition « personnelle » de Georges Séguy au 40éme congrès de la CGT, création d’un « comité national d’action » avec les autres confédérations « afin de faire face ensemble aux premiers signes de régression du taux de syndicalisation ».


Gracchus Babeuf, « D’un sexe à l’autre les facultés sont en nombre égal, et si prises une à une, elles ne se correspondent pas toujours en égalité, dans l’ensemble elles se font équilibres. » (Vers an 1786).


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