« Un potentiel de dingue » : comment 40 salariés ont sauvé la Meusienne en 42 jours, en créant leur Scop
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Source : L’Humanité
« Un potentiel de dingue » : comment 40 salariés ont sauvé la Scop la Meusienne en 42 jours
L’usine métallurgique d’Ancerville, dans la Meuse, a été reprise il y a un an par 40 de ses salariés. Un pari collectif risqué, mais l’enthousiasme des métallos sociétaires de cette Scop reste débordant et les perspectives sont encourageantes. |
Publié le 7 septembre 2025
« On sait pourquoi on travaille ici », explique Franck Clauss, un des 40 salariés de la scop La Meusienne, qui fabrique des tubes soudés en acier inoxydable. « On s’investit plus qu’avant pour améliorer les choses. On essaie de faire au mieux, de trouver plus de solutions. » © Fred MARVAUX/REA
Ancerville (Meuse), envoyée spéciale.
Passé la porte électrique qui donne sur l’immense parking de l’usine, le calme règne sur cette vaste emprise de 3 300 mètres carrés entourée de bâtiments industriels.
Cette sérénité tranche avec les pneus enflammés des nombreux piquets de grève qui avaient rythmé les mobilisations des salariés de l’usine métallurgique dans les années 2010, puis en 2017 et en 2024, au gré des rachats et des plans de licenciements décrétés par les propriétaires successifs.
Aujourd’hui, les ArcelorMittal et autres Mutares (fonds d’investissement allemand) ont disparu.
Mais la PME d’Ancerville (Meuse), spécialisée dans la fabrication de tubes soudés en acier inoxydable, est toujours là. À l’été 2024, 40 salariés ont tenté le pari de reprendre l’activité en coopérative. La société s’appelle désormais Scop la Meusienne.
Que ces 40 « métallos » deviennent leurs propres patrons n’était pas vraiment prévu.
En avril 2024, l’usine est placée en redressement judiciaire et un repreneur est pressenti. « On est parti en congé en mai, sereins », se souvient Roxanne Creutz Bazin, ancienne responsable de la gestion industrielle.
« Et dès le lundi de retour de vacances, dans le service, on nous dit de poser notre stylo. La directrice des ressources humaines nous annonce la liquidation de l’entreprise pour le vendredi suivant. Le candidat avait retiré son offre. Mais moi, je ne voulais pas poser mon stylo », raconte Roxanne, qui ne s’est pas résignée à voir les 90 emplois supprimés…A suivre sur le site « L’Humanité »
