Flicage des opposantEs avec l’aide d’Israël. La Hongrie, seul pays européen mis en cause dans le scandale d’espionnage « Pegasus »

lundi 19 juillet 2021
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Le courrier d’Europe Centrale
Article LIBRE
Politique

La Hongrie, seul pays européen mis en cause dans le scandale d’espionnage « Pegasus »

19 juillet 2021 par Corentin Léotard | Pays : Hongrie, Israël | Source : Direkt36
Le journaliste Szabolcs Panyi, le patron de presse Zoltán Varga et l’entourage de l’oligarque déchu Lajos Simicska apparaissent comme les principales cibles de l’espionnage réalisé avec le logiciel israélien « Pegasus », sur fond d’une relation très étroite entre Benyamin Netanyahou et Viktor Orbán.

Le consortium de journalistes Forbidden Stories et le Security Lab de l’ONG Amnesty International ont révélé, dimanche 18 juillet, par le biais de dix-sept grands médias internationaux, un vaste scandale d’espionnage.

Ils ont eu accès à une base de données de 50 000 numéros de téléphone, cibles de surveillance par les clients du groupe privé de cybersécurité israélien NSO.
Au total, douze pays clients et utilisateurs du logiciel Pegasus ont été identifiés par l’enquête : l’Azerbaïdjan, l’Inde, l’Indonésie, le Maroc, le Mexique, le Kazakhstan, le Rwanda, l’Arabie saoudite, le Togo, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et la Hongrie, le seul pays européen mis en cause.

Parmi ces 50 000 numéros, 300 concernent des citoyens en Hongrie.

Comme le précise « Telex », le fait qu’un numéro de téléphone apparaisse dans la base de données ne signifie pas nécessairement que Pegasus a été utilisé contre la cible et que leur téléphone a été piraté.

Le média hongrois d’investigation « Direkt36 » a pu en identifier quelques-uns de propriétaires de ces numéros.
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Il s’agit de quatre journalistes, dont deux employés de « Direkt36 », Szabolcs Panyi et András Szabó, pour qui une analyse ultérieure de leurs téléphones a permis de démontrer que leurs appareils avaient effectivement été piratés avec le logiciel de NSO ; Dávid Dercsényi, un ancien journaliste de Hvg.hu ; et un quatrième journaliste qui préfère rester anonyme.

Le téléphone de Szabolcs Panyi, le journaliste d’investigation le plus en vue du pays, a été piraté pour la première fois en avril 2019, peu de temps après qu’il ait envoyé des questions à deux ministères, relatives à un article à paraître sur une banque dirigée par la Russie s’installant en Hongrie, la Banque internationale d’investissement (IIB).

Un photographe hongrois qui a travaillé avec un journaliste américain sur la même affaire a aussi été espionné.

Zoltán Varga, propriétaire du groupe de presse Central Media Group, hostile au gouvernement hongrois.

Le fils et l’un des plus proches confidents de l’ancien oligarque du Fidesz, Lajos Simicska, ont été ciblés avant les élections de 2018, lorsque Simicska et son empire médiatique attaquaient ouvertement le gouvernement. Le magnat n’utilisait pas de smartphone, souligne « Telex ».

L’un des étudiants étrangers de la CEU, Adrien Beauduin, arrêté lors d’une manifestation antigouvernementale au mois de décembre 2018. Dans son cas, le piratage du téléphone n’a pu être avéré, précise « Le Monde ».

Cette liste va s’allongera car « Direkt36 » promet de nouvelles révélations dans les prochains jours, évoquant un avocat de renom et un maire de l’opposition.
Avec le logiciel espion Pegasus, les autorités pouvaient écouter les conversations des personnes cibles, mais aussi accéder à leurs informations les plus confidentielles, telles que leurs e-mails et autres messages, y compris les conversations et les messages qui passent par des applications chiffrées telles que Signal et Whatsapp, ainsi que leurs photos et vidéos.

Qui a commandé ces surveillances ?

Prudent, « Direkt36 » souligne que les données obtenues par l’équipe internationale d’enquête ne permettent pas de conclure formellement que ce sont bien les autorités hongroises qui ont fait appel aux services de la société NSO. « Cependant, plusieurs circonstances suggèrent fortement que les autorités hongroises ont utilisé le programme contre des cibles hongroises », écrit-il.

Un ancien responsable des services secrets hongrois a déclaré à Direkt36 que, selon ses informations, les services de sécurité nationale ont commencé à utiliser Pegasus à partir de 2018.

De plus, NSO souligne ne contracter qu’avec des organisations gouvernementales.

Le rapprochement Hongrie-Israël

Dénominateur commun de la majorité des pays clients de NSO mis en lumière par le « Projet Pegasus » : ils entretiennent des relations diplomatiques très étroites avec Israël et avec son ancien leader Benyamin Netanyahou.

Comme nous l’avons plusieurs fois souligné, Benyamin Netanyahou et Viktor Orbán entretiennent des relations de grande proximité. C’est vraisemblablement après la visite à Budapest, en juillet 2017, du Premier ministre israélien, que s’est joué le contrat entre le gouvernement hongrois et la société israélienne.

Puis, en février 2018, József Czukor, un ancien officier du renseignement, « l’un des hommes les plus proches et les plus dignes de confiance de Viktor Orbán », toujours selon « Direkt36 », s’est rendu en Israël pour un entretien personnel avec Netanyahou. C’est à partir de ce moment que l’on trouve les premières traces d’utilisation du logiciel dans des téléphones hongrois.

Par ailleurs, le 15 juillet dernier, le laboratoire interdisciplinaire Citizen Lab de l’Université de Toronto a publié un rapport selon lequel les autorités en Hongrie ont acquis « Candiru », un autre logiciel israélien capable d’espionner journalistes, activistes et politiciens.

Au cours de la campagne électorale de 2018, des ex-espions du Mossad reconvertis dans la sécurité privée ont tenté de piéger des organisations d’aide aux réfugiés pour qu’elles soient diffamées ensuite dans les médias en Hongrie et en Israël, dans le cadre de la croisade menée conjointement par Viktor Orbán et Benyamin Nétanyahou contre George Soros.

Corentin Léotard

Rédacteur en chef du Courrier d’Europe centrale, Journaliste, correspondant basé à Budapest pour plusieurs journaux francophones (La Libre Belgique, Ouest France, Mediapart).

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Rappel Comment des espions israéliens ont piégé des ONG en Hongrie

26 avril 2018 par Corentin Léotard | Pays : Hongrie, Israël | Source : Index
Le site d’information Index a révélé au cours de la campagne électorale comment des ex-espions du Mossad reconvertis dans la sécurité privée ont tenté de piéger des organisations d’aide aux réfugiés pour qu’elles soient diffamées ensuite dans les médias en Hongrie et en Israël. La croisade menée conjointement par Viktor Orbán et Benyamin Nétanyahou contre George Soros a pris un nouveau tour.
https://courrierdeuropecentrale.fr/comment-espions-israel-piege-ong-hongrie/


le journal "Le Monde"

« Projet Pegasus » : comment la société israélienne NSO Group a révolutionné l’espionnage

https://www.lemonde.fr/projet-pegasus/article/2021/07/19/projet-pegasus-comment-la-societe-israelienne-nso-group-a-revolutionne-l-espionnage_6088692_6088648.html



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