Omega, la perle du rock progressif hongrois, toujours là

samedi 5 décembre 2020
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Source : Le Courrier d’Europe Centrale

Omega, la perle du rock progressif hongrois, toujours là

5 décembre 2020 par Jehan Paumero | Pays : Hongrie

Scorpions les ont vénérés, leur tube Gyöngyhajú lány a été écouté dans le monde entier, Kanye West les a pompés. Après plus d’un demi-siècle, le groupe mythique hongrois Omega a un genou à terre, avec les décès successifs de deux de ses membres historiques. Mais son manager l’assure, ils repartiront en tournée l’an prochain ! En attendant, un nouvel album vient de voir le jour.

Série noire pour le mythique Omega. László « Laci » Benkő, et Tamás Mihály se sont éteints à trois jours d’intervalle à la fin du mois de novembre.

Omega se préparait à sortir un nouvel album et à enchaîner une tournée.

Mais l’état de santé de László Benkő n’a fait que se détériorer ces dernières semaines, laissant même plusieurs fois la rumeur de sa mort se propager.

Cette fois, ce n’est plus une rumeur, « Laci » s’est éteint, suivi de Tamás Mihály trois jours plus tard, dont le décès était plus inattendu. La fin d’une carrière de près de soixante ans d’un groupe hors-normes ? La fin d’une époque ?

Formé en 1962 (la même année que les Rolling Stones !), le groupe aura été une figure marquante de l’Eurock, le rock progressif d’Europe centrale, dans les années soixante-dix. Originaire de Budapest, le groupe est formé par le chanteur János Kobor et par le claviériste László Benkő, qui resteront les deux seuls membres fixes de la formation au travers des six décennies de leur activité scénique et discographique. Tamás Mihály rejoint quant à lui le groupe en 1967 à la basse et ne quittera la formation qu’en 2015, il compose une majeure partie des morceaux du groupe à partir de 1970.

Gyöngyhajú lány, un hit international

Les premiers albums d’Omega, fortement influencés par le ‘Beat’ anglais (en particulier par les Beatles) donneront naissance à deux premiers albums restés mythiques, et notamment à leur morceau Gyöngyhajú lány (« fille aux cheveux de perle ») qui deviendra un hit international, repris par le groupe Scorpions (avec lequel Omega partagea de nombreuses fois la scène dès les années 70 et qu’il inspira considérablement).

Ces premiers enregistrements annoncent aussi leur penchant vers le rock progressif, qui caractérisera le style du groupe dans les années soixante-dix, et dont Omega sera l’un des pionniers.

Après de nombreux changements de membres, la formation se stabilise au début des années soixante-dix et opte pour une double carrière.

En effet, la plupart des albums du groupe connaît une double publication, l’une en hongrois, l’autre en anglais.

Omega s’oriente alors résolument vers le rock progressif et le « Space Rock », enchaîne les albums et son succès dépasse vite les frontières de la Hongrie, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, où le groupe enchaîne les tournées, fait extrêmement rare pour un groupe issu d’un pays communiste.

Gammapolis, enregistré en 1979, a été vendu à 650 000 exemplaires, un record encore inégalé.

Omega enchaîne les records, il constitue à ce jour le groupe hongrois ayant vendu le plus d’albums en Hongrie (Gammapolis, enregistré en 1979, a été vendu à 650 000 exemplaires, un record encore inégalé), et à l’étranger (un million d’albums vendus pour le mythique Time Robber, paru en 1977). Il est aussi le premier groupe hongrois à avoir sorti un album sur CD en 1988, ainsi que le premier groupe à sortir un concert en DVD en 2000.

Malgré plusieurs pauses scéniques et discographiques entre 1987 et 2004, Omega renaît toujours de ses cendres, poursuit les tournées en Hongrie comme à l’étranger, en particulier en Allemagne et en Europe centrale, où le groupe jouit d’un statut de groupe culte.


L’affaire Kayne West

Omega était revenu dans l’actualité en 2013, lorsque le rappeur américain Kayne West, pensant sûrement avoir trouvé une « perle » inconnue, avait samplé sans aucune autorisation 85 secondes de leur tube Gyöngyhajú lány dans son titre New Slaves, avant d’être poursuivi par le compositeur du morceau Gábor Presser, compositeur des premières heures du groupe.

Poursuivi en justice, Kayne West aura dû verser 2,5 millions de dollars de dommages et intérêts, et aura par là-même donné une seconde vie à un des titres phare du groupe.

Le même titre refera parler de lui quelques années plus tard pour avoir été une fois de plus utilisé sans autorisation dans le générique de la série à succès « The Bay ».

Les mélomanes de toutes générations sont en deuil.

Mais le manager du groupe assure qu’Omega reprendra la route en 2021.

Il l’a annoncé alors que ni Benkő, ni Mihály n’étaient encore enterrés.

Le dernier album du groupe, Testamentum, déjà enregistré depuis longtemps, est d’ailleurs sorti dix jours à peine après le départ de ses deux musiciens phare, le 26 novembre.

Jehan Paumero
Pécsois d’adoption depuis 15 ans et musicien dans le groupe local Psycho Mutants. Représentant de la société française de distribution musicale en numérique "Believe" en Europe Centrale.





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Hongrie : János Bródy, Zsuzsa Koncz, liberté et espoir un long chemin.

La rose Jaune...


Ces chansons ont été écrites et chantées sous le régime de János Kádár.

Elles l’ont été avec poésie et doigté, en tenant compte de la « réalité » politique du moment pour éviter l’interdiction.

D’autres groupes musicaux (Rock …), écrivains, cinéastes … ont fait de même.

Ces deux chansons étaient un point de ralliement de l’opposition démocratique de cette période.

Il est fort intéressant de voir que ces chansons sont aujourd’hui le symbole de la défense des libertés pour les jeunes hongrois qui n’ont pas connu cette époque.

La présence parmi ces jeunes, des anciens de l’opposition démocratique les plus déterminés est sans doute d’une grande importance.

Notre correspondant à Budapest nous a traduit ces deux chansons de János Bródy et nous a trouvé ces deux vidéos. L’une est chantée par Zsuzsa Koncz qui est encore plus populaire que János Bródy en Hongrie et qui appartenait au milieu de l’opposition démocratique Hongroise.

Tu crois que la rose jaune s’ouvrira encore,
Tu crois que nous accepterons les mensonges
Tu crois que nous pardonnerons tout toujours
Tu crois que nous nierons nos rêves
Qu’il serait beau d’être ensemble parmi les fleurs, ma chérie
Il n’y a plus de fleurs, ni toi même
Pourquoi avons nous laissé les choses comme ça
Ne crois pas que cela est bon comme ça,
n’importe qui le dit
Ne crois pas que tout va bien,
n’importe qui veut t’attraper
Ne crois pas que nous sommes changés par un mot d’ordre
Ne crois pas que la rose jaune va encore s’ouvrir


Cette chanson a beaucoup de couplets.

Si j’étais une rose
je m’ouvrirais quatre fois par an :
pour l’enfant, pour la jeune fille, pour le véritable amour et pour le passage
Si j’étais une porte,
je resterais ouverte
je ne demanderais à personne qui l’a envoyé,
je serais heureux si tout le monde était là.
Si j’étais une fenêtre je serais si grande
que je pourrais montrer le monde entier.
Les gens regarderaient à travers moi
je serais heureux quand j’aurais tout montré.
Si j’étais une rue je serais toujours propre
Je me laverais dans la lumière chaque soir
Et si des chenilles passaient sur moi,
même la terre s’effondrerait sous moi.
Si j’étais un drapeau, je ne bougerais pas,
je me fâcherais contre les vents,
je préfèrerais être tendu,
et ne pas être le jouet de tous les vents.
http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article1228

Koncz Zsuzsa - Bródy János - Vigyázz magadra


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