À Chicago, un syndicat d’enseignants se tient debout

mardi 28 janvier 2014
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Alliance de la fonction publique du Canada

À Chicago, un syndicat d’enseignants se tient debout

Le Chicago Teachers’ Union (CTU) est un syndicat batailleur. C’est aussi un ardent défenseur des enfants et des jeunes.

Et ce n’est pas le fruit du hasard, selon Michael Harrington, directeur des opérations au CTU. Le syndicat a gagné l’appui de ses membres et de la population en suivant les préceptes du syndicalisme social, c’est-à-dire en donnant aux membres les moyens d’agir.

Selon M. Harrington, un trop grand nombre de syndicats étatsuniens traitent leurs membres comme des clients. Ils privilégient le syndicalisme axé sur les services, une formule dans laquelle les membres sont tributaires des décisions prises par les leaders et le pouvoir s’exerce du haut vers le bas. Les permanents syndicaux offrent des « services » : négociation collective, règlement des griefs, etc.

« Le CTU a transformé radicalement ce type de syndicalisme », a-t-il expliqué lors de sa conférence à l’AFPC, le 21 janvier dernier.

Syndicalisme social

Au CTU, le syndicalisme repose sur la mobilisation. Et c’est une formule gagnante, comme on l’a vu durant la grève des enseignants à Chicago, en 2012 : les membres et les alliés communautaires ont appuyé massivement les enseignants. D’ailleurs, le CTU emploie toujours cette méthode pour les nombreuses campagnes en cours, a précisé Michael Harrington.

Lorsque Karen Lewis a été élue présidente du CTU, en 2010, elle faisait partie d’un groupe de membres qui voulaient changer le leadership et qui souhaitaient que le syndicat s’implique dans le mouvement mondial pour le changement social.

« Nos membres sont au cœur de nos activités, a expliqué M. Harrington. Nous consacrons énormément de temps aux communications entre les membres, les dirigeants et le personnel. Nous disons à nos membres “je suis un dirigeant élu – ou un membre du personnel – et je suis là pour vous outiller, vous inspirer, vous encourager, vous appuyer et vous fournir des ressources. Parce qu’au fond, le syndicat, c’est vous.” Et nous le faisons sérieusement et honnêtement, même si ce n’est pas toujours facile. »
Vive la démocratie !

En plus d’accroître la participation des membres aux affaires syndicales, ce type de syndicalisme instaure aussi des processus décisionnels plus démocratiques. Ainsi, lors des négociations en 2012, le conseil scolaire faisait face à une équipe de 60 membres. Du jamais vu !

La grève des enseignants à Chicago a été l’un des rares conflits de travail à faire les manchettes récemment. C’est l’appui massif de la population qui a piqué l’intérêt des médias. Selon Michael Harrington, le syndicalisme social y est aussi pour quelque chose puisque cette approche comporte un aspect important : l’éducation civique.

« À l’heure actuelle, toutes nos actions visent à sensibiliser les gens à l’importance des syndicats, à leur raison d’être. Nous passons beaucoup de temps dans les collectivités, a souligné M. Harrington. Nous ne parlons jamais de salaires ni d’avantages sociaux. Ça n’intéresse pas les gens. Mais ce qui les intéresse, c’est de savoir comment notre travail les affecte. »
Sauver des écoles

La grève des enseignants de 2012 a grandement contribué à éviter la fermeture de certaines écoles à Chicago. Et les gains réalisés par le syndicat dans le dossier épineux des évaluations standardisées découlent, eux aussi, de ce conflit de travail.

« Nous sommes le principal défenseur des enfants à Chicago et voulons être reconnus comme tel », a affirmé Michael Harrington.

Sujets :
• Projet de loi C-4
23 Janvier 2014 - 13h45


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