Ces Allemands qui se sont dressés contre la Bête. Klaus Mann - Contre la barbarie 1925-1948. Ed Phébus

jeudi 27 août 2009
par  onvaulxmieuxqueca
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Klaus Mann - Contre la barbarie 1925-1948. Ed Phébus

Fils de Thomas Mann, Klaus Mann est né le 18 septembre 1906 à Munich et se suicide le 21 mai 1949 à Cannes.
Adversaire de TALENT du nazisme, il quitte l’Allemagne en 1933…pour combattre avec d’autres Allemands et Autrichiens le nazisme.

Un livre à lire pour le plaisir de l’écriture, mais surtout pour mieux comprendre cette période de barbarie et découvrir ces femmes et ces hommes qui ont dit NON.

Nous mettons en ligue deux extraits de cette ouvrage (articles, conférences et lettres).

1. article paru dans le « Schweizer Mittwoch le 7 novembre 1934

ON NE VEUT PLUS QUE JE SOIS ALLEMAND
Les dirigeants de ma belle et grande patrie en sont arrivés à un point tel que c’est un honneur d’en être banni. De cette façon, il nous est confirmé officiellement que nous n’avons rien à voir avec l’ignominie de ce pays et que notre combat n’est pas passé inaperçu aux yeux du pouvoir – pourquoi, sinon, cette rage ? Finalement, nous sommes confortés dans l’idée que nous ne sommes pas tout à fait indignes d’être un jour citoyens d’une patrie que nous reconnaîtrons comme telle. Il ne suffit pas que je me sente assez bien dans un pays pour qu’il devienne ma patrie ; il est sûr cependant que ma patrie n’est pas là où les actes les plus infamants sont quotidiens et où chaque heure voit se préparer l’abomination des abominations. On me l’a donc confirmé officiellement, de même qu’on l’avait déjà confirmé à un certain nombre de gens dont je n’ai pas à rougir d’apprécier la compagnie.
Ce « bannissement » a vraiment la valeur d’un geste honorifique – comme quand on reçoit une petite décoration. Mais il est bien possible qu’il ait été la manifestation d’une rage impuissante. Et il n’a aucune conséquence pratique – comme beaucoup de choses proclamées par ce gouvernement. Le mal que les dirigeants pouvaient me faire sur le plan pratique, ils me l’avaient déjà fait avant, bien sûr. On m’avait déjà volé ce qui m’appartient ; on avait déjà interdit ce que j’ai publié ; mon passeport périmé n’était déjà plus prolongé. Ce geste honorifique ne change absolument rien. Que peut-il encore m’enlever ? Certainement pas l’espoir que ce pays si malheureux et si maltraité – l’Allemagne – redevienne un jour ma patrie.

2. Extrait du discours prononcé à Paris le 23 juin 1935 lors du premier congrès international des Ecrivains pour la défense de la culture contre la guerre et le fascisme.

« LE COMBAT POUR LA JEUNNESSE. »
« Prenons simplement l’exemple de la jeunesse allemande .C’est peut-être elle qui s’est soumise de la façon la plus inconditionnelle aux charmes du fascisme d’abord, puis à ses servitudes – bien que la forme allemande de réaction militante ait mené une propagande d’une extrême vulgarité, suivie d’une pratique des plus brutales. Néanmoins, ce « national-socialisme » a réussi à conquérir la crédulité et le tempérament bouillonnant de la jeunesse – et en mésuser. Et nous voilà face à notre problème.
Il doit y avoir eu une défaillance de notre part. Nous avons sans doute rebuté là où précisément nous voulions conquérir. Je ne vois qu’une seule réponse, une seule explication :
C’est que nous avons tenu dans des limites trop étroites le concept de socialisme, le concept d’avenir – qui est la première motivation pour engager la lutte, pour insuffler l’ardeur au combat.
Nous avons une dette envers la jeunesse européenne.
Nous n’avons pas satisfait une exigence qu’elle avait et qu’elle aura toujours. Et c’est justement cette exigence que le fascisme, en apparence, satisfait. Cette exigence est irrationnelle, et aucun argument ne peut l’éliminer. La gauche a cru pouvoir l’ignorer. Elle a concentré son pathos, sa propagande et ses prophéties beaucoup trop exclusivement sur le domaine économique.
Cette attitude face au problème existentiel, cette tactique dans la lutte est héritée de la gauche classique. Vais-je me risquer à critiquer Marx ? C’est un grand homme, son œuvre représente un tournant dans l’histoire de l’humanité, elle montrera la voie à bien des générations encore. Mais elle ne répond pas à toutes les questions, elle ne tient pas compte de toutes les aspirations. »


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