Projet alternatif de Fralib

mardi 3 juillet 2012
par  onvaulxmieuxqueca
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Source : Midi Rouge

Projet alternatif de Fralib :

on avance, on avance, on avance
2 juillet 2012
Projet pour l’emploi d’un côté, projet fumeux de l’autre : notre enquête est implacable. Quoiqu’en dise UNILEVER, contrairement au solide projet des salarié-e-s, le projet qu’elle soutient avec l’entreprise SIBELL ne tient pas la route. la preuve en chiffres.

Un peu plus d’un mois s’est écoulé depuis le dernier article de Rouge Midi sur la lutte des Fralib.

C’était au lendemain de la visite de Montebourg à l’usine occupée visite où, au côté du ministre, il y avait entre autres le préfet qui avait mangé son chapeau, tant il avait joué un rôle contre l’emploi au temps de l’ancien gouvernement.

A l’issue de cette visite UNILEVER avait été contraint d’accepter ce que les salarié-e-s réclamaient depuis plus de 600 jours à savoir, de s’asseoir à la table des négociations. Un délai d’un mois avait été fixé pendant lequel les deux parties devaient présenter leur projet pour l’avenir du site.

Les deux projets en présence

Les deux projets celui d’UNILEVER et celui des salarié-e-s ont donc été rendus au ministère en fin de semaine dernière et une assemblée de salarié-e-s a validé ce vendredi 29 juin la démarche et les propositions du syndicat à l’issue de sa rencontre avec le ministère.

Avant de revenir sur le projet des salarié-e-s que les lecteurs de Rouge Midi avaient déjà eu à connaître regardons d’un peu plus près le « projet » d’UNILEVER. Bien sûr d’aucuns diront que nous sommes de parti pris et nous l’assumons : oui nous avons pris le parti des salarié-e-s. Et c’est ce choix qui nous fait dire que le pseudo projet d’UNILEVER est du bois dont on fait les pipeaux.

Le projet en bois d’UNILEVER

D’abord observons que pendant près de 600 jours le seul projet qu’UNILEVER ait annoncé c’était d’envoyer quelques salarié-e-s en Pologne ou en Belgique, de proposer une prime à la valise aux autres et de reporter toute discussion sur l’avenir du site après que l’ensemble du personnel ait accepté la fermeture [1]. Autrement dit s’il n’y avait pas eu occupation l’usine serait une friche.

On peut logiquement se dire que ce n’est que devant la détermination des salarié-e-s que la direction de la multinationale a d’un coup tardivement sorti la « solution » SIBELL solution qu’elle continue de défendre quoique avec de plus en plus de difficulté.

SIBELL ce n’est pas si beau !

L’entreprise SIBELL est une entreprise située dans la même zone que FRALIB et qui emploie environ 150 salarié-e-s dans la confection de frites. Cette entreprise qui d’un seul coup voudrait acheter le site, les machines a-t-elle des résultats financiers lui permettant de faire cet achat ?

Son projet nommé DELISNACKS prévoit la création de 55 emplois et la liste de ceux-ci permet d’affirmer que cela concerne tout au plus 40 fralibiens (sur 103 occupants) et donc laisserait 63 copains sur la paille. Un détail pour eux, essentiel pour nous !

Outre le fait qu’à aucun moment l’entreprise n’indique pourquoi elle aurait choisi ce site plutôt qu’un autre (alors qu’il est éloigné des principaux sites de production Picardie, Nord, Bretagne…), ni ce qu’elle va faire des machines son projet est particulièrement discret sur la nature des financements.

Pour son projet SIBELL [2] prévoit d’investir 14 millions d’euros or l’entreprise est déjà en dette : où va-t-elle prendre l’argent ? Elle va emprunter ? Auprès d’UNILEVER ? Le projet ne le dit pas.
Une entreprise endettée

La lecture du tableau des dettes année après année ci-après se suffit à elle-même.

2006 2007 2008 2009
5 722 213 6 065 464 10 211 468 15 200 122

Soit un triplement sur 4 ans !!

L’entreprise n’a pas déposé son bilan 2011 au greffe, mais nos sources annoncent un chiffre d’Affaires 29,5 M€ assorti à une perte de 865 000 € et un montant des dettes de 12 millions d’euros (sur 15 millions de passif) soit 40% du chiffre d’affaires…une paille !
Enfin son faible résultat d’exploitation puisque tournant autour de 1% [3] et ses dettes font que ses frais financiers sont plus importants que le résultat !!

Et c’est au vu de tous ces chiffres que Bruno Witvoet, Président d’Unilever France a déclaré : « le projet Sibell est apparu concret et viable. Il comporte un entrepreneur local, une marque et son savoir-faire, des investissements et surtout des débouchés sur un marché porteur avec des clients de la grande distribution qui se sont dit publiquement prêts à l’accompagner. » ?

Il faut croire qu’il n’a pas lu la même étude que nous qui, parlant d’un possible partenariat avec SIBELL appelle à la plus grande prudence « compte tenu des mauvaises performances économiques ».

Le projet de SCOP avance

Comme le dit Olivier Leberquier, la rencontre au ministère a mis une fois de plus en évidence que les fralibiens se battent pour l’emploi et non pour une prime à la valise.

Toute leur crédibilité depuis 640 jours repose sur cela.

Au ministère ils ont été entendus et ils ont mis UNILEVER en difficulté au point que le même impayable Witvoet après avoir déclaré en parlant du projet des Fralib :
« même si nous sommes convaincus qu’il n’est pas viable économiquement car il n’a pas de marché porteur ni de clients potentiels, nous serions prêts à céder à titre gratuit les machines d’une valeur de 7 millions d’euros présentes sur le site. »

La question de la préemption du terrain (volonté annoncée en mai dernier par le président de la communauté urbaine marseillaise) et de l’outillage se pose désormais avec encore plus de force.

Bien sûr la bataille n’est pas finie et UNILEVER n’a pas fini de mettre des bâtons dans les roues. Ainsi, le groupe propriétaire de 1600 marques et qui en 10 ans en a fait disparaître les 2/3 pour n’en garder que 400, ne veut toujours pas céder la marque Eléphant.

Concernant le projet des fralibiens il parle de « projets de reprise fondés avant tout sur des attendus idéologiques (sic !) au détriment de la réalité économique » Effectivement on ne doit pas avoir la même idéologie sur la question de la nécessaire sauvegarde de l’emploi…
Devant cette attitude de blocage les salarié-e-s ne renoncent pas et trouvent des solutions faisant intervenir des investisseurs [4] qui n’ont pas la même vision du « marché porteur ».

La lutte continue donc. Moins spectaculaire, plus de dossier mais à chaque étape les salarié-e-s y sont associé-e-s et donnent leur avis.
A la sortie de l’assemblée de vendredi Rime disait : « On se sent soulagés mais ce n’est pas fini la bagarre continue surtout contre UNILEVER. On est vigilants, il faut que je touche, je dirai c’est bon quand je travaillerai, on est confiants. On est passés du mépris à l’écoute…

Je suis enthousiaste mais tu sais on a vu tellement de choses. Je suis rentrée en intérim à Fralib et grâce à la lutte des collègues je suis passée en CDI en mars 2008.
A mon embauche on m’avait demandée comment je voyais mon avenir dans la société je ne pouvais imaginer que 2 ans plus tard on m’annoncerait la fermeture ! »
En attendant c’est sûr, « pas un boulon ne sortira d’ici ! »

[1] C’est d’ailleurs sur cette base de la faiblesse de son projet qu’UNILEVER s’est faite retoquer deux fois son PSE devant la justice

[2] et ses entreprises filiales créées pour l’occasion

[3] on a d’ailleurs du mal à comprendre comment la même entreprise passerait à un taux de 10% comme annoncé dans son projet

[4] A ce jour 4 se sont dits intéressés par un partenariat avec la SCOP créée


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