Papeteries de Condat en Dordogne : La CGT a travaillé à la constitution d’une société coopérative d’intérêt collectif en cas de défaillance de Lecta.
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Source : Sud Ouest
Papeteries de Condat en Dordogne : « Si demain on est au tribunal de commerce, on aura quelque chose à proposer »
Par Clément Bouynet
16 octobre 2025
La CGT a travaillé à la constitution d’une société coopérative d’intérêt collectif en cas de défaillance de Lecta. Le projet a été dévoilé par le syndicat jeudi 16 octobre devant la presse et des élus locaux
La dernière chance au dernier moment.
À défaut d’avoir trouvé les membres de « L’Agence tous risques », les syndicalistes CGT des papeteries de Condat (Dordogne) ont décidé de se retrousser les manches.
Leur but ?
Avoir un plan viable – façon Hannibal Smith – si la situation de l’entreprise continuait d’empirer. Il tient en quatre lettres : Scic, pour société coopérative d’intérêt collectif.
Lundi 13 octobre, le groupe Lecta a officiellement annoncé la mise en vente du site du Lardin-Saint-Lazare.
« C’est du vent, tacle Carlos Tunon, secrétaire général national de la Filpac CGT.
Leur seul objectif, c’est la liquidation.
Ils font juste semblant de chercher. »
Son de cloche corroboré par Philippe Delord, responsable CGT des papeteries de Condat. « On souhaite créer la Scic car, si demain on est au tribunal de commerce, on aura quelque chose à proposer. »
L’équilibre en 2028 ?
Le syndicat s’est basé sur l’expertise du bureau d’études Pronéos pour tenter de monter, dans un temps très contraint, la structure. Tibor Sarcey était d’ailleurs au Lardin-Saint-Lazare, ce jeudi, pour présenter les grandes lignes de ce gros projet devant une poignée d’employés, la presse et quelques élus locaux. Un premier acte fondateur a été accompli le même jour, les statuts de l’association Condat Paper ayant été déposés dans la foulée.
« Il n’y a personne pour vendre le papier que l’on fabrique »
« Nous projetons un retour à l’équilibre d’ici deux ou trois ans. Ces projections ne sont pas extravagantes, on se base sur les prix de vente actuels, en augmentant notre production », a indiqué Tibor Sarcey.
Le plan consiste à s’appuyer sur l’existant, c’est-à-dire « la ligne 8 récente et alimentée par une chaudière flambant neuve ».
« Le marché de la glassine est en croissance, les salariés sont formés mais la ligne de production n’est pas remplie », a dépeint l’analyste de Pronéos.
Assertion validée par Philippe Delord : « Aujourd’hui, Lecta n’a pas de commerciaux qui vendent la glassine. Il n’y a personne pour vendre le papier que l’on fabrique. »
Bobineuse et fonds de roulement
Carlos Tunon, le responsable au niveau national, insiste sur un point : « L’investissement à Condat a déjà été fait. La Scic aura donc besoin d’une somme de départ relativement faible pour être lancée. »
Les premiers calculs ont été faits : « Le besoin de trésorerie immédiat s’élève à 3 millions d’euros, en plus de fonds de roulement. Il y a un investissement à faire sur une bobineuse, donc 3 millions d’euros de plus », liste Tibor Sarcey.
D’où la nécessité de trouver des partenaires et des investisseurs.
« On s’associera avec vous », a affirmé la maire du Lardin-Saint-Lazare, Francine Bourra. Propos appuyés par Dominique Bousquet, le président de la Communauté de communes : « On se battra. C’est une solution [la Scic] à court terme, un bon moyen d’activer les négociations. »
Ce n’est pas une Scop
« Une Scic est différente d’une Scop [société coopérative et participative] car les travailleurs peuvent ouvrir la structure à d’autres collèges, notamment les collectivités territoriales ou des acteurs de la filière », a posé, en préambule de son intervention, Tibor Sarcey.
Source : L’Humanité
La papeterie Condat à la recherche d’un repreneur, la CGT travaille à « une proposition alternative »
En difficulté financière, la papeterie de Condat en Dordogne cherche un repreneur d’ici la fin de l’année. Alors que l’usine est à l’arrêt dix jours par mois, la CGT entend présenter un projet alternatif à un dépôt de bilan.
Publié le 13 octobre 2025
Les salariés des papeteries de Condat vont-ils encore subir de la casse sociale ? Les enjeux sont de taille pour les employés de ce site industriel de Lardin-Saint-Lazare (Dordogne). Ce lundi 13 octobre, un comité social et économique (CSE) exceptionnel a acté la recherche d’un repreneur d’ici la fin de l’année.
Le nouveau président, Dominique Bernard, y a assuré qu’il avait été « missionné par l’actionnaire pour trouver un repreneur à Condat et qu’il avait jusqu’au 31 décembre », a déclaré à la presse Philippe Delord, délégué CGT.
177 emplois supprimés en 2023
Ces dernières semaines, les ouvriers avaient exprimé de fortes inquiétudes concernant l’avenir de leur site, déjà victime de la fermeture d’une de ses deux lignes de production et de la suppression de 177 emplois en 2023.
Parmi les craintes, la colère de la région Nouvelle-Aquitaine, qui s’est plainte du fait que l’actionnaire espagnol Lecta ne remboursait plus le prêt à taux zéro de 19 millions d’euros contracté auprès de la collectivité.
| Ou encore, le fait que l’usine, pourtant dotée de matériel neuf, ne tourne que « 20 jours par mois », selon un délégué CGT à l’AFP. Les salariés de l’usine avaient convenu d’un rassemblement au moment du CSE, ce lundi, pour rappeler leurs inquiétudes. |
À l’issue du CSE exceptionnel, le nouveau président de la papeterie a assuré qu’il était en contact avec cinq à dix potentiels repreneurs.
La CGT travaille, elle, à « une proposition alternative à un éventuel dépôt de bilan des papeteries de Condat », dont elle révélera les détails dans les prochains jours, assure Philippe Delord.


