Dépasser les discours fatalistes. Face à ce constat, Matthieu Pigasse affirme que "l’urgence absolue, c’est le partage des richesses"
par
popularité : 3%

Ci-dessous une émission de France Culture qui mérite pour deux raisons d’être écouté.
1. Pour les propos intéressant de Mathieu Pigasse.
2. Et comment un journaliste, en fin d’émission essaye de « détruire » les propos de son invité, sur des informations peu fiables.
Source : France Culture
Matthieu Pigasse : "Je suis à la disposition de la gauche et donc du pays"
Jeudi 23 avril 2026
Banquier critique du capitalisme, "Bolloré de gauche", oxymore ambulant… Matthieu Pigasse accumule les étiquettes et les paradoxes. Entre audiences records pour Radio Nova et turbulences internes dans son groupe de médias, Combat, que veut vraiment Matthieu Pigasse ?
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/matthieu-pigasse-est-l-invite-des-matins-de-france-culture-4468550
Avec
• Matthieu Pigasse
Homme d’affaires français, propriétaire de plusieurs médias ...
Certains voient en lui un candidat possible pour la gauche en 2027.
En ce printemps 2026, Matthieu Pigasse est partout.
Le 2 avril, il comparaissait devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, accusant le rapporteur de mener une "démarche politique" au service de l’extrême droite. Peu de temps après, le groupe Combat dont il est le président faisait l’objet d’une enquête du journal Libération sur ses tensions internes, tandis que sa station Radio Nova enregistre des audiences records, dans un paysage radiophonique fragilisé.
Énarque, ancien conseiller de Strauss-Kahn et Fabius à Bercy, ancien patron de Lazard France, associé de la banque américaine Centerview, patron du groupe de médias Combat, actionnaire de Mediawan : la presse l’a successivement surnommé de "Bolloré de gauche", d’"Oxymore ambulant”, de “banquier critique du capitalisme", alors qui est vraiment Matthieu Pigasse ?
Un monde gangréné par les inégalités
Matthieu Pigasse décrit un monde "en plein chaos", un "chaos qui se décline de différentes façons" : "la guerre, que ce soit en Ukraine, au Moyen-Orient ou ailleurs, le chaos climatique, avec le réchauffement de la planète, et enfin, le chaos économique et social, celui que l’on connaît ici en Europe et en France particulièrement, celui d’un système capitaliste à bout de souffle, qui se caractérise pour moi par une chose, qui est l’explosion des inégalités".
Matthieu Pigasse réaffirme sa critique, constante depuis plusieurs années, des politiques d’austérité, dont il dit avoir observé les "ravages" en tant que conseiller de plusieurs pays en situation de "détresse financière".
Il insiste sur la gravité de la situation : "Au cours des 25 dernières années, les 1% les plus riches dans le monde ont capté à peu près la moitié de la richesse créée dans le monde. A l’inverse, les 50% les plus pauvres en ont capté seulement 1%. En France, les 10% les plus riches contrôlent plus de 50% du patrimoine national. 60% du patrimoine détenu par les Français aujourd’hui provient de l’héritage. 10 millions de Français, 15% de la population, vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec 1200 euros par mois. Ce système est à bout de souffle, il est intenable et il faut agir."
Dépasser les discours fatalistes
Face à ce constat, Matthieu Pigasse affirme que "l’urgence absolue, c’est le partage des richesses", passant par "une taxation des ultra-riches, une taxe du type Zucman, un système fiscal plus juste" et un réinvestissement dans les services publics, qui constituent "le patrimoine de ceux qui n’en ont pas". Il propose de s’attaquer aux niches fiscales dans lesquelles disparaissent 85 milliards d’euros chaque année, de lutter contre "le séparatisme fiscal" opéré par les plus riches. Il rejette toute résignation : "il n’y a pas de fatalité, il est posisble de changer les choses, rien n’est jamais figé".
Il s’oppose frontalement aux discours dominants et plus précisément à "tout le discours fataliste sur la dette française", dont il conteste le fondement technique : "Vous dites par exemple, le ratio dette sur PIB, comme on l’appelle communément, est de 118%. En réalité, quand vous faites ça, vous rapportez un stock de dette à un flux, qui est celui de la richesse créée chaque année, le PIB. Cela n’a pas de sens de comparer un stock à un flux, il faut comparer un stock à un stock". Il dit ainsi : "il n’y a aucun problème de liquidité, aucun problème de solvabilité de la dette française". Il résume sa position par une affirmation volontariste : "oui, c’est possible, tout est possible, mais il faut une ambition, un projet politique".
A lire également sur notre site
