Après l’électrochoc de l’été 2026, ils et elles ont décidé de « passer à l’action »
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Source : Reporterre
Par Léa Guedj 31 août 2026
Après l’électrochoc de l’été 2026, ils et elles ont décidé de « passer à l’action »
Après la sidération, le temps de l’action. En cette rentrée, à la sortie d’un été surchauffé et incendiaire, ils et elles ont décidé de changer leur mode de vie et de s’engager.
À la sortie de cet été des catastrophes, entre vagues de chaleur, sécheresse et incendies, rendus plus fréquents et intenses par le réchauffement climatique d’origine humaine, Reporterre a adressé un appel à témoignages à ses lecteurs et lectrices : êtes-vous en colère et comment avez-vous décidé d’agir ? Nous avons recueilli des dizaines de témoignages de personnes accablées par les phénomènes intenses estivaux, mais prêtes à agir.
De la tristesse à la détermination
« Je suis en colère, triste, anxieux, mais déterminé », répond Paul, ingénieur de 33 ans dans le ferroviaire. Son enfant, né en mars, a traversé les canicules dans les premiers mois de sa vie. Dans l’appartement parisien, la température a dépassé 30 °C, jour et nuit, en juin. Paul en veut à son propriétaire, « de [lui] louer un appartement sous les toits mal isolés, sans réaliser de travaux ». Mais il en veut surtout au gouvernement pour son inaction, aux climatosceptiques et « à ceux qui continuent de mener leur vie comme si de rien n’était ».
Il s’attriste du sort réservé aux oiseaux qu’il apprécie observer en vacances à Lacanau, dans la Gironde touchée par les incendies, ainsi que des montagnes où il aime tant randonner et grimper, dans le Vercors, les Écrins et dans le massif du Mont-Blanc. « Je sais que mon garçon ne les connaîtra pas telles que je les ai connues, ça me rend triste pour lui », confie-t-il.
En quête d’un « changement radical »
De retour à la capitale, après des vacances passées entre l’Auvergne et la Bretagne, Paul souhaite un « changement radical ». L’été 2026 pourrait bien s’avérer déterminant dans sa trajectoire de vie. Il a décidé de « passer à l’action ». Non seulement en devenant végétarien, voire végétalien, mais aussi en s’engageant comme bénévole chez Oxfam France pour aider à combattre les inégalités, « terreau d’isolement et frein à la transition écologique de la société ».
La plus grande bascule qu’il souhaite opérer, c’est de changer de métier « pour lutter plus directement contre le dérèglement climatique et l’effondrement des écosystèmes ». Il envisage de postuler pour « une entreprise dans la transition écologique » ou une association de défense de l’environnement. « Je ne souhaite plus revivre un été comme celui de 2026, et je prends ces engagements autant pour aider à réparer mon environnement que pour préserver ma santé mentale », dit-il.
Un bulletin de vote « plus radical »
« Je fais déjà ce que je peux depuis vingt ans en étant gérante d’un magasin bio dans mon village », explique de son côté Isabelle. Sensible à la cause écologique de longue date, elle constate avec amertume la succession de « décisions ubuesques » qui vont « à contre-courant de ce qu’il faudrait faire », comme la loi d’urgence agricole, promulguée le 19 août.
« J’en serai, prête à agir »
Après des années à constater « l’inaction politique face à ce qui se prépare », ces derniers mois ont été pour elle « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ou plutôt l’étincelle qui met le feu aux poudres ». Isabelle est prête à prendre les choses en main, « individuellement et collectivement », notamment dans de grands chantiers collectifs de végétalisation. Planter, « partout où cela est possible », à l’image du mouvement de Green Guerilla qui semait des graines dans le New York des années 1970. Elle espère qu’à la rentrée, nous serons « tous dans la rue » pour exiger des politiques à la hauteur des enjeux environnementaux et climatiques. « J’en serai, prête à agir », annonce-t-elle.
« Je suis en colère », martèle de son côté Marie-Ange, 73 ans, qui ressent une écoanxiété grandissante. La retraitée de l’éducation nationale bouillonne « face à l’inaction du gouvernement » et « contre ces grandes industries qui ne voient que leur profit pendant que les “petits” du peuple effectuent leurs “petits gestes pour la planète” ».
La Stéphanoise a participé pendant des années aux manifestations et signé les pétitions, avec le sentiment que « ça n’a pas servi à grand-chose ». À la présidentielle de 2027, elle envisage de déposer un bulletin de vote « plus radical » qu’aux précédentes élections. « Si j’étais plus jeune, j’aurais été activiste et participé à des actions directes, mais je ne cours plus assez vite », explique Marie-Ange.
Une rentrée de mobilisations
Cet été 2026 a créé un électrochoc pour de nombreux Françaises et Français, qui se sont engagés face au constat de l’inadaptation de leur logement, en signant la pétition « Pas de volets, pas de loyer », où qui se sont rassemblés devant les écoles aux classes surchauffées, avec le mouvement Faites-la briller. Le compteur des « sinistrés climatiques » a quant à lui rapidement explosé, pour dépasser les 142 000 participations.
En cette rentrée, les appels à se mobiliser se multiplient pour réclamer des moyens d’adaptation et des mesures d’atténuation du réchauffement climatique. Un rassemblement est annoncé le 15 septembre devant le ministère de l’Économie et des Finances, à Paris.
Les syndicats de pompiers ont quant à eux appelé à la grève et à des rassemblements du 26 au 29 septembre.
septembre. Les Soulèvements de la Terre démarrent le 3 octobre leur campagne contre les pesticides, sur le site de Syngenta dans l’Eure, et un weekend de mobilisation est annoncé dans le Tarn, avant la mise en service de l’autoroute A69. Est-ce aussi le retour des grandes marches pour le climat ? En tout cas, un appel à marcher « partout en France pour le climat » a été lancé pour le 26 septembre.
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