Les élections du 12 avril en Hongrie : La Hongrie, et l’Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?
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Source : Basta
La Hongrie, et l’Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?
Les élections du 12 avril en Hongrie pourraient marquer un tournant dans l’histoire récente du pays. Le Premier ministre Viktor Orbán, l’allié de Poutine et Trump en Europe, est devancé dans les sondages par le candidat d’opposition Péter Magyar.
par Emma Bougerol
6 avril 2026
Péter Magyar, le candidat d’opposition, sur une affiche électorale du Fidesz, le parti au pouvoir, en Hongrie. CC BY-SA 4.0 Elekes Andor via Wikimedia Commons
Après 16 ans au pouvoir à verrouiller les institutions et à museler les voix dissidentes, à l’issue du vote du 12 avril, Viktor Orbán pourrait perdre son poste de Premier ministre de la Hongrie. C’est du moins ce que montrent les sondages, qui placent en tête le parti d’opposition, de centre-droit, « Respect et liberté », « Tisza » en hongrois, qui pourrait obtenir une majorité à l’assemblée nationale hongroise. Dans la dernière ligne droite avant le scrutin législatif, « l’écart entre Tisza et Fidesz s’est creusé », analyse le média hongrois *444*.
Mais Orbán ne compte pas abandonner le pouvoir si facilement.
La campagne électorale a été entachée de manipulations. Fin mars, un scandale surnommé « Orbángate » a éclaté après les révélations d’un ancien policier, Bence Szabó. « Szabó affirme avoir trouvé des preuves que les services de renseignement intérieurs hongrois ont tenté d’infiltrer les systèmes informatiques du parti d’opposition Tisza, dirigé par Péter Magyar », rapporte le journal allemand *Taz*. L’homme affirme que cet ordre « ne pouvait provenir que d’un haut responsable du gouvernement Orbán actuel ».
Destruction des services publics et fraude électorale
Au-delà de ces manigances, depuis 2010, le chef du gouvernement hongrois a participé à la destruction des services publics du pays, dénonce *Direkt36*.
L’état actuel des hôpitaux, par exemple, reflète « de graves problèmes dans le secteur de la santé », écrit le médis hongrois. Des services hospitaliers entiers ferment faute de personnel soignant qualifié, alors même que le nombre de patients ne diminue pas.
Un documentaire du média, appelé « Le Piège », parle justement du sort « des services publics qui ont un impact fondamental sur la vie des gens lorsque la priorité du gouvernement n’est pas de les développer mais d’étendre le pouvoir économique » des proches du Premier ministre.
Un soutien de Moscou comme de Washington
En dehors de la Hongrie aussi, les réseaux de soutien à Viktor Orbán sont puissants. L’extrême droite européenne, d’abord, mais aussi les milieux du pouvoir aux États-Unis et en Russie.
| Le Kremlin a trouvé en Orbán un allié au sein de l’Union européenne. |
Le gouvernement hongrois, main dans la main avec la Russie, a œuvré pour « retirer de la liste européenne des oligarques, entreprises et banques russes faisant l’objet de sanctions », a révélé *Vsquare*.
« Il est rare que des élections en Europe centrale et orientale suscitent un tel intérêt à l’échelle mondiale, ou donnent lieu à une campagne dans laquelle des camps politiques américain et russe se rangent ouvertement derrière le même candidat », remarque *The Guardian*.
Mais cela pourrait jouer en défaveur de l’actuel Premier ministre, écrit le quotidien britannique : « Le soutien étranger peut être une arme à double tranchant. S’il peut renforcer l’image d’Orbán en tant qu’acteur mondial, il risque aussi d’aliéner les électeurs qui se méfient des ingérences extérieures. »
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Auteurs / autrices
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Emma Bougerol
Journaliste habituée de la rubrique « société », j’écris surtout sur les droits des femmes et des personnes LGBTQI+, l’ubérisation du monde du travail et l’impact du numérique sur notre société. Je garde aussi un œil à l’étranger, pour raconter l’actualité internationale au-delà des dépêches.
Orban accueille les politiciens les plus extrêmes du monde, ne restons pas les bras croisés !
https://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article8048
Extrait d’un article de Mérce.hu
Le MSZP (PS) vit certainement ses derniers jours : le parti qui détermine les deux décennies de la Hongrie après la chute du communisme ne jouera plus de rôle dans les prochaines élections. Le texte suivant soutient qu’il ne s’agissait pas seulement d’une série de décisions erronées ou d’une distance par rapport à la base sociale traditionnelle qui a conduit à l’échec, mais aussi par des processus historiques et sociaux plus profonds : la descente du MSZP était déjà encodée dans les conditions socialistes tardives et dans les conditions de la transition. De plus, l’insatisfaction de la prochaine période ne sera pas exprimée par les formes bien connues de la social-démocratie.
Au fil du temps, le MSZP n’est resté qu’en son nom, mais dans son idéologie, il est devenu extrêmement libéral.
Source : Mérce.hu
Traduction internet
Ni le Fidesz ni la Tisza ne se sont assis pour écouter ce qui nuit aux travailleurs hongrois
Bogatin Bence
30 mars 2026
Aucun des principaux partis n’a réagi aux demandes de la Confédération syndicale hongroise (MASZSZ) concernant les questions les plus importantes des travailleurs hongrois – a annoncé vendredi le groupe de défense des droits. La plus grande confédération syndicale hongroise a lancé une pétition et une campagne en février pour fournir le soutien social le plus large possible au paquet de demandes créées pour résoudre les dix problèmes les plus urgents des travailleurs.
Dans le cadre de cette campagne, MASZSZ a contacté six partis – DK, Fidesz, notre Pays, MKKP, MSZP, Tisza – pour présenter personnellement les demandes des salariés à leurs représentants.
Près de deux mois après le lancement de la campagne, MASZSZ a tenu son congrès annuel le 26 mars, où la fédération syndicale a constaté que les grands partis n’étaient pas intéressés par les demandes des employés...
« Alors que nous approchons des élections législatives, de plus en plus de gens demandent aux dirigeants syndicaux ce qu’ils proposent à leurs membres, pour quel le parti voter. Jusqu’à présent, la réponse a été que tout le monde vote pour le parti politique et le politicien qu’il a l’impression d’être dans l’intérêt des travailleurs...
Cependant, le congrès de MASZSZ a confirmé qu’ils vont certainement envoyer aux décideurs du futur nouveau gouvernement une version plus détaillée des revendications des employés, le livre blanc compilé par l’association – qui est un large résumé des préoccupations existantes en matière de droit du travail des syndicats – et son paquet raccourci à 10 points, et ils « écraseront » la porte du gouvernement jusqu’à ce qu’ils soient régulièrement discutés avec eux au niveau du système et régulièrement…
Comme l’a écrit MASZZ, ils considèrent que c’est un message inquiétant pour l’avenir que Fidesz et les Tisza n’ont pas réagi…
018. Photo par Gabriella Csoszó / Free Doc
