« Si les bulldozers arrivent, je m’enchaîne à mon cerisier » : dans les jardins ouvriers, on résiste au béton

mercredi 14 avril 2021
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Basta

« Si les bulldozers arrivent, je m’enchaîne à mon cerisier » : dans les jardins ouvriers, on résiste au béton

par Anne Paq, Loez 14 avril 2021

Menacés par les JO, les jardins ouvriers d’Aubervilliers se mobilisent ce 17 avril.

Parce que, comme leurs occupants, ils sont beaux et vitaux, c’est en photos que Basta ! raconte cette nouvelle lutte du pot de terre contre le pot de fer (et de béton).

Pour l’automobiliste pressé de la D27 reliant Aubervilliers à Bobigny, dans le nord-est de Paris, les jardins ouvriers des Vertus passeraient presque inaperçus derrière leurs grilles végétalisées.

Leur superficie initiale de 62 000 m² a été amputée au fil des ans d’environ deux-tiers, notamment par la construction d’un grand parking près du métro.

Les 26 000 m² actuels sont divisés en 85 parcelles gérées par une association créée en 1935. Mais le futur des jardins s’est obscurci quand, au début de l’été 2020, le projet de construction d’un complexe aquatique aux dimensions démesurées – avec piscine olympique et solarium – est venu menacer de destruction 18 parcelles des jardins ouvriers, soit 4000 m² [1].

© Anne Paq / Loez

D’autres risques pèsent à plus long terme avec l’aménagement d’une gare de métro de la ligne 15 du Grand Paris Express et d’un « écoquartier » sur la ZAC du Fort d’Aubervilliers.

Ces chantiers sont portés par la société du Grand Paris Aménagement (GPA), qui est restée suffisamment vague lors de la consultation des habitant.es, pour que la menace pesant sur les jardins ne soit pas flagrante. Meriem Derkaoui, l’ancienne maire d’Aubervilliers (PCF), a signé le marché avec le groupe de BTP Spie Batignolles pour construire le centre aquatique en juin 2020 pour un montant de 33, 6 millions d’euros.

La nouvelle maire Karine Francklet (UDI) ne remet pas en cause le projet
 : « Je ne veux pas qu’on dise que ce n’est qu’une ville de pauvres. C’est une ville qui ne demande qu’à décoller. La piscine sera bonne pour l’image de la ville. »

« Compensation ? Ce sont des mots de technocrates ça »

Si les JO de 2024 sont un prétexte pour justifier la piscine olympique qui servirait uniquement pour l’entraînement des athlètes, ces aménagement sont en réalité pensés à plus large échelle, dans une dynamique de profond changement du quartier autour du Fort d’Aubervilliers.

Dans cette zone cohabitent actuellement grands ensemble d’habitat populaire, friche du fort, et tours d’une ancienne caserne de gendarmerie. La société GPA voit grand pour attirer un public qui n’a plus les moyens de se loger à Paris et se montre sensible à la notion pourtant très floue d’ « écoquartier ».

Toute la zone est une vraie aubaine pour des promoteurs pour qui la nature ne vaut que si elle devient une carte postale vendeuse.

GPA se veut bien sûr rassurant sur l’avenir des jardins en promettant qu’il y aura « compensation » pour les parcelles détruites. D’autres terres seraient mises à disposition dans des jardins situés dans la commune voisine de Pantin ou dans une autre zone du Fort d’Aubervilliers où un bois sauvage serait alors rasé. La notion même de « compensation » est cependant remise en cause par des jardinières et jardiniers qui travaillent depuis des années la terre de leur parcelle.

« Compensation ? Ce sont des mots de technocrates ça, s’insurge Viviane dont la parcelle est directement menacée de destruction. Je n’ai pas de camion de déménagement pour les lombrics qui habitent ici. »

Élise, une autre jardinière, affirme aussi son scepticisme : « Quand bien même ils [GPA] tiendraient leurs promesses, ils ne peuvent pas déplacer un cerisier qui a trente ans. C’est pas possible. »


Elise, jardinière qui habite à Paris : « Quand j’ai appris que ma parcelle allait être détruite, j’ai été abattue. Je me suis dit : on peut pas lutter, il y a trop d’enjeux économiques. Je partais perdante. Quand je vois maintenant toute la mobilisation autour de nous, je me dis que peut-être finalement on a une chance. »
© Anne Paq / Loez

Des jardins populaires où l’on entend parler kabyle, chinois, portugais, arabe...

À l’image d’Aubervilliers, les jardinier.es des Vertus sont d’origines diverses – plus d’une vingtaine de nationalités selon Gérard M. – et pour beaucoup issu.e.s de classe populaire. Si ces dernières années des personnes plus jeunes sont entrées, la majorité sont à la retraite et la moyenne d’âge tourne autour de 70 ans. Certain.es travaillent leur terre depuis plusieurs décennies. Entre les pépiements des perruches sauvages et des mésanges qui peuplent les arbres, on peut entendre parler kabyle, chinois, portugais, arabe...

Pour la plupart, avoir un jardin est un retour à leur histoire familiale liée à leur région natale, comme en témoigne Mohammed qui cultive un jardin depuis cinq ans. « Mes liens avec les jardins, ça remonte à loin. Déjà au Maroc je faisais partie d’une association pour la nature », explique-t-il.

Viviane, qui cultive un jardin depuis un an, évoque pour sa part une mère qui travaillait dans l’horticulture et un oncle paysagiste : « On a tous la main verte dans la famille ». Parfois c’est aussi un vieux rêve ou une évidence, comme pour Gérard C. : « Qui est-ce qui m’a appris à jardiner ? C’est ma mère, c’est mon grand-père, c’est mon oncle. Mon grand-père m’a appris à tailler la vigne, mon oncle à cultiver, à utiliser des engrais verts, respecter les saisons pour planter tout ça... J’étais jeune mais c’était une passion. Et puis je suis quelqu’un de la nature. »


Pour Viviane, « les jardins, c’est central, parce que je ne suis pas une urbaine de base. J’aime avoir les mains dans la terre, cultiver, avoir un lien avec la nature. Ce jardin me permet de manger, c’est très important aussi. Je suis attachée à l’alimentation locale, bio. » © Anne Paq / Loez

« Si on nous enlève les jardins, on nous enlève le cœur en même temps »

En Seine-Saint-Denis, troisième département le plus densément peuplé de France, et l’un des plus bétonnés et des plus pollués, le jardin permet d’échapper à la ville et offre une respiration.

« On se défoule un peu ici pour oublier la ville » explique Lotfi. Beaucoup viennent pour le simple plaisir d’être dans cet îlot de verdure, propice à la détente. « Là, je suis sous ma promesse. Mon cerisier c’est une promesse. Quand vous voyez un cerisier au printemps quand il est tout blanc, avec mon épouse on appelle ça la promesse parce qu’il est plein de fleurs », raconte Gérard M., longue barbe blanche et verbe haut, jardinier depuis 2003.

Lofti, qui cultive une parcelle aux jardins d’Aubervilliers depuis 8 ans. « Oui on est affectés. Ils vont creuser à ciel ouvert. Tout va être démoli. Je ne sais pas ce qu’on va faire. Si on nous enlève les jardins, on nous enlève le cœur en même temps. » © Anne Paq / Loez

Beaucoup de jardinier.es mettent en avant le fait de cultiver des produits « bio », sans engrais, dont la saveur n’a rien à voir avec celle des produits de supermarché, comme l’explique Lotfi.

« Nous mangeons beaucoup de choses de notre jardin : pommes de terre, tomates, raisin, figues, petits pois, haricots verts, carottes... et tous les ans on change de catégorie. On nourrit aussi nos petits-enfants et surtout c’est bio. C’est pas traité. Le goût n’est pas le même que quand on achète au marché. » Quand il est cultivé pour fournir des légumes, le jardin permet de contribuer de manière importante à l’alimentation des jardinier.es tout au long de l’année, fournissant un appoint non négligeable aux revenus les plus chiches.


© Anne Paq / Loez

Un lieu de transmission, d’apprentissage et de partage

Les légumes qui poussent en abondance l’été sont congelés pour être mangés l’hiver.

Et bien souvent, quand il y a trop, on donne. Si chacun.e aime la tranquillité de son lopin de terre, le partage est souvent la règle : on échange des kilos de figues contre des kilos de cerises, des courges de Siam contre des choux du Portugal, ou un coup de main pour bêcher le jardin des personnes dont le dos n’est plus aussi solide.

«  Ce qui est important c’est de participer à quelque chose de collectif, des liens sociaux se créent ici. Mais aussi pour les loisirs, nous n’avons pas de maison de campagne. Et puis il y a l’apprentissage, j’ai beaucoup appris », affirme Mohammed. « Moi je suis un jardinier marginal qui aime expérimenter ! Je fais des légumes anciens dont on ne parle plus, des tomates toutes biscornues qu’on ne trouve pas ailleurs », ajoute t-il avec fierté.


Mohammed, aux jardins ouvriers depuis 6 ans : « Derrière le béton il y a de très grandes puissances. Nous devons protester. Protéger les jardins, ce n’est pas une démarche égoïste. On veut léguer quelque chose à la communauté. Ce n’est pas pour moi, c’est pour tout le monde. La personne qui était avant moi sur ce jardin a laissé du matériel, a travaillé la terre, et je ferai la même chose. La terre n’est pas à nous. » © Anne Paq / Loez

Les jardinier.es qui partent lèguent aux arrivant.es leur cabane, souvent une partie de leurs outils et de leurs cultures.

Comme l’explique Gérard M., c’est la cooptation par un autre jardinier qui lui a permis d’apprendre à cultiver, lui qui n’y connaissait rien.

Pour Dolorès, cette dynamique du partage pourrait incarner le futur des jardins : « Il y a des choses à transmettre, je pense que c’est important pour les personnes qui vivent ici, pour les habitants qui sont là autour, qu’il y ait cette transmission. Les jardins ça pourrait être un lieu de partage, un lieu d’ouverture où on pourrait, et j’ai déjà commencé, faire des séances de jardinage partagé. J’ai toute une liste avec qui je peux communiquer de personnes et puis leur dire : bah voilà si vous voulez je suis au jardin, on peut se prévoir une séance. »


Les cabanes, pour ranger les outils et s’abriter des intempéries, sont souvent héritées des personnes qui occupaient précédemment les parcelles. « Je trouve le lieu très beau et très poétique. Toutes les cabanes de bric et de broc, c’est quelque chose qui me touche. C’est un patrimoine des jardiniers qui sont passés là avant, qui ont bricolé ça et qui le laissent aux jardiniers d’après », explique Dolorès. © Anne Paq / Loez

« Avant le covid, toutes les écoles venaient ici »

Le partage, c’est aussi celui d’une mémoire, du temps où les maraîchers de la Plaine des Vertus alimentaient tout Paris en légumes.

On retrouve cette histoire dans plusieurs ouvrages, et d’aucun.es affirment qu’une forme de permaculture serait née dans ces plaines maraîchères afin de pouvoir produire toute l’année. Une variété d’oignon, « l’oignon des vertus », aurait même été sélectionnée ici...

Ce sont aussi des mémoires plus personnelles, comme pour Gérard C., qui cultive une parcelle depuis treize ans. Il montre du doigt une plante dont on aperçoit à peine quelques pousses verdoyantes sous un doux soleil d’hiver : « Ce sont des violettes blanches que maman avait dans son jardin et c’est un attachement.

Et vous avez le lys royal aussi qui est là et qui est magnifique, qui vient du jardin de maman aussi, et que j’ai planté là. J’ai ma sœur qui habite en Corse, je ramène des fleurs de chez elle, j’ai des arbres là-bas que j’ai ramené de Corse et que je fais pousser. Ici tout ce que je fais a une histoire. ». Gérard s’occupe aussi de ruches, qu’il installe sur une parcelle aujourd’hui menacée de destruction, et donne volontiers un coup de main aux personnes qui physiquement ne peuvent plus assurer certaines tâches.


Gérard C. essaye de faire rentrer une poule dans son enclos. « Il y a le plaisir de faire pousser. Je sème mes petites graines, mes petits pois, mes petites fèves, et puis j’arrive quelques jours et je dis à ma femme "Chérie j’ai mes fèves elles sont hautes comme ça". Elle me dit, "T’es un vrai gamin avec ton jardin !". Et tout ça ce sont des plaisirs. » © Anne Paq / Loez

Régulièrement, des élèves des écoles de la ville visitent les jardins. Comme en témoigne Ursula, bien emmitouflée dans un manteau et bonnet sur la tête, devant un prunier décoré de guirlandes de Noël où est suspendue une mangeoire pour oiseaux : « Les enfants ne savent même pas comment ça se cultive, comment ça pousse les carottes ou les petits pois. Ils ne les voient qu’en surgelé ou dans les boîtes. Ici on a les enfants qui viennent des écoles du voisinage, mais pas cette année à cause du covid. »

Ursula et son mari, Claude, cultivent ensemble depuis 2007 leur parcelle, qu’ils appellent leur « cadeau de Noël », et résument ce que leur apporte les jardins en deux mots : « liberté » et « partage ».


Claude et Ursula, aux jardins ouvriers depuis 13 ans : « C’est l’espace où on peut respirer. Chaque jardinier sait qu’avoir des arbres donne de la fraîcheur dans les jardins et en ville surtout. Les gens des grands immeubles d’en face nous disent : c’est notre poumon. », explique Ursula. © Anne Paq / Loez

Le jardin est aussi un lieu où inviter les proches à passer du temps. Aux beaux jours, les tables sont sorties devant les cabanes, et le casse-croûte est partagé.

C’est donc un lieu important pour la sociabilité de personnes souvent âgées.

Ursula, qui a l’habitude d’inviter ses amies pour se retrouver sous l’auvent de son abri et discuter, compare avec l’Ehpad à deux pas où « il n’y a même pas un petit jardin pour que les personnes âgées puissent sortir de leur chambre. »

Pendant le confinement, cela leur a permis d’avoir un espace où respirer. Beaucoup n’hésitent pas à dire que c’est le jardin qui les a maintenus vivant.es face à l’isolement social imposé, devenant un besoin vital, comme pour Élise : « Depuis deux ans et demi ça a complètement bouleversé ma vie. Ici il y a le bonheur de voir pousser les plantes. Chaque petit bourgeon qui éclot, c’est la vie qui rejaillit en moi. Mais il y a aussi quelque chose auquel je ne m’attendais pas et que je n’ai jamais attendu de ma vie, c’est le plaisir d’être avec les autres. »

« Il y a un nouveau virus, la bétonnerie »

Les jardinier.es sont également très conscient.es de l’importance écologique de leurs parcelles, et de l’absurdité de les détruire à l’heure où l’on parle de réchauffement climatique.

Ils constituent un puits d’oxygène et permettent de rafraîchir une zone envahie par le béton. À Aubervilliers, les espaces verts sont déjà rares – 1,42 m2 par habitant, alors que l’objectif affiché de la région est de 10 m2. « Il y a un nouveau virus, la bétonnerie. Méfiez-vous de la bétonnerie ! » souffle Gérard M. 


« Des légumes, pas du bitume ! Des lilas, pas des gravats ! » sont entendus lors de la première manifestation organisée par les jardinières et jardiniers contre l’annonce du chantier de la future gare de la ligne 15 du Grand Paris Express qui aura un impact sur les jardins ouvriers des Vertus. Le chantier a pour le moment été repoussé en 2030. © Anne Paq / Loez

Dolorès s’insurge aussi contre la destruction d’une partie des jardins.

À peine arrivée sur la parcelle d’un de ses amis, Ziad, qui lui a demandé de la cogérer avec lui, elle apprend que ceux-ci sont menacés.

« On s’est mobilisé.es dès juin pour dire : ’’Ben non on veut pas des gravats, allez mettre les gravats ailleurs’’.

En fait il y a eu des mensonges, parce que les politiques savaient très bien que cela n’allait pas être les gravats, mais rien n’a été dit aux jardiniers. Et on a appris fin juillet que c’était la piscine, le solarium, le centre fitness qui allaient être construits sur les jardins. Il y a trop d’enjeux imminents en termes de destruction de la biodiversité, des espèces, de la terre. Avec le réchauffement climatique, la pollution, on ne peut pas continuer comme ça. Ce changement sera collectif, créatif, solidaire et moi j’ai envie de participer à ça dans le temps qu’il me reste », explique Dolorès.


Très impliquée dans la lutte, Dolorès explique : « Je me sens responsable de la terre... La terre c’est une responsabilité collective. On ne peut pas dire "on peut rien faire". Même si cultiver c’est hyper important pour moi, défendre les jardins c’est presque plus important. Ils resteront là après moi. » © Anne Paq / Loez

« Le jour où les bulldozers arrivent, je m’enchaînerai à mon cerisier et je ne bougerai pas »

Beaucoup de jardinier.es sont préoccupé.e.s depuis l’annonce du projet : si leur jardin disparaît, ce sera un choc dont il sera dur de se relever, comme en témoigne Gérard C.

 : « Ils vont détruire ces parcelles. Là il y a des arbres qui sont dans le fond, ce sont des arbres que j’ai plantés. Vous avez des arbres qui ont 70, 80 ans. Des cerisiers, des pruniers, des arbres que j’ai greffés.

Voir ça passer sous les bulldozers...

Vous vous rendez compte ?

Je veux pas être là quand ça va se passer, je veux pas voir ça. »

La création d’un collectif de défense des jardins ouvriers a pu faire refleurir les espoirs de certain.es, d’autant plus que leur combat a rencontré un écho grandissant dans les médias, y compris nationaux.

À ce jour, la pétition pour sauver les jardins ouvriers des Vertus a réuni près de 45 000 signatures. Tous les samedis, des visites aux jardins sont organisées tandis que des banderoles et affiches de protestation commencent à fleurir autour des jardins et dans la ville.


© Anne Paq / Loez

Externe à l’association qui gère les jardins, ce collectif comprend des citoyen.ne.s d’Aubervilliers concerné.e.s, et des jardinières et jardiniers qui refusent de voir les jardins amputés.

Grâce à l’expertise de certain.es de ses membres, il a même pu proposer un contre-projet, qui montre clairement que si le solarium minéral était abandonné – ou tout du moins revu à la baisse et installé sur le toit de la piscine –, les jardins pourraient être épargnés.

Selon Claude, « la piscine qu’ils veulent faire a un budget olympique.

Au niveau investissements Aubervilliers sera aidé, mais après il y a le fonctionnement.

Est-ce que c’est rentable ? Surtout de la manière dont ils veulent le faire. Un solarium, un hammam... Est-ce que c’est vraiment le but de l’ouvrier d’Aubervilliers ? Beaucoup n’ont rien à foutre du solarium et du hammam ! »

En février, des marques faites à la bombe fluo sont apparues dans les jardins sur du romarin, et sur des portillons, pour tracer la zone des jardins qui, d’après le projet, sera détruite et bétonnée.

Autant de signes que le projet avance.

Le terrassement lié à la construction du centre aquatique pourrait commencer dès ce printemps. La lutte des « potirons contre le béton » changera alors probablement de forme. Pour Élise, « le jour où les bulldozers arrivent, moi je m’enchaînerai à mon cerisier et je ne bougerai pas. »

Texte : Anne Paq et Loez
Photos : © Anne Paq

En une : Vue générale des jardins ouvriers des vertus à Aubervillers, sur la partie directement menacée par le projet de construction d’un centre aquatique. En arrière-plan, les tours de la cité des Courtillières à Pantin. © Anne Paq

Une mobilisation prévue le samedi 17 avril

Une manifestation « contre la ré-intoxication du monde » est appelée par le Collectif de défense des Jardins Ouvriers des Vertus et leurs soutiens :

Rdv à 10h30 Place de la Mairie à Aubervilliers et manifestation jusqu’aux Jardins Ouvriers des Vertus (métro Fort d’Aubervilliers, ligne 7). Pique-nique et ateliers d’information sur la menace imminente qui pèse sur les jardins.


Gerard M., vice-président de l’association, aux jardins depuis 2003. « La vie est là aussi, quand l’été vous arrivez à 10 ou 11h. En été, on arrive à rester le soir jusqu’à 22 ou 23h, c’est incroyable. Fin juin, début juillet on a des journées extraordinaires... C’est essentiel un jardin. Il ne faut pas que le béton gagne ». © Anne Paq / Loez

Des choux sur une des parcelles menacée à côté du parking, un soir où un événement avec des lampions était organisé par le collectif de défense des jardins ouvriers des vertus. Il n’y a pas d’électricité aux jardins. © Anne Paq / Loez

© Anne Paq / Loez
Notes
[1] Seule la partie du solarium empiéterait sur les jardins.
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