LA COOPÉRATIVE D’HABITANTS GRAINE DE BITUME Le samedi 22 janvier 2022, entre midi et 15h

mercredi 19 janvier 2022
par  onvaulxmieuxqueca
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE de
LA COOPÉRATIVE D’HABITANTS GRAINE DE BITUME

11 janvier 2022

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de LA COOPÉRATIVE D’HABITANTS GRAINE DE BITUME

Le samedi 22 janvier, entre midi et 15h, les habitant·es de Graine de bitume présenteront à la presse les difficultés qu’ils et elles rencontrent depuis plus de 2 ans avec les élu·es et les services de la Métropole grenobloise et de la Ville de Grenoble. Ces habitant·es feront l’inventaire des obstacles rencontrés et présenteront leurs perspectives pour sortir de cette situation. Rendez-vous sur le terrain qui leur est promis, rue Alfred de Vigny (à côté du n° 67), dans le quartier Beauvert, à Grenoble.

Qu’est ce qu’une coopérative d’habitants ?

Le principe est le suivant : la coopérative est propriétaire des logements qu’elle loue aux coopérateurs en échange d’un loyer (+ charges) mensuel. Les habitants sont donc collectivement propriétaires de l’ensemble du bien (ils détiennent des parts sociales dans la société coopérative), mais individuellement locataires/usagers de leur logement.

Actuellement, dans notre pays, un bien immobilier est considéré comme un outil de spéculation plutôt qu’un lieu de vie créé pour durer sur plusieurs générations. Les coopérateurs de GRAINE DE BITUME souhaitent réhabiliter le logement comme un « besoin essentiel », qui n’est pas soumis aux aléas des fluctuations immobilières, qui n’est pas considéré comme un outil de placement.

C’est pourquoi chaque coopérateur n’est pas propriétaire de son logement mais de parts sociales dont la valeur suit le coût de la vie et non pas le cours des plus-values immobilières.

L’enjeu pour les coopérateurs est d’être les acteurs de leur projet depuis sa définition en passant par le choix architectural jusqu’à l’organisation de la vie collective et la gestion du bâti après l’emménagement.

La coopérative d’habitants GRAINE DE BITUME

Toutes les formes de transition (sociale, économique, écologique) sont au cœur du projet de la coopérative d’habitants GRAINE DE BITUME :

• Le lien social et le « bon voisinage », au-delà de notre immeuble, est ancré dans le projet qui comprend une salle de vie commune, une buanderie pour tous les résidents, un (petit) jardin d’agrément collectif, un atelier de bricolage accessible aussi aux jardiniers du quartier... Ces espaces seront ouverts aux « grands voisins » et aux associations de quartier.

• Les ménages de plus de 55 ans sont majoritaires à Graine de bitume. Ce projet inter-générationnel permettra de reculer le départ en maison de retraite. C’est une façon de mieux vivre sa vieillesse, c’est une économie pour « la société », c’est une question d’intérêt général : « quelle vie la société offre t’elle à ses aîné.e.s ? »...Cette question intéresse aussi les élu·es.

• Pour nous, il ne s’agit pas de se retrouver « entre soi » mais bien de soutenir un projet collectif où tout le monde peut participer. Qu’elle soit inter-générationnelle, sociale ou culturelle, la mixité est une volonté importante des membres coopérateurs de GRAINE DE BITUME.

• Nous nous donnons comme objectif l’accès durable à des logements abordables pour tous. Sur les 13 logements construits, 11 sont destinés à des ménages sous les plafonds du logement social. Le bailleur social en finance 4 très sociaux, dont un est dédié à une famille accompagnée par l’association Un toit pour tous.

• L’environnement et l’écologie sont des principes de notre projet. Réduction du nombre de voitures et de places de parking en aérien, mise en place d’auto partage. Les matériaux et le chantier de construction seront, en lien avec la capacité financière du groupe, respectueux de l’environnement. Récupération des eaux de pluie. Obtention du label Promotelec.

Notre histoire


Nous avons commencé à réfléchir à ce projet en janvier 2010 !

Puis nous avons cherché un terrain... inaccessible à Grenoble par la rareté et le coût. Lorsque l’appel à projets « Habitat participatif » a été lancé en 2014 par la Ville de Grenoble, proposant cette parcelle dans la ZAC Beauvert, nous avons été retenus (nous étions la seule candidature).

L’élue à l’urbanisme de l’équipe de Michel Destot (Monique Vuaillat) accepte aussi notre demande de bail à construction (le foncier reste ainsi maîtrisé par la Ville).


Les services préparent la délibération pour cette promesse de bail à construction, qui sera votée finalement dans les premiers mois du premier mandat d’Eric Piolle.

Ensuite nous créons notre Société coopérative, engageons nos économies (achat de parts sociales dans la Société), recherchons un bailleur partenaire (notre projet ne déchaîne pas leur enthousiasme), puis un architecte, une banque, et des personnes intéressées par notre projet...

Les premiers obstacles commencent à être amenés par les collectivités, dont certains sont levés : refus de nous accorder l’agrément pour les logements « sociaux », refus de nous accorder la garantie d’emprunt pour ces logements, instruction du Permis de construire non communiquée au groupe.

Où en sommes-nous ?

L’habitat coopératif croise les politiques du logement, de l’économie sociale et solidaire et de la solidarité. Mais le fonctionnement « en silo » des politiques publiques ne favorise pas la réalisation de ces opérations. L’État porte trop peu ces initiatives, ce qui permet aux collectivités « prudentes » de ne rien faire... alors qu’une Métropole qui soutient des coopératives contribue à faire vivre des quartiers par des citoyens à qui elle donne une « délégation de confiance » (pour leurs capacités à s’organiser).

Grenoble fait partie des collectivités prudentes et travaille aussi « en silo » : la coopération entre élus et services de ces 2 collectivités locales n’est pas effective. Notre projet se trouve t’il « au milieu » des tensions Ville/Métro, nées en juillet 2020 ? Toujours est-il que Grenoble et la Métro parlent beaucoup de co-construction, de participation habitante mais n’ont pas donné cette « délégation de confiance » aux habitants de GRAINE DE BITUME.

Pour nous, le foncier et le logement sont des « biens communs » dont nous avons envie de décider de la « destinée » avec les élus, les aménageurs, les architectes... Apparemment cela n’est pas l’orientation des élus Ville et Métro, et cela n’est pas entendu non plus par les techniciens de ces collectivités locales ni par le bailleur social.

En effet, Pluralis ne souhaitant pas se porter contre-garant de l’emprunt PLS, demande à être propriétaire du foncier, nous obligeant en même temps à l’acquérir. Sous la « pression » du bailleur, les élus reviennent sur la promesse du bail à construction qu’ils ont pourtant votée en Conseil municipal 5 ans plus tôt.

Ce surcoût, ainsi que l’augmentation importante des coûts de matériaux du bâtiment (en raison du Covid) modifient considérablement les orientations du projet et pourraient remettre en question la mixité de revenus.

Notre interpellation

Notre idée aujourd’hui est de témoigner de l’incompréhension de nos décideurs politiques locaux (et des responsables techniques) sur les valeurs ajoutées des coopératives d’habitants :

-  la propriété collective pérenne,

-  la non-spéculation immobilière,

-  la démocratie (une personne = une voix),

alors même que la demande sociale est forte aujourd’hui en France (à Grenoble, un autre projet de coopérative d’habitants s’est démobilisé face à ces freins) et que la pression immobilière à Grenoble justifierait amplement de favoriser ce type de projets.

Au-delà de la faiblesse de la volonté politique, c’est aussi la mise en question de la continuité républicaine qui est posée aujourd’hui : comment peut-on « oublier » les choix faits au mandat précédent, en fermant les yeux sur cette promesse de bail à construction ?
Quelle valeur de la parole politique ?

Comment continuer à croire en la démocratie ?

Comment peut – on parler de co-construction, de participation habitante, et n’accorder aucune légitimité à un groupe d’habitants qui mène un projet en mobilisant ses propres compétences, son temps (12 ans !), ses moyens financiers, et qui par ailleurs est accompagné par un organisme spécialisé ?

Depuis 2 ans, notre groupe n’est plus informé ni associé aux recherches de solutions ; des démarches sont conduites, sans nous, par le service de la Métro et Pluralis alors que notre connaissance du modèle de coopérative d’habitants nous indiquait qu’elles n’étaient pas opérantes...

Les conditions de la réalisation des coopératives, au niveau des collectivités locales, demande une volonté politique forte (et sur la durée) des communes, métropoles... et la mobilisation d’un bailleur social : ces 2 conditions ne sont pas effectives sur l’agglomération grenobloise malgré les discours prononcés.

http://grainedebitume.com/

https://www.grenoble.fr/agendaRCM/86507/2278-les-cooperatives-d-habitants-dans-les-quartiers-populaires-pour-une-transition-juste-et-ecologique..htm


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