13 explosions sur la Flottille pour Gaza. « Toute attaque contre cette mission est un crime de guerre »
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Source : L’Humanité
13 explosions sur la Flottille pour Gaza : notre journaliste à bord raconte
Émilien Urbach
Publié le 24 septembre 2025
La Global Sumud Flottilla, qui réunit des équipages de 44 nationalités pour briser le blocus à Gaza, a été victime d’une nouvelle attaque d’ampleur dans la nuit du mardi au mercredi 24 septembre, au large de la Crète. Alors que treize détonations ont été recensées par l’organisation, des bateaux ont été endommagés. Aucun blessé n’est à déplorer. Le Quai d’Orsay a indiqué attendre une confirmation de la Grèce, selon les familles de ressortissants français embarqués.
Déjà mercredi, la flotille a été ciblée par des engins explosifs
La Global Sumud Flotilla, qui réunit des équipages de 44 nationalités pour briser le blocus à Gaza, a été victime d’une attaque d’ampleur dans la nuit du mardi au mercredi 24 septembre, au large de la Crète. 13 détonations ont été recensées, des bateaux ont été endommagés.
« Toute attaque contre cette mission est un crime de guerre » : la Global Sumud Flotilla, en route vers Gaza, ciblée par des engins explosifs
La Flottille, qui réunit des équipages de 44 nationalités pour briser le blocus à Gaza, a été victime d’une nouvelle attaque d’ampleur dans la nuit du mardi au mercredi 24 septembre, au large de la Crète.
Selon les premières estimations, treize engins explosifs « ont été largués sur des bateaux, essentiellement sur ceux dont les voiles étaient sorties », rapporte notre reporter, Émilien Urbach, embarqué à bord du « MiaMia », l’un des 51 bateaux mobilisés en solidarité avec les Gazaouis.
| À la tombée de la nuit, le plus gros voilier de la Global Sumud Flotilla a été survolé par une quinzaine de drones avant que des produits chimiques « à l’odeur d’œufs pourris » ne soient largués sur deux bateaux. Juste avant minuit, un premier bruit sourd d’explosion a retenti, suivi par de multiples détonations jusqu’aux environs de 2 h 30 du matin, expliquent les témoins. |
À bord du « MiaMia », les voiles ont été enlevées dès la première explosion, mais d’autres bateaux ont été ciblés et endommagés.
Des « perturbations généralisées dans les communications » ont quant à elles « soulevé des préoccupations immédiates » pour la sécurité des 500 participants, précisent les organisateurs dans un communiqué. Aucun blessé n’est cependant à déplorer. Un navire qui ne fait pas partie de la Global Sumud Flotilla a été repéré sur les radars de la Flottille.
« Nous ne nous laisserons pas intimider »
« Le droit international est clair : les civils, y compris ceux engagés dans des missions humanitaires, sont protégés par la Convention de Genève, rappelle la Global Sumud Flotilla dans son communiqué. Toute attaque contre cette mission est un crime de guerre et un crime contre l’humanité. » |
Durant la nuit, les familles de la quarantaine de ressortissants français à bord se sont mobilisées et ont sollicité le Quai d’Orsay.
Selon elles, « les autorités françaises, mises au courant de ce qu’il s’est passé, ont répondu qu’elles attendaient une confirmation des faits de la part de la Grèce ».
La Global Sumud Flotilla appelle de son côté « tous les États membres (des Nations unies, NDLR) à mettre les attaques contre la flottille à l’ordre du jour de l’Assemblée et d’adopter une résolution traitant de ces violations graves ».
Source : Amnesty International France – Reporter Sans Frontières - Greenpeace France - Médecins du Monde – Médecins Sans Frontières Pays-Bas
Les États européens doivent condamner les attaques contre la Global Sumud Flotilla
Publié le 25.09.2025
Cinq organisations humanitaires, environnementales et de défense des droits humains dénoncent les nouvelles attaques illégales de drones survenues dans la nuit du 23 au 24 septembre contre la Global Sumud Flotilla, initiative pacifique visant à briser le siège illégal d’Israël de la bande de Gaza.
Écrit par Amnesty International France – Reporter Sans Frontières - Greenpeace France - Médecins du Monde – Médecins Sans Frontières Pays-Bas
Face aux risques encourus par les centaines d’activistes pacifiques et journalistes présents à bord, et face à la situation apocalyptique des populations palestiniennes de Gaza, livrées à la famine et à la pénurie de soins médicaux en raison d’un blocus illégal, nous demandons aux Etats tiers, en particulier aux Etats européens, de condamner publiquement les attaques contre la flottille.
Ils doivent en outre faire pression sur les autorités israéliennes pour permettre l’entrée de la flottille en toute sécurité et d’une aide humanitaire en urgence dans la bande de Gaza.
En deux ans, les bombardements indiscriminés et systématiques sur Gaza ont fait plus de 65 000 morts et détruit ou endommagé 92% du bâti.
Le siège imposé par Israël et les restrictions imposées aux organisations humanitaires qui y opéraient, se sont ajoutés aux souffrances des populations palestiniennes, entraînant famine et privations de soins.
Depuis octobre 2023, au moins 543 travailleurs humanitaires ont été tués, dont 373 membres du personnel et collaborateurs des Nations unies.
Une cinquantaine d’embarcations

Dans ce contexte, la cinquantaine d’embarcations de la Global Sumud Flotilla, qui transporte de l’aide humanitaire convoyée par quelques centaines de participants venus de 45 pays, tente, par une action pacifique, d’interpeller la communauté internationale, afin de briser le blocus cruel et illégal imposé par Israël aux populations palestiniennes du territoire depuis 18 ans, et aggravé depuis octobre 2023.
Après de premières attaques en Tunisie, les militants et les journalistes qui document à bord l’opération de la flottille ont signalé des explosions et de multiples attaques de drones la nuit du 23 au 24 septembre contre leurs bateaux alors qu’ils naviguaient dans les eaux internationales, au large de la Grèce.
Les flottilles pour Gaza sont d’importantes initiatives citoyennes de solidarité avec les Palestiniens et Palestiniennes assiégés, affamés et souffrants. |
Elles contribuent à maintenir l’attention sur la situation à Gaza. Elles endossent le rôle des Etats face à l’inaction persistante de la communauté internationale en acheminant une aide humanitaire certes modeste, mais essentielle pour agir face à la famine et au génocide en cours.
Attaquer ces navires est inacceptable.
L’action de cette coalition humanitaire de la société civile est parfaitement légale au regard du droit international : les opérations d’aide humanitaire et la couverture par les journalistes en période de conflits armés sont protégées par le droit international humanitaire.
|Ces attaques surviennent alors qu’une Commission d’enquête des Nations unies vient de conclure qu’Israël commet un crime de génocide dans la bande de Gaza, à la suite des conclusions rendues ces derniers mois par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains (Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH), israéliennes (B’Tselem, Physicians for Human Rights), et palestiniennes (Al Haq, The Palestinian Centre for Human Rights, et d’autres).|
Rien ne peut justifier le blocage de l’aide humanitaire à Gaza alors que la population souffre de la faim et des conditions de vie catastrophiques causées par le génocide.
Les Etats doivent intensifier la pression sur Israël afin de garantir le passage en toute sécurité de la flottille, mettre tout en œuvre pour que les autorités israéliennes lèvent immédiatement leur blocus illégal sur Gaza et permettre ainsi l’entrée et la circulation sans entrave de l’aide humanitaire et des fournitures vitales.
