Pakistan : Halte à la Nespression ! Dites à Nestlé de respecter les droits syndicaux !

jeudi 27 octobre 2011
par  onvaulxmieuxqueca
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Halte à la Nespression ! Dites à Nestlé de respecter les droits syndicaux !

Les pressions exercées par les directions locales sur les travailleurs/euses et leurs syndicats se poursuivent chez Nestlé, la plus grande société alimentaire au monde. À l’usine Nescafé de Panjang, les membres syndiqués ont été licenciés à la suite d’une grève menée en réaction à l’impasse des négociations. La direction locale ne s’est pas présentée à une réunion de médiation et a refusé l’accès de l’usine occupée à une délégation du Parlement local, préférant les licenciements massifs à des négociations de bonne foi. Depuis l’expansion de l’usine de Kabirwala au Pakistan, la direction a tenté de saper le syndicat, a interféré dans les élections du syndicat et harcelé son président. Maintenant que le syndicat défend énergiquement le droit à l’emploi permanent des centaines de travailleurs/euses contratuels/les de cette usine ultramoderne, Nestlé réagit par des provocations et des licenciements et a suspendu le président du syndicat. Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer un message à Nestlé, lui enjoignant de mettre fin à la Nespression et de respecter les droits syndicaux !
http://www.iuf.org/cgi-bin/campaigns/show_campaign.cgi?c=609


Source : UITA - Unit les travailleurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’hôtellerie du monde entier

La Nespression fait un retour en Indonésie avec le licenciement massif de membres syndiqués / Provocations et attaques contre le président du syndicat au Pakistan

Les pressions de la direction sur les travailleurs/euses et leurs syndicats se poursuivent chez Nestlé, le plus grand groupe alimentaire mondial.

La direction de l’usine Nescafé de Panjang a licencié 53 des 87 membres de notre affiliée SBNIP (on leur a en fait remis une « lettre de démission ») après que le syndicat a organisé une grève pour appuyer ses demandes de négociations collectives. Cette grève était le résultat prévisible de cinq années de profonde frustration.

Le 31 mars de cette année, SBNIP et la direction locale de Nestlé ont signé un accord (paraphé par l’UITA et la direction générale de Nestlé le 28 mars) qui permettait enfin au SBNIP de négocier une convention collective au nom des travailleurs/euses de l’usine de Panjang, y compris la négociation des salaires, ce que la direction de Nestlé refusait avec insistance depuis plusieurs années.

Les négociations ont été difficiles et ont finalement abouti à une impasse lorsque le syndicat a contesté l’énorme écart entre les salaires proposés au sein de chaque catégorie d’emploi, un écart qui du point de vue du syndicat n’est pas conforme à la législation. En raison de l’impasse des négociations, le syndicat a émis un préavis de grève conformément à la loi et les membres du SBNIP – qui représente la majorité des travailleurs/euses syndiqués/es de l’usine – ont cessé le travail le 21 septembre, en occupant pacifiquement le site pour s’assurer qu’aucun produit ne quitte l’usine.

La direction a réagi en déclarant que la grève était illégale et ordonnant la reprise du travail. Au cours de la grève, les travailleurs/euses ont reçu des appels téléphoniques et deux lettres – des lettres de la société, dont Nestlé dit aujourd’hui qu’il s’agissait d’assignations à comparaître.

Alors que les tensions devenaient plus vives, les travailleurs/euses ont quitté l’usine le 26 septembre, occupant brièvement le stade de football (dans l’enceinte du site) en signe de leur bonne foi en la tenue de négociations prévues pour le lendemain.

Mais le lendemain, tandis que le syndicat annonçait une reprise de travail sous réserve de l’issue des négociations, la direction locale ne s’est pas présentée à la réunion prévue.

Après cette rebuffade provocante, la grève a repris le 28 septembre, et le syndicat a prévenu qu’une extension de la grève était possible si nécessaire.

La grève a trouvé un écho suffisant dans les médias pour qu’une délégation du Parlement de la province se rende à Panjang le 3 octobre et demande à rencontrer les membres syndiqués sur le site. La direction de Nestlé Panjang a rejeté cette demande.

Le matin du 5 octobre, le département local du Travail a invité le SBNIP et la direction locale à une médiation, mais la direction n’a envoyé que des représentants subalternes qui n’étaient pas autorisés à prendre de décisions dans le cadre de la médiation. Le syndicat comptait de son côté sur cette médiation pour faire valoir qu’il ne pouvait signer un accord dont les clauses contrevenaient aux recommandations du gouvernement et qu’il était donc virtuellement illégal.

À l’issue du processus de médiation, le syndicat a accepté de mettre fin à la grève à 13h le même jour et un mémorandum préparé et certifié par le département du Travail a été signé par le président du syndicat, Eko Sumaryono, et le représentant de la direction. De façon significative, il n’est pas fait mention dans ce document d’une quelconque « illégalité » de la grève du 21 septembre au 5 octobre.

La grève a pris fin à 13h conformément à l’accord et lors de deux conversations téléphoniques entre le syndicat et la direction locale, à 18h27 et 19h52, les deux parties ont convenu de se rencontrer le lendemain matin, le 6 octobre, pour discuter de l’éventualité de signer enfin la convention collective.

Mais à partir de 22h le soir du 5 octobre, la direction a commencé à licencier massivement les membres du SBNIP.

Lorsque la grève a pris fin comme convenu le 5 octobre, les membres syndiqués de la deuxième équipe se sont présentés au travail à 14h, et bien que la direction n’avait pas encore redémarré les machines, ils ont terminé leur vacation.

Mais lorsque les membres syndiqués sont arrivés pour la troisième période de travail à 22h, ils se sont retrouvés face à un cordon de gardes de sécurité au portail de l’usine, avec des forces de polices anti-émeutes, prêtes à intervenir, dans l’enceinte du site.

Les gardes de sécurité ont appelé les membres syndiqués par leur nom, ont remis à chacun une lettre de « démission » et leur ont demandé de s’en aller. Les mêmes lettres ont été envoyées à leur domicile. Des dizaines de lettres identiques ont été envoyées le 6 octobre.

Cette réaction brutale de la direction intervient après que le conflit social ait été résolu sous les auspices du département du Travail et que la grève se soit terminée conformément au mémorandum signé entre la société et le syndicat.

De manière plus incroyable encore, la direction a poursuivi ses licenciements massifs, même après que le syndicat ait convenu de signer la convention collective.

Cette mauvaise foi extrême de la part de la société révèle sa détermination à écraser le syndicat que le conflit soit résolu ou non. Ces mesures de rétorsion ne sont pas liées à la grève – elles sont l’aboutissement des tentatives faites pendant cinq ans par la direction de Panjang de détruire un syndicat qui a osé faire valoir ses droits de négociation collective. (Voir Ce que Nestlé ne veut pas que vous sachiez : la vérité au sujet de la grève de Panjang)

Pour affirmer leur refus de cette « démission » forcée massive et pour faire part de leur détermination à être réintégrés, les membres syndiqués injustement licenciés ont retiré les indemnités de licenciement, qui avaient été automatiquement versées sur leur compte bancaire le 5 octobre, pour pouvoir les rendre à la direction.

Le 7 octobre, lors d’une réunion entre représentants de la direction et du syndicat, convoquée par une commission parlementaire locale, les représentants syndicaux ont remis ces indemnités aux représentants de la direction. Déconcertés par cette action, ceux-ci ont refusé de prendre l’argent et sont partis.

Les délégués/es à la Conférence régionale UITA/A-P (Bali, Indonésie, 18-20 octobre 2011) ont adopté une résolution d’urgence sur la violation des droits syndicaux chez Nestlé Panjang (Indonésie) et Nestlé Kabirwala (Pakistan). La photo montre des délégués/es protestant contre la Nespression, responsable de licenciements massifs à Panjang et de chefs d’accusation factices à l’encontre du président du syndicat au Pakistan.

La grève de Panjang a été une réaction compréhensible aux années de lutte menées pour exercer le droit à former un syndicat indépendant et à négocier collectivement avec l’une des sociétés les plus puissantes au monde. La direction locale a délibérément attisé la frustration accumulée, et organisé une série d’événements qu’elle tente d’exploiter pour saper des années de lutte dans un pays où les travailleurs/euses ne peuvent toujours pas exercer leurs droits fondamentaux.

La Nespression sévit au Pakistan

Nestlé avait à peine terminé l’expansion de son usine de Kabirwala, au Pakistan, en 2007, pour en faire son plus grand centre de collecte de lait dans le monde, que la direction a entrepris de saper le syndicat et d’attaquer son président énergique et efficace, Mohammad Hussein Bhatti, qui a été suspendu en juin pour avoir résisté à l’interférence de la direction locale dans les élections syndicales. (voir- en anglais- Pakistan : ingérence de la direction dans les élections syndicales, licenciement du président élu du syndicat et violation des arrêts du tribunal Nestlé a été obligé de faire marche arrière et Bhatti a été réintégré.

Mais les pressions sur le syndicat ont persisté et ont à nouveau atteint un point critique, à cause de la décision prise par le syndicat de permettre aux nombreux/ses travailleurs/euses contractuels/les de l’usine d’adhérer au syndicat et d’aider les 250 travailleurs/euses contractuels/les à devenir des travailleurs/euses permanents/es – conformément à la loi – en déposant une requête en ce sens devant le tribunal des prud’hommes. Bhatti et la Fédération nationale des travailleurs de l’alimentation, des boissons et du tabac du Pakistan, affiliée à l’UITA, avaient apporté un soutien important aux travailleurs/euses de l’usine de thé Lipton d’Unilever lors de la campagne Casual-T dans la ville proche de Khanewal – et il semble que la direction locale de Nestlé soit déterminée à résister aux revendications similaires demandant la fin du recours abusif aux contrats de travail précaires.

Alors que le tribunal des prud’hommes avait rendu une ordonnance de sursis concernant la modification par la direction du statut des travailleurs contractuels jusqu’au verdict définitif, la direction a mis fin aux contrats de plusieurs travailleurs et organisé une provocation calculée en invitant de nouveaux travailleurs contractuels à une « visite » de l’usine – donnant l’impression qu’ils remplaceront ceux qui se battent pour des postes permanents après des années de travail précaire.

Au lieu de donner suite aux demandes du syndicat de négocier le statut des travailleurs/euses précaires de cette usine de « classe mondiale », la direction a tenté de monter l’opinion publique locale contre le syndicat et son président et a agencé une série d’incidents et de provocations comprenant des chefs d’accusation factices (rejetées par la suite par le tribunal) et incité des groupes religieux extrémistes à attaquer le syndicat. Le 10 octobre, le président du syndicat, Bhatti, a été arrêté par les gardes de sécurité à l’entrée de l’usine et informé qu’il était suspendu pour quatre jours. Depuis cette date, il a à nouveau été suspendu à plusieurs reprises pour quatre jours.

Halte à la Nespression !
Dites à la direction générale de Nestlé à Vevey que la direction locale à Panjang doit réintégrer sans conditions les membres du SBNIP licenciés et entamer des négociations de bonne foi qui n’ont que trop tardé ! La direction au Pakistan doit annuler la suspension du président du syndicat Bhatti, cesser de provoquer, d’intimider et de licencier les membres et les responsables syndicaux et entamer des négociations de bonne foi avec le syndicat de Kabirwala.
pour envoyer un message à Nestlé !

http://www.iuf.org/cgi-bin/campaigns/show_campaign.cgi?c=609


Ce que Nestlé ne veut pas que vous sachiez : la vérité au sujet de la grève de Panjang Nestlé a affirmé à plusieurs reprises que le licenciement massif des membres du syndicat SBNIP était justifié par les déprédations criminelles des biens de la société.

Une enquête de police a pourtant conclu qu’aucune dégradation de biens n’avait eu lieu et qu’il n’y avait pas de motifs pour des poursuites pénales. Lorsque la production a repris le 12 octobre, il n’a pas été nécessaire de réparer ou de remplacer des pièces ou des machines et aucun problème n’a été constaté. Nestlé a donc mis l’accent sur les dégâts causés aux matières premières – un point que la direction locale a soulevé à de multiples reprises avec le gouvernement local et la police.

Mais à nouveau, la police n’a pu établir aucun motif de poursuites. Des
matières premières ont été abîmées lors de deux incidents : une cuve de 450 kilos de mélange de café soluble a été renversée le 22 septembre, et des grains de café verts dans le torréfacteur et du café liquide dans une chaudière ont été perdus le 28 septembre.

Le 22 septembre, les représentants du syndicat ont à plusieurs reprises demandé au responsable de la sécurité de cesser de charger des matières premières sur les chaînes de production parce que la grève avait commencé – conformément au préavis de grève émis par le syndicat – et que les machines seraient éteintes. Malgré
ces avertissements, la direction et les surveillants ont continué à charger les matières premières sur les chaînes de production. Le contenu d’une cuve de café soluble a en conséquence été abîmé.

Le 28 septembre, les membres du SBNIP ont repris leur occupation pacifique de l’usine après que la direction soit revenue sur sa promesse de tenir des négociations le 27.

Lorsque les membres du syndicat se sont présentés au travail, les
« membres » du syndicat factice créé par la direction ont quitté leur poste, dont celui d’un torréfacteur où des grains de café verts étaient en cours de torréfaction.

Les membres syndiqués ont prévenu les surveillants et le directeur responsable du danger à laisser le torréfacteur sans surveillance. Le directeur responsable a accepté de l’éteindre pour des raisons de sécurité et a demandé aux membres syndiqués de le faire, ce qu’ils sont fait selon la procédure. Mais en raison de cette extinction
prématurée du torréfacteur, les grains de café verts n’ont été que partiellement torréfiés, l’un des dégâts évoqués par la direction. Le même jour, une grande quantité de café liquide a été endommagée.

Le syndicat avait pourtant informé la direction qu’il était nécessaire de cesser à nouveau le chargement des matières premières parce que la chaudière serait éteinte (comme elle l’a été le 22 septembre sans conséquence aucune).

Mais le responsable a ignoré l’avertissement du syndicat et a continué à ajouter des matières premières. Lorsque la chaudière a été arrêtée, une grande quantité de café liquide a été perdue.


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