Election au Québec : Voter Québec Solidaire, c’est se redonner de l’espoir en l’avenir

dimanche 23 septembre 2018
par  onvaulxmieuxqueca
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Allo le monde ! On a raison de se révolter !

À quelques jours du Jour J, il semble que QS fera un bond important sur la scène électorale.

on recommence !

Source : Presse-toi-à gauche
Editorial

Voter QS, c’est se redonner de l’espoir en l’avenir

samedi 22 septembre 2018 / DE : Presse-toi à gauche

« Je crois que finalement je vais voter pour les solidaires. »

« Une victoire de QS me redonnera le courage de m’impliquer, de faire respecter mes droits. » « L’élection de 3 QS en 2014 a bousculé le parlement, imagine si on avait le double, le triple. »
Plusieurs des commentaires entendus à Québec, à Rouyn-Noranda, à Rimouski, à Sherbrooke, à Saguenay, à Montréal et à bien d’autres endroits où on avait par le passé plus de chance de tomber sur des conversations sur la température plutôt qu’à propos de l’élection qui arrive bientôt à sa ligne d’arrivée et de la performance de QS. Voter QS n’est plus un geste réservé aux militant.e.s. C’est maintenant le lot de franges de plus en plus nombreuses de la population.

Les partis néolibéraux ont sorti les beaux discours et les belles promesses durant cette campagne.

Le PLQ a retrouvé son sourire de prédateur des services publics et le buffet ouvert au privé pourrait demeurer accessible aux profiteurs en cas de victoire surprise. Longtemps en tête, la CAQ descend en vrille depuis le début de la campagne en s’appuyant sur des promesses qui ne tiennent pas la route et un chef qui démontre jour après jour son incompétence.
Le PQ agit comme il l’a fait par le passé : durant son passage à l’opposition, il soutient des mesures dites « progressistes » pour les renier aussitôt au pouvoir.

De plus, il oscille entre les discours identitaires typiques de la droite populiste et ses engagements qui tendent la main aux mouvements sociaux, une main de moins en moins invitante comme on a pu le voir lors du dernier débat à TVA. Bref, rien pour redonner confiance dans le processus démocratique.

Les mouvements sociaux au Québec n’ont pas eu beaucoup à célébrer récemment. La fragile victoire dans le dossier du pipeline Energie Est doit être mise en perspectives avec le développement honteux du projet Trans Mountain où les libéraux de Trudeau ont littéralement sauvé l’industrie.

Il y a bien eu quelques succès ici et là mais rien de majeur qui permettrait de regarder l’avenir avec un optimisme décomplexé. Les médias font écho des pressions du lobby des énergies fossiles dans la présente campagne.

Les cachoteries des libéraux de Couillard dans le dossier de la fracturation hydraulique montrent que les conquêtes populaires peuvent être remises en question en tout temps et que la vigilance est à l’ordre du jour.

Alors, la présence de véritables allié.e.s dans les instances élues peut faire une différence lorsque vient le temps de combattre le discours des puissants et de construire un rapport de force pour contrer des projets malsains à large échelle.

Québec solidaire a mené une campagne électorale intense. Les annonces se sont succédées à un rythme accéléré sans donner dans le clientélisme comme ce fut le cas des trois autres partis.

QS a présenté un programme de transition pour lutter contre les changements climatiques qui montre la priorité qu’accorde le parti pour cette bataille. On peut en critiquer certains aspects mais il est à milles lieux des engagements des autres partis. Et les appuis populaires progressent de façon marquée selon ce que les sondages nous disent. Des centaines de militant.e.s sont mobilisé.e.s afin de faire une politique différente, une politique pour ceux et celles d’en bas, les classes ouvrières et populaires, les femmes, les jeunes et les écologistes.

La base de QS n’a jamais été aussi massive.

Elle dépasse dorénavant les couches militantes. Et elle déborde largement les limites de l’île de Montréal, plus de 60% de ses membres habitant hors de Montréal.

La présence d’une délégation de député.e.s solidaires peut contribuer à redynamiser les mouvements sociaux et redonner confiance dans les mobilisations si nécessaires pour faire barrage aux offensives de la droite qui ne manqueront pas de poursuivre le travail de sape en faveur des riches et puissants.

Une telle délégation pourrait s’assurer que le débat et l’adoption d’une réelle proportionnelle pour que cette élection 2018 soit la dernière héritière de cette tradition britannique et que dorénavant chaque vote compte.

Elle pourra faire écho aux revendications et mobilisations des mouvements sociaux comme elle l’a fait dans le passé mais avec une puissance décuplée. Elle pourra porter des dossier devant l’opinion publique, fouiller les scandales qui ne manqueront pas de rebondir avec une capacité de recherche multipliée.

Le 1er octobre risque de marquer une étape importante dans la construction de cette remobilisation populaire. Un vote marquant en faveur de QS et une délégation accrue de député.e.s redonnera espoir et courage à tous ceux et celles qui veulent bloquer les projets néolibéraux et reprendre l’offensive en faveur de meilleurs services publics, d’une meilleure éducation, d’un meilleur système de santé et d’une lutte aux dérèglements climatiques à la hauteur du défi immense qui se présente à nous. Le 1er octobre, on vote QS.


Manon Massé au Dialogue jeunesse

À quelques jours du début de la campagne électorale provinciale, les chefs des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale ont répondu aux questions de jeunes âgés de 18 à 35 ans, dans le cadre d’une discussion organisée par l’école d’été de l’Institut du Nouveau Monde et « Le Devoir ». Voici les réponses de Manon Massé, co-porte-parole de Québec Solidaire.


Source : Presse-toi à gauche

Le moment de QS

mardi 25 septembre 2018 / DE : Pierre Beaudet

À quelques jours du Jour J, il semble que QS fera un bond important sur la scène électorale.

D’emblée, il faut dire que ce n’est pas rien, dans le système politique pourri et l’univers médiatique toxique qui est le nôtre. Depuis longtemps pour ne pas dire depuis toujours, ce dispositif du pouvoir est très hostile aux propositions qui visent à transformer la société. L’idée est de les diaboliser, de les dénigrer et au mieux, d’en faire des personnages folkloriques, des pelleteux de nuages.

Ce cynisme a été intégré depuis quelques années par des secteurs politiques qui au départ se disaient en faveur du changement. Pas seulement au Québec, mais dans divers pays, plusieurs se sont installés dans le confort relatif de l’individualisme possessif. On se dit, « on ne peut rien faire ».

Et de toutes façons, « le peuple est trop endormi pour vouloir le changement ». Surtout, il ne faut pas secouer la cage. Cette idéologie de perdants a été et reste reprise par l’intellectualité réactionnaire qui domine l’éducation et les médias, à part quelques exceptions. On enseigne aux gens, particulièrement aux jeunes, à cœur de journée, que l’histoire est terminée et que le monde est divisé entre des entrepreneurs agressifs et des incompétents génétiquement programmés.

Devant ce barrage intense, plusieurs parties de la société ont intégré cette résignation.

Cela passe par « on-ne-peut-rien-faire », en bifurquant par une fausse neutralité pour en fin de compte se confiner à une posture peureuse, pour ne pas dire cynique.

Oui, le dispositif du pouvoir est fort.

Mais attention, regardez le monde où l’on vit.

Ne pas percevoir que dans l’océan des dominants s’esquisse une grande vague de changement est pour dire les choses poliment une grave erreur.

Une « crise des crises » frappe de tous bords tous côtés le système politique, l’économie, la société, sans compter la pachamama, qui pourrait basculer dans quelques années.

Alors comment ne pas voir, y compris ici, le processus lent de maturation et de contestation qui s’amorce, et qui a été annoncé par la Marche des femmes (1995), le Sommet des peuples des Amériques (2001), les grèves anti-Charest (2003), l’essor d’un environnementalisme militant (2010). Quand les étudiants ont sonné le réveil en 2012, plusieurs étaient désemparés, et en même temps, réjouis.

Allo le monde ! On a raison de se révolter !

Le signal continue de s’infiltrer, mais d’une manière subtile que nos amis zapatistes ont mieux compris que bien des « experts et compétents » : « la lutte est un marathon, pas un sprint ».

L’histoire du changement ne se réalise pas par quelques évènements spectaculaires, ni par quelques sauveurs.

Une fois cela dit , cela prend beaucoup d’intelligence, de patience, de détermination.

Que Québec Solidaire ait pu créer des fissures dans le mur de l’anti-démocratie qui nous gouverne est en soi tout un accomplissement.

Énormément de monde se sont investis dans ce processus amorcé il y a à peine 10 ans par une poignée de visionnaires, dont Françoise David, François Cyr, Alexa Conradi, François Saillant et plusieurs autres.

À cela s’est ajouté ces derniers temps le talent de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois, sans compter le travail acharné de 125 candidat-es et d’une petite armée de travailleurs de l’ombre, animée entre autres par Simon Tremblay-Pepin.

Si tout cela se confirme le 1er octobre, il sera désormais possible de penser à un début de rupture qui devra, c’est certain, affronter 1000 défis.

Parmi ceux-ci, il y en a quelques-uns qu’il faut commencer à discuter.

La nécessaire transition qu’esquisse QS sera non seulement difficile, mais elle ne pourra pas se faire sans une formidable mobilisation par en bas.

Avoir 6 ou 8 ou 15 Solidaires à l’Assemblée nationale sera une bonne chose, mais le rapport de forces ne changea pas sans cette mobilisation.

Dans ce sens, l’initiative doit passer aux mains des mouvements populaires qui ne doivent surtout pas se contenter d’attendre des miracles sur la scène parlementaire. Les « vrais » dominants, eux, le savent très bien, protégés qu’ils sont dans les officines de l’État et des grandes corporations, et pas seulement sur le plan local. Ils vont continuer dans une impitoyable « guerre de position » à organiser et à imposer leurs politiques réactionnaires.

D’autre part, ces dominants sont internationalisés, pour ne pas dire « internationalistes », à leur manière.

C’est bien trop évident ici, à quelques kilomètres d’un empire certes dominant, mais qui garde beaucoup de puissances pour empêcher les peuples de s’émanciper.

Ce fut une des erreurs les plus dramatiques du PQ, pour ne pas le nommer, de penser une seconde qu’on pouvait « amadouer » les États-Unis.

Pour éviter cette illusion, il faudra travailler avec le reste du monde, y compris, d’ailleurs, avec les États-uniens eux-mêmes, qui résistent contre les délires de Trump.

Également, il se passe des choses intéressantes dans le reste du Canada, du côté des luttes écologistes notamment. Ce sont nos frères et nos sœurs, il faut travailler avec eux.

Cet internationalisme dans nos mouvements et nos luttes n’est pas un luxe, ni un discours pour terminer un congrès.

Le monde est réellement globalisé, ce qui ne nie pas l’importance des dynamiques locales, en autant qu’on puisse établir les passerelles, comprendre et agir. On le fait déjà, il faut en faire plus et mieux.

Autre défi, il faudra continuer à sortir du périmètre.

L’avancée de QS démontre que c’est possible d’aller vers le « monde ordinaire », notamment de démontréaliser la contestation.

Une fois dit cela, une petite partie du chemin a été parcourue. Un des plus grands défis est d’inclure la diversité québécoise dans le processus.

C’est malsain que nos mouvements, y compris QS d’ailleurs, restent surtout très « blancs », et pas seulement au niveau de la couleur de la peau.

La percée qu’on constate avec de sympathiques personnalités comme Andrés Fontecilla et Alejandra Zaga Mendez et quelques autres braves devra être multipliée par 1000.

Et pour cela, il faudra élargir la distance, et de beaucoup, qui nous sépare déjà de la pathétique idéologie de l’identitarisme et dont les aboutissements sont le racisme et l’exclusion. Il n’y aura tout simplement pas de projet de construction d’un nouveau Québec sans inclure la diversité qui dans 5 ou 10 ou 15 ans sera une très grande partie de la population (allez dans les écoles pour voir ce qui se passe !).

La même posture reste prioritaire avec les Premiers Peuples. Ils nous le disent souvent, ils ne sont pas, ils ne veulent pas être des Québécois-es. Ils sont eux-mêmes, et ils ont des droits sur leurs territoires, leurs sociétés, leurs économies. Il n’y a pas d’autre chemin que de vivre la cohabitation sur un pays potentiel qui sera plurinational ou qui ne sera pas.

Enfin pour ne pas s’éterniser, il faut reconstruire notre rapport avec la totalité du monde où les sapiens-sapiens que nous sommes constituent une toute petite partie de ce qu’il est.
La pachamama, comme nous l’ont d’ailleurs enseigné les Premiers peuples, constitue un tout organique. Elle est fatiguée, peut-être même fâchée des terribles dommages qui lui ont été infligés par le capitalisme prédateur.

C’est pourquoi on se dit qu’il faut changer non seulement l’économie et tout ce qui va avec, mais le paradigme, la vision du monde, en fin de compte, nos vies !

Le 2 octobre, on recommence !


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