Liban/France : Diriger un journal sous les bombes...La culture comme rempart à la guerre et comme résilience... Un monde de la culture française en crise
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Source : France Culture
Nicolas Herbeaux reçoit Rima Abdul Malak, directrice du journal L’Orient Le Jour et ancienne ministre de la Culture en France, à l’occasion de la semaine thématique "La culture à l’épreuve" sur France Culture.
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L’ancienne ministre française de la Culture, Rima Abdul Malak, s’est installée au Liban à l’automne 2025 pour prendre la direction du quotidien francophone L’Orient-Le Jour. C’est en duplex de Beyrouth que celle qui fut aussi conseillère Culture du président Macron répond aux questions de Nicolas Herbeaux.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-du-samedi/la-culture-en-temps-de-crise-grand-entretien-avec-rima-abdul-malak-1119603
Rima Abdul Malak
Rima Abdul Malak est nommée ministre de la Culture dans le gouvernement d’Élisabeth Borne. Elle quitte le gouvernement avec la démission d’Élisabeth Borne et est remplacée par Rachida Dati.
Diriger un journal sous les bombes
L’Orient-Le Jour "est un journal mythique qui a toujours fait partie de ma vie, de la vie de mes parents, de la vie de tous les Libanais, du Liban et de la diaspora.
Il est ce pont entre ceux qui sont restés au Liban et ceux qui sont partis" explique Rima Abdul Malak, qui souligne également qu’il s’agit du journal le plus indépendant de tout le Moyen-Orient sur le plan politique que financier.
Mais le projet de Rima Abdul Malak, visant à moderniser ce titre historique et à renforcer son rayonnement international, a été brutalement percuté par le déclenchement d’un nouveau conflit armé.
Depuis le début de la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran, le Liban est particulièrement touchépar les bombardements de l’armée israélienne. Confrontée à une situation de crise permanente, Rima Abdul Malak a du s’adapter : elle consacre désormais une part importante de son activité à la gestion logistique et psychologique de ses équipes, tout en maintenant l’indépendance éditoriale du journal face aux pressions politiques et à la désinformation.
"L*’information est un combat parce qu’on est dans une période de manipulation et de désinformation de toutes parts. Il y a énormément de fausses vidéos qui circulent, de fausses informations, de guerres de narratifs.*"
La culture comme rempart à la guerre et comme résilience
"Il était hors de question, malgré la guerre, de renoncer aux pages culturelles et à l’Orient littéraire. Au contraire, nous voulons montrer comment les artistes, la scène culturelle, se mobilisent" nous explique l’ancienne ministre.
Face à l’effondrement du quotidien, la culture s’affirme, selon Rima Abdul Malak, comme un acte de résistance indispensable. L’engagement des artistes et le maintien de programmations culturelles, même en zone de guerre, permettent aux populations de conserver un horizon au-delà de la survie immédiate. La directrice de L’Orient-Le Jour souligne que cette vitalité artistique, qu’elle soit théâtrale, cinématographique ou poétique, constitue un lien social crucial et une force transformatrice pour les individus en détresse.
Un monde de la culture française en crise
En tant qu’ancienne ministre de la Culture en France, Rima Abdul Malak observe les récentes transformations à l’œuvre dans le monde culturel français. Alors qu’intervient le limogeage d’Olivia Nora, directeur historique de la maison d’édition Grasset, le monde la culture est mis sous pression par les ingérances idéologiques et les pressions économiques.
Pourtant longtemps considérée comme un service public, la culture française est aujourd’hui en crise : "Depuis Malraux, la culture française est vue comme un bien public aussi important que l’eau ou l’électricité, explique Rima Abdul Malak, pourtant, aujourd’hui, ce consensus est fragilisé. On le remarque à la fois au niveau national et au niveau local, au sein de certaines collectivités et cela concerne tous les bords politiques".
