Loi Duplomb : quelle transition pour notre agriculture ?
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Source : France Culture
Loi Duplomb : quelle transition pour notre agriculture ?
Mardi 8 juillet 2025
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/france-culture-va-plus-loin-l-invite-e-des-matins-d-ete/loi-duplomb-quelle-transition-pour-notre-agriculture-4845512
La proposition de loi visant à "lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur", dite "loi Duplomb", a été adoptée par le Sénat le 2 juillet dernier. Le vote ultime a lieu cet après-midi, jeudi 8 juillet, à l’Assemblée nationale.
Avec
• Philippe Heusèle, secrétaire général de l’AGPB, l’Association générale des producteurs de blé
• Christian Huyghe, ex-directeur scientifique agriculture à l’Inrae
La proposition de loi du sénateur LR Laurent Duplomb, qui revient sur la réglementation sur les produits phytopharmaceutiques, prévoit de réintroduire à titre exceptionnel, sous plusieurs conditions, et pour un temps limité par décret un néonicotinoïde, l’acétamipride. Cette substance, autorisée par l’Union européenne jusqu’en 2033, a été interdite en France en 2020. Bien que cette loi soit soutenue par la majorité des représentations du monde agricole, dont la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Jeunes Agriculteurs (JA) ou Coordination rurale, la gauche, de son côté, dénonce des "lignes rouges" franchies sur la préservation de l’environnement.
En attendant des solutions alternatives
Philippe Heusèle, céréalier, producteur de betteraves et secrétaire général de l’Association Générale des Producteurs de Blé et Autres Céréales, explique les raisons de son soutien à ce texte : "La betterave a un ennemi qui s’appelle le puceron, un insecte piqueur, qui véhicule des virus et qui est très dommageable pour la culture de betterave. Il y a quatre ans, la prolifération de ces virus par des betteraves non protégées contre ces insectes a fait chuter les rendements des trois quarts." Même s’il reconnait qu’une transition visant à la sortie des pesticides se fera sur le long terme, Philippe Heusèle estime que nous ne sommes pas encore prêts :
"Le mouvement, il est là, mais le temps de la recherche et des solutions alternatives nécessite que l’on travaille toujours avec la chimie pendant X années. Je pense que c’est le signal que cette proposition de loi envoie au-delà de la matière active."
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