Hongrie : "A bas l’état policier !", "A BAS L’ETAT POLICIER !" Lundi 8 septembre au matin la police antiterroriste a occupé les locaux de la Fondation Ökotárs.

mardi 9 septembre 2014
par  onvaulxmieuxqueca
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Hongrie Retour aux années 50

8 septembre 2014, 14h

Ce matin la police antiterroriste a occupé les locaux de la Fondation Ökotárs, qui s’occupe des candidatures á la Fondation Norvégienne (fondée par le gouvernement norvégien pour aider le développement des organisations civiques dans notre pays).

Les employéEs sont tenuEs en huit clos, l’usage des portables leur sont interdits.

Plus tard un communiqué officiel annonce qu’une enquête est lancée contre des personnes inconnues pour "malversation".

Il faut savoir que le gouvernement hongrois a demandé à plusieurs reprises au gouvernement norvégien le droit de sélectionner les candidats de l’aide norvégienne et s’est indigné que les organisations fabriquées par le gouvernement d’Orbán n’aient rien reçu.

La patience d’Orbán ne dure pas.

Notre correspondant à Budapest.


Hongrie : "Allez, M’sieurs, Dame, circulez, y a rien á voir ici, c’est un procès préfabriqué. Ils scandaient "Démocratie !" "A bas l’état policier !" et "Venez avec nous".

Lundi 8 septembre 2014, 23h

De retour de la manifestation contre l’intervention policière contre la Fondation Ökotárs

Un collaborateur de la Fondation Ökotárs m’a raconté que la police spéciale les a attendus ce matin á la porte et dans l’ascenseur.

Quand les collaborateurs/-trices sont arrivéEs une trentaine de policiers en civil ont envahi les locaux.

Ils fouillaient les dossiers, les documents et les ordinateurs á partir de 9:15 du matin jusqu’á 17:45.

Ils cherchaient les documents concernant les aides norvégiennes et aussi ceux des prêts que la Fondation a effectués sur ses propres fonds pour quelques associations en nécessité.

C’est á partir de ces derniers que le procureur veut fabriquer l’accusation de malversions.

Une autre fondation, DEMNET, a été aussi touchée parce qu’elle a des liaisons financières avec Ökotárs.

Une collaboratrice m’a dit que les policiers ont bien observé la loi, sauf qu’ils ont confisqué un document sans aucun rapport des Fonds norvégiens. (Ils concernent des contacts suisses.)

Les manifestantEs se rassemblaient déjà devant la porte (image 1 et 2) de l’immeuble où les locaux de la Fondation Ökotárs, parmi eux quelques personnages connus comme Imre Mécs, le dernier survivant des rétorsions après 1956, les responsables rééluEs du Mouvement Solidarité, le candidat du parti Együtt pour la mairie de Budapest, Ferenc Falus.

Beaucoup plus de jeunes que d’habitude participaient á la manifestation .

A 6 heures du soir, tout le monde a vu la directrice de la Fondation accompagnée par les policiers et mise dans une voiture.

Deux heures plus tard seulement on a appris qu’elle a été accompagnée chez elle, pour son lap top que les policiers lui ont enlevé.

Aucune arrestation n’était faite, mais l’avocat de la Fondation a dit plus tard sur la chaine ATV : "soyez surs qu’ils inventeront un délit dans peu de jours".

Deux représentantes des associations aidées par d’Ökotárs ont parlé aux manifestantEs. (Images 3 et 4)

La deuxième a commencé par ces mot : "Allez, M’sieurs, Dame, circulez, y a rien á voir ici, c’est un procès préfabriqué quotidien, allez !"

Les manifestantEs traversaient le centre de la ville (image 5) pour arriver près du bureau de DEMNET et se sont arretéEs au bord du Danube.

Entretemps, ils scandaient "Démocratie !" "A bas l’état policier !" et "Venez avec nous".

Au bord du Danube ils ont encore écouté deux intervenants et les mots de remerciement d’une collaboratrice de DEMNET.

Elle nous a rassurés que l’on pourra suivre les nouveaux développements sur le site du Fond norvégien au Facebook.

La plupart de manifestantEs s’en étaient alléEs voir le film "Le témoin", une histoire satirique d’un procès préfabriqué dans les années 50.

Notre correspondant à Budapest.



*Ce film retrace avec humour la « fabrication » du procès de László Rajk (un clin d’oeil ) et des scènes quotidiennes sous le « stalinisme ».
On vaulx mieux que ça


Source : Wikipédia

Le Témoin (film hongrois, 1969)

Début des années 1950. Les aventures malencontreuses de Pelikán, un obscur fonctionnaire hongrois, ancien résistant, bon communiste pourtant, mais dont l’imprudence et la maladresse lui valent de fréquents séjours en prison.

Constamment secouru par un ancien camarade de combat, devenu hiérarque du Parti, Pélikàn doit pourtant, un jour, témoigner contre lui dans un procès qui a les allures d’une mascarade.

Il s’y refuse absolument... et se trouve alors condamné à mort à son tour.

Résumé
József Pelikán est gardien d’une digue sur le Danube et, pour subvenir aux besoins de sa famille, élève un cochon dans sa cave.

Il sauve de la noyade un ancien compagnon d’armes communiste devenu un « gros bonnet » et qui, comme lui, a mené la guerre des partisans.

Le cochon clandestin ayant été dénoncé, deux policiers surviennent et, dans une envolée lyrique, son ami vante les mérites de son sauveur et ouvre la trappe de la cave où se trouve l’animal débité en saucisses et jambons.

Pelikán se retrouve aussitôt en prison mais est sauvé par son ami.

Il devient familier du chef de la police et reçoit la direction de la piscine.

Un jour, il s’étonne de voir une centaine de personnes attendre afin de pouvoir y pénétrer, alors qu’une seule personne est en train de nager. Il fait entrer tout le monde et se retrouve en prison. Le nageur est en effet un hiérarque pour lequel la piscine était réservée.

Il en sort bien vite et a comme nouvelle mission le soin d’adapter un parc de jeux en « Parc de la Joie socialiste ».

Lors de l’inauguration, le Chef suprême de l’État (sosie parfait de Brejnev) attrape un infarctus en parcourant le « château des fantômes » à bord du « petit train socialiste » où surgissent de l’obscurité des symboles ainsi que son propre portrait, gigantesque.

Retour en prison, suivie d’une nouvelle libération et nouvelle mission attribuée, la direction d’un institut de recherche sur les oranges hongroises. Après des mois d’effort, l’immense orangeraie produit...
une seule et unique orange.

Pour marquer la défaite de la domination impérialiste, une grandiose cérémonie folklorique est organisée.

Alors que le grand chef attend sur une estrade de savourer l’orange, celle-ci est mangée par un enfant et un policier impose à un citron de devenir une orange2.

Le chef déguste l’ « orange » en grimaçant et Pelikán récolte honneurs et récompenses.

Une nuit, sa maison prend feu et est complètement détruite, les pompiers ayant pris tout leur temps pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une fausse alerte. Un groupe de stakhanovistes la reconstruit et, le jour où une imposante cérémonie est organisée pour son inauguration, on s’aperçoit que les portes et fenêtres ont été oubliées3.

Maintenant, il est chargé d’être témoin à charge à l’encontre de son ex-camarade.

Un psychiatre entraîne sa mémoire, un metteur en scène améliore sa diction, il apprend par cœur son discours écrit et réécrit par un artiste du régime. Le jour du procès, obnubilé par sa tâche, il ne remarque même pas que le Danube est sorti de son lit.

Au moment de témoigner, il oublie ce qui lui a été endoctriné et discourt contre les abus et la servilité.

Emprisonné à nouveau, il est condamné à mort, monte sur l’échafaud, mais le bourreau est introuvable.

Celui-ci arrive avec une liste de condamnés réhabilités et il est libéré.

Des années plus tard, József Pelikán rencontre l’ancien chef de police et commissaire politique qui lui annonce son futur retour au pouvoir et son espoir de pouvoir l’utiliser pour ses manœuvres...


Source : RFI
Hongrie
Publié le 14-09-2014

Manifestation des ONG pour conserver la liberté d’expression à Budapest


Par RFI

’est la 2ème manifestation en moins d’une semaine. A l’appel de plusieurs associations, des centaines de personnes ont défilé dans les rues de Budapest samedi pour protester contre les attaques des autorités contre la société civile. Depuis plusieurs mois le gouvernement nationaliste et populiste de Viktor Orban harcèle des ONG financées par un Fonds norvégien pour la société civile. Le gouvernement voudrait contrôler l’aide financière versée aux ONG soit environ 13 millions d’euros et voit ces associations comme le vivier de l’opposition de gauche.
« Touche pas à la société civile ! » : c’était le slogan des manifestants choqués par les perquisitions menées dans leurs locaux, rapporte notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère. Une douzaine d’ONG, comme l’association des lesbiennes ou l’association pour les femmes victimes de violences, ont vu tous leurs dossiers confisqués. « Une organisation qui défend les femmes battues possède les données personnelles de ces femmes, explique Márton Gulyás, de la compagnie théâtrale Le cercle de craie. Or ce sont des données très sensibles. La police n’a pas le droit de les utiliser dans une enquête qui n’a rien à voir avec ça. C’est absolument scandaleux et inacceptable ».

Parmi ces ONG, certaines défendent les droits de l’homme et dénoncent l’autoritarisme du pouvoir. Insupportable pour le Premier ministre Viktor Orbán, qui a qualifié ces ONG d’agents de l’ennemi. Lundi dernier la police a perquisitionné les bureaux de plusieurs ONG officiellement accusées de détournement de fonds. Certaines ONG sont financées par la Norvège. Le pays n’est pas membre de l’Union européenne mais elle soutient des projets sociaux, éducatifs et culturels dans 16 pays européens dont la Hongrie. Elle soutient par exemple des défenseurs de la démocratie comme l’organisation de lutte contre la corruption Transparency International Hongrie.

La démocratie en danger ?

Pour Ádám Bethlenfalvy, un enseignant de 37 ans, la démocratie est en danger : « On est vraiment à la frontière de la démocratie. Je pense pas qu’on va perdre nos droits fondamentaux mais il faut qu’on teste la démocratie. Il faut qu’on continue à descendre dans la rue pour voir si on a encore le droit de s’exprimer ».

Diana Szántó, directrice d’une association, est plus optimiste : « Je me sens forte aujourd’hui. Je me sens forte quand je regarde cette foule, je vois plein de visages qui veulent représenter une défense de la démocratie et de la liberté ».


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