Vaulx-en-Velin : Mort de Marcel Roche. Notre ami Marcel Roche ancien Résistant et Déporté, militant de toutes les causes, membre du PCF il était ardent défenseur du programme du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin.

mardi 13 novembre 2012
par  onvaulxmieuxqueca
popularité : 3%

Bernard GENIN, Maire de Vaulx-en-Velin, Conseiller communautaire du Grand Lyon, Nassreddine HASSANI, Conseiller municipal délégué à la culture, à la vie associative et aux fêtes, La Municipalité

vous invitent à la cérémonie de dénomination de la

bibliothèque municipale jeunesse Marcel et Renée ROCHE,

lundi 3 juin à 17h30,
à l’actuelle bibliothèque de l’Ecoin - promenade Lénine (Ecole Makarenko B)


D’autres infos :
Deux hommages à Marcel Roche sont programmés sur la commune de Vaulx-en-Velin.
http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article2798


Nous ne verrons plus la silhouette de Marcel Roche, ancien résistant et déporté, militant syndical, membre du PCF, infatigable témoin de sa résistance et de sa déportation dans les écoles et collèges, défenseur du programme du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin. La mort de Marcel est une immense perte pour Arlette, sa fille, la ville de Vaulx-en-Velin et pour tous ceux qui, depuis tant d’années l’ont côtoyé dans son inlassable combat pour la paix, la solidarité dans ce monde.

Sur cette page nous mettrons en ligne les réactions suite à cette perte pour nous toutes et tous.

Le collectif "On Vaulx mieux que ça"

HOMMAGES ET TEMOINGNAGES

13 novembre 2012

Marcel restera toujours vivant à travers les témoignages qu’il nous a confié.
C’est à nous de poursuivre son œuvre, son combat, d’apporter "notre petite
pierre" comme il disait, en racontant aux autres ce qu’il a vécu.
La dernière fois que je l’ai vu, il y a environ une semaine, il nous a
parlé très profondément avec Jean Sintès. Il abordait des valeurs
essentielles dans notre vie :
La solidarité, la camaraderie et surtout la liberté. Il a su rester libre
jusqu’au bout. Selon Marcel, dans la vie, un homme doit faire en sorte de
toujours marcher sur la ligne, sur sa propre ligne.
Merci Marcel pour tout cela, tu me rends plus forte face à la vie.
Je pense très, très fort à Arlette et à sa famille ainsi qu’à tous les amis
de Marcel.

Emilie Souillot, réalisatrice du film de l’AFMD du Rhône, « La Force de Résister ».

LA FORCE DE RESISTER de Emilie Souillot et Christelle Thomassin

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Lors de chaque rencontre j’explique à mes les élèves l’importance et la
chance qu’ils ont de pouvoir écouter le témoignage d’un ancien résistant
et déporté et que malheureusement cela ne sera pas éternel.

Cette fois-ci c’est une réalité. Marcel ne viendra plus rencontrer des
élèves et c’est un témoin mais aussi un acteur de l’Histoire qui nous
quitte.

Après chaque rencontre, je projetais aussi aux élèves la photo de la
libération du camp de Dachau où Marcel sourit au bas d’un mirador aux
côtés d’autres déportés.

Vendredi, je montrerai encore une fois cette photo à mes élèves de cette
année pour leur expliquer qui était Marcel Roche.

Si un hommage est organisé, à Vaulx-en-Velin ou ailleurs, tenez moi au courant, je
serai inévitablement présent.

David Rappe professeur au collège Maurice Scève et ancien professeur au collège Barbusse à Vaulx-en-Velin.


Vaulx-en-Velin
Hommage à Marcel Roche

Je suis instituteur à l’école Federico Garcia Lorca. J’ai appris aujourd’hui la mort de Marcel Roche. J’ai fait sa connaissance l’an dernier, et j’ai envie de partager la chance que cela a été pour moi, pour mes collègues, et pour les élèves de l’école.

Nous avons participé l’année dernière à un projet autour de la résistance en lien avec l’AFMD et l’ANACR. Grâce à l’intervention de ces associations, nous avons fait plusieurs rencontres fantastiques, et notamment celle de Marcel, qui était pourtant un voisin de l’école.
La visite de Marcel à l’école a été un grand moment pour tous les élèves de l’école, grâce au caractère exceptionnel de son témoignage, mais aussi grâce à sa gentillesse et sa disponibilité. Ils en gardent un souvenir ému et joyeux, ce qui est extraordinaire, quand on connaît l’aspect tragique de son témoignage.

La visite de grandes figures de la Résistance dans les écoles est précieuse, mais celle de Marcel, qui se présentait comme Monsieur tout-le-monde, et comme voisin, l’est tout autant, voir plus. Loin d’être une figure inaccessible, il nous donnait à chacun à réfléchir à notre rôle dans la société, et à notre manière de résister.

Merci Marcel, merci de ton témoignage, merci aussi d’avoir donné une autre dimension par ton écoute aux chansons de notre chorale.

Merci aussi à ceux qui ont favorisé ces rencontres essentielles pour les élèves et les enseignants et qui je crois ont été très importantes également pour Marcel et ses compagnons de résistance.

Benjamin LACOUR


Une bien triste nouvelle, Monsieur Marcel Roche qui avait témoigné dans votre classe en juin dernier est décédé hier des suites d’une hémorragie cérébrale.
Il avait gardé un très bon souvenir de son passage dans votre classe. Il avait apprécié l’intérêt des élèves. Il aimait beaucoup témoigner dans les écoles primaires. Cela a été son dernier témoignage.
Cordialement.

Roland Beaulaygue
Président AFMD du Rhône

Message de madame Jackie Avit l’institutrice de l’école primaire des Charmettes à Lagnieu où Marcel a fait son dernier témoignage en juin dernier.
1er message
Bonsoir

Merci de m’avoir tenue informée. Cette nouvelle m’a beaucoup émue.
J’ai moi aussi gardé un excellent souvenir de son témoignage et les élèves ne l’oublieront jamais.
Cordialement
Sylvie Avit
2ème message
Bonjour

Voici mon témoignage, si je ne peux pas me libérer pour la cérémonie hommage...

Marcel Roche aimait intervenir dans les classes. J’ai eu le plaisir de le recevoir dans ma classe de CM2 le 12 juin dernier. Ce sera son dernier témoignage dans les écoles.

Un grand moment pour tous…nous avons découvert un homme attachant, simple et modeste.

« Je n’ai rien fait d’exceptionnel », déclarait Mr Roche.

Pourtant, son histoire n’avait rien de banal. Il nous a vite transporté dans ses souvenirs et a captivé les enfants qui lui ont posé beaucoup de questions. Par un discours adapté et sincère, Mr Roche nous a fait partager un moment fort, moment de transmission et de partage interrelationnel.

Les élèves ont feuilleté avec curiosité et beaucoup d’intérêt son cahier de cours qu’il avait soigneusement gardé et qu’il était fier de montrer. Marcel a eu la gentillesse de me confier son recueil de poèmes pendant quelques semaines…j’y ai découvert des textes superbes et émouvants que j’ai partagés avec les élèves.

Le passage de Marcel Roche dans notre classe va rester c’est sûr gravé dans la mémoire des enfants, impressionnés par les souvenirs encore intacts et par l’humour de ce petit bonhomme.

Encore merci pour cette belle leçon de solidarité !


Ecole Anatole France de Vaulx-en-Velin

Bonsoir Roland, (Roland Beaulaygue Président AFMD du Rhône)

J’ai été prévenue par Arlette et par l’échange des différents mails.
Je me rend ce soir à la chambre funéraire avec ma famille.

A l’école, certains des "grands" élèves ont écrit des messages d’encouragement à Arlette et je préparerai un affichage pour prévenir les parents d’élèves.

Je me tiens (et l’école) à votre entière disposition pour participer à son hommage.
Amitiés,

Nathalie Tourtellier


Bonsoir,

Quelle tristesse en ce jour, Marcel nous a quittés et il va nous manquer.

Bien qu’il ait légué son corps à la science, la famille peut le récupérer ensuite…

Si vous faites quelque chose, faites-le moi savoir, j’aimerais être présente avec vous.

Mes amitiés à tous,

Françoise Mayenson membre de l’AFMD


Parent d’élève au collège Maurice Scève

Merci pour ce triste message...

Savez-vous où et quand à lieu ses funérailles ? Des élèves qui l’ont connu souhaiteraient y aller si ça leur est possible (Claire, marie, Noémie, anciennement du collège Maurice Scève).
Toutes nos pensées l’accompagnent ainsi qu’à sa famille.
Toutes mes amitiés à vous
Sylvie


J’apprends la nouvelle de la disparition de Marcel avec beaucoup de tristesse. Mes pensées vont à sa famille et au milieu associatif auquel il appartenait.
Amitiés,

Célia.


Toutes mes pensées à vous, compagnons et proches de Marcel.
Je suis honorée de l’avoir croisé.
amicalement

Colette


14 novembre 2012

Jean-Pierre Brunel Membre du PCF de Vaulx-en-Velin

Avec le départ de Marcel, c’est une nouvelle et grande page du livre des témoins vivants de la Résistance et de la Déportation qui se tourne.

Un livre dont le temps tourne, hélas, inexorablement les chapitres.
Quel passeur de mémoire était Marcel !

Arlette, héritière de cette histoire, va continuer à tenir le flambeau.
C’est avec la diffusion de l’Humanité que j’ai le plus entretenu de contacts avec Marcel, même si j’avais eu connaissance bien avant de son histoire et de ses savoir-faire d’imprimeur.

L’Humanité, son journal, le journal de Jaurès qu’il venait chercher chaque samedi et tant qu’il le put au marché du Mas du Taureau (avec toujours un débat à plusieurs autour de nous) et que je lui portais à domicile ces dernières années.

Intérêt partagé du contact hebdomadaire autour du journal doublé au printemps de l’apport d’asperges de l’Ardèche ou du Gard que Marcel adorait ; doublé aussi à l’automne du partage d’une bourriche d’huîtres que Marcel avait ces dernières années du mal à ouvrir alors qu’elles lui rappelaient tant Trégastel, lieu de vacances préféré de la famille.

Ce que j’ai retenu de plus fort chez Marcel, chez le communiste fidèle à son parti, à son engagement de jeunesse depuis plus de soixante-dix ans, c’est son attachement inébranlable aux solidarités, à l’unité autour de valeurs humaines ancrées en prison et en déportation, entre « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas ».

Une fidélité à ces valeurs partagée avec ses compagnons de lutte et de déportation comme Joseph Sanguedolce, l’ancien maire de St Etienne disparu en 2010 et qui avait cinq ans plus tôt remis la légion d’honneur à Marcel en mairie de Vaulx-en-Velin, ou René Rulier, Maurice Luyat ses camarades déportés.

La diversité des marques d’affection et hommages reçus depuis l’annonce du décès de Marcel témoignent, s’il en était besoin, combien il était homme de rassemblement

Ce sont bien aussi ses valeurs humaines qui lui valaient l’affection des dames et enfants de son quartier lorsqu’il allait prendre l’air sur les bancs de la place Carmellino.

Passeur de mémoire, Marcel l’aura été jusqu’au bout : Lors de notre dernière rencontre avant cet AVC funeste, ce devait être jeudi 8 novembre, il me contait encore longuement son accueil à Vaulx-en-Velin et à l’école Jean Vilar, dans les années 70, par Robert Many, maire de l’époque ; ou encore ses liens remontant au tout début de la Résistance avec la famille Cointy.

Résolument optimiste devant l’amélioration, au moins apparente de l’état de santé de Marcel, j’étais prêt à lui donner rendez-vous pour partager les huîtres à Noël. Hélas, le destin en a voulu autrement, la mécanique était vraiment trop usée !

Mais quelle leçon que cette existence pour nous tous

Jean-Pierre Brunel

le journal "Le Progrès"

Résistant, prisonnier, déporté, c’est un grand témoin de l’histoire du XXe siècle qui s’est éteint dans la nuit du 12 au 13 novembre 2012. Hospitalisé depuis quelques semaines, Marcel Roche a succombé à la maladie.

Il se définissait ainsi : « J’ai grandi dans une famille syndicaliste et ouvrière. Mon père était revenu de la guerre de 14. La révolution d’Espagne, le Front populaire… tout ça s’est déroulé pour moi comme un tapis roulant. J’ai adhéré en 1937 aux Jeunesses communistes et ma résistance a commencé en septembre 1939, le jour de la dissolution du PCF par Daladier. Après, Pétain a enfoncé le clou et tout s’est enchaîné ! » Marcel n’a jamais oublié ce coup de sifflet, une nuit de 1941 : « Je distribuais des tracts place Rouget de l’Isle. On est tombés dans un traquenard, cernés par des inspecteurs de la Police française. On n’a pas pu s’échapper. J’ai passé mes 20 ans en prison. »
Jugé le 30 septembre 1941, il fut condamné à 5 ans de travaux forcés. Du fort de Montluc à la prison Saint-Paul, puis de la centrale d’Eysses à Dachau, c’est là qu’il disait lui-même avoir « fait ses universités. Une école formidable ! ». Depuis 1970, il n’a cessé de témoigner avec sincérité et simplicité auprès des jeunes de ce que fut sa vie : « En prison ou au camp, la résistance, c’était d’abord rester vivants et garder notre humanité, alors que tout était programmé pour l’anéantir. Dans les pires circonstances, j’ai appris que tout seul on n’est rien, c’est la communauté qui sauve l’individu. La solidarité, c’est ce qui pousse à vivre. »

Depuis 1973, il était un pilier de la vie associative vaudaise. Mémoire vive, militant engagé et discret, patriote convaincu, Marcel Roche ne manquait jamais une commémoration et, malgré sa santé fragile, il ne pouvait rester assis pendant La Marseillaise. Témoin infatigable, il a témoigné sans cesse de sa vie dans les camps, devant des générations d’écoliers et lycéens bouleversés.
Il n’y aura pas de funérailles, car Marcel Roche a souhaité faire don de son corps à la Science.
MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012 - LE PROGRÈS


Vendredi 16 novembre 2012

Message des Eclaireuses et Eclaireurs de France, groupe Jean Bart (Villeurbanne), en hommage à Marcel Roche

Objet : HOMMAGE A UN GRAND HOMME "MARCEL ROCHE"

"Marcel ROCHE, infatigable témoin de la Résistance, nous a quittés.

Le groupe Jean Bart tient, par ses mots, à le remercier une dernière fois d’avoir partagé avec les enfants, les responsables et les parents du groupe le témoignage de son combat.

Sa venue au local pour parler de sa déportation fut un moment fort et intense en émotions pour beaucoup.

Les différentes rencontres avec Marcel dans le cadre de notre projet avec l’AFMD, à Lyon, à Villeurbanne ou à Vaulx-en-Velin ont aussi permis à certains de le côtoyer et d’apprécier cet homme. Merci Marcel".

http://jeanbart.ecles.fr/


Dimanche 18 novembre

Hongrie : SZOLIDARITÁS

Chers amis,

La mort de Marcel Roche est une perte non seulement pour vous, mais pour tous les résistant(e)s et militant(e)s de la solidarité partout dans le monde. Les militants du Mouvement Solidarité hongrois partage votre deuil et gardera la mémoire de Marcel Roche.

Michel Csákó
de la part du Mouvement Solidarité hongrois

20 novembre 2012

J’étais venu avec Marcel à la commémoration de la révolte d’ Eysses , et vous annonce son décès dans sa 90° année ; il était un camarade de Louis Aulagne, et dans le même groupe que lui dans la dernière tentative de libération à l’ assaut d’ un mirador ( est).
J’avais lu son fameux poème" si aujourd’hui je suis ici " à la mairie de Villeneuve...et il n’est plus.
Ci joint article paru dans le progrès de Lyon, nous ferons une cérémonie à sa mémoire d’ici quelque temps à Vaulx-en-Velin, la commune ou il a habité, car il avait donné son corps à la science.
Patrick Guimet

Marcel avait rencontré à la centrale d’Eysse Mr Gérard Michaud, fils de Victor, qui avait été un compagnon d’infortune.

HOMMAGE A UN CAMARADE... MARCEL ROCHE...
Gérard Michaut
Secrétaire général de l’Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses

Je me souviens très bien de votre venue et des moments d’émotion vécus alors aux côtés de Marcel, qui avait marqué tous les participants à cette commémoration, ainsi que les personnes venues assister à la présentation de l’exposition virtuelle "Eysses 1943/1944, une prison en Résistance". Malgré son âge, Marcel dégageait une extraordinaire force intérieure, intellectuelle et morale, accompagnée d’une chaleur humaine réconfortante et contagieuse. C’est une grande figure de l’histoire d’Eysses qui disparaît.

Non seulement il a joué un rôle important dans l’insurrection aux côtés de Louis Aulagne, mais c’était aussi lui, imprimeur de profession, qui réalisait la nuit, à la main, le journal clandestin "l’Unité", "organe des embastillés d’Eysses", qui circulait au sein de la prison.

Est-ce que vous vous pourriez me faire parvenir une biographie de Marcel, et m’informer des hommages qui lui seront rendu à Vaulx-en-Velin (avec photos éventuellement), de façon à en rendre compte dans le prochain bulletin d’ Eysses (diffusé à 900 exemplaires) qui paraîtra en janvier prochain ?
Merci d’avance.


Gérard Michaut

Secrétaire général de l’Association nationale pour la mémoire des résistants et patriotes emprisonnés à Eysses
Notre association a pour objectif de faire vivre la mémoire des résistants d’Eysses, de l’ancrer dans l’Histoire, afin que les générations à venir n’oublient pas leurs combats et leurs sacrifices, auxquels nous devons beaucoup.

PJ : le bulletin d’Eysses n° 261 (Marcel Roche en dernières page) + L’Unité N°1

21 novembre 2012

Note d’"On Vaulx mieux que ça » Chacun notera que dans cet article c’est « glissé » plusieurs erreurs. D’une façon générale, les nazis ne tatouaient pas les « prisonniers » politiques (triangle Rouge) de leurs numéros de matricules. De plus, les déportéEs politiques comme les déportéEs pour des raisons raciales étaient entasséEs à une centaine dans chaque wagon ce qui est déjà beaucoup et non pas 300 personnes.

Résistant, militant, déporté, Marcel Roche s’en est allé

Il aimait promener sa frêle silhouette dans la ville. Discret, humble, mais toujours engagé, Marcel Roche, militant, résistant et déporté, est décédé le 12 novembre à l’âge de 90 ans.

Membre des Jeunesses communistes, Marcel roche distribue des tracts anti vichystes et inscrit sur les murs des slogans anti allemands quand il est arrêté le 19 août 1941 par la police de Pétain. Jugé par la section spéciale du tribunal militaire de Lyon, il est condamné à cinq ans de travaux forcés, à la dégradation civique et à la confiscation de ses biens présents et à venir. il est emprisonné à Montluc, avant d’être transféré à Saint-Etienne.

L’hiver 1941 est terrible, témoigne-t-il. Seul dans une cellule, Marcel grelotte de froid, de faim et de solitude. Mais il n’est pas tout seul. Déjà, la solidarité s’organise. Comme cette fois où Dutriévoz, affecté à la bibliothèque, lui glisse une sardine salée dans Robinson Crusoé. Les prisonniers se passent le mot par la fenêtre ou par le siphon des lavabos pour réclamer le statut de prisonnier politique. au bout de trois mois, ils sont regroupés à quatre par cellule.

“Il y avait des profs et des instits. Pour tenir, ils nous faisaient travailler. On écrivait sur le moindre bout de papier. Grâce à eux, j’ai fait des études d’histoire.” La révolte gronde, les tentatives d’évasion se succèdent.

La répression ne tarde pas. Marcel et ses camarades sont conduits à la Guillotière, embarqués dans un train sans savoir où ils allaient. “Enchainés par deux, aux mains et aux pieds, on a gueulé La Marseillaise tout le long du voyage. Je me souviens qu’à Sète, on a longé la mer. Moi qui ne l’avais jamais vue, je garde ce bleu au fond des yeux.” avec 1200 autres prisonniers poli- tiques résistants, Marcel se retrouve à la centrale d’eysses dans le Lot-et- Garonne. Très vite, ils s’organisent, résistent à tout commandement, s’en- traînent physiquement et survivent grâce à la solidarité.

“On organisait le partage et on partageait ce qu’il y a avait à partager. La cuillérée de soupe, la bouchée de pain, nous les prenions sur nos faibles rations pour les donner à l’autre, malade ou plus faible.” C’est là qu’il rencontre celui qui sera toujours son ami, son frère, Joseph Sanguedolce, qui deviendra le maire de Saint-Etienne.

A Eysses, un nouveau directeur, un milicien, prend le camp en main. Tant et si bien qu’il provoque la révolte : le 19 février 1944, les résistants de toutes nationalités se mutinent et déclarent la guerre à leurs geôliers. ils ferraillent toute une nuit.

Les représailles ? 12 fusillés, 40 otages. et en mai, le départ pour Dachau, via Compiègne. “C’était le 18 juin. Je savais qu’on partait pour un camp, mais je ne pensais pas que ça puisse atteindre une telle horreur.”

Marcel décrit le voyage où, à trois cents par wagon, ils ont roulé trois jours et trois nuits sans rien boire ni manger. Une fois encore, ils s’organisent comme ils l’ont toujours fait dans la résistance. S’asseoir, s’allonger, respirer par la lucarne à tour de rôle pour n’abandonner personne à la mort.

“Et c’est comme ça que nous sommes arrivés presque tous vivants. Dans le convoi suivant, on comptait 860 morts sur 1400 déportés”. Des chiffres précis inscrits à jamais dans leur souvenir. Comme ce numéro – 73 949 – tatoué pour toujours sur la peau de Marcel. a Dachau, porteurs du triangle rouge de résistant, ils continuent leur combat. a toujours croire en leurs idéaux, à se serrer les coudes, à participer à la solidarité, à collecter le moindre petit bout de pain pour sauver les plus faibles d’entre eux... a trimer douze heures par jour en limant des bouts de ferraille, toujours surveillés, brimés, affamés. et le soir, des appels interminables qui voient s’écrouler, pour ne plus se relever, des hommes terrassés par l’épuisement et le froid.

Jusqu’à ce qu’à l’approche des troupes alliées, les nazis veuillent évacuer le camp sur les routes de la mort. Ce qu’ils refuseront : “Pourquoi alors, ne nous ont-ils pas exterminés ? Parce que nous étions 10 000 et que cela aurait été une trop grande tuerie”, répond Joseph Sanguedolce. Les nazis étaient au pied du mur.

Mis en quarantaine par l’armée américaine le 30 avril 1945, pour cause de typhus, ils récupèrent une radio allemande et lancent un appel à l’armée française. Laquelle, avec à sa tête le maréchal De-Lattre-de-Tassigny, entre dans le camp et organise le rapatriement des déportés.Marcel et Joseph seront conduits pour être soignés au lac de Constance avant de rentrer, pour l’un à Lyon, et pour l’autre à Saint-Etienne, en ambulance.

2 juin 1945, chemin Feuillat. Marcel rentre chez lui. Plus il marche, plus il avance, plus il a peur. “Mes parents sont-ils encore là, comment vais-je les retrouver ?”, s’interroge-t-il. au pied de l’immeuble, il hésite encore, se lance jusqu’au troisième étage et sonne à la porte. “C’est toi ? T’es là ?” “C’est moi. J’suis là”. L’émotion fige le père et le fils sur le pallier. Le père qui attendait son retour depuis cette lettre, reçue fin mai 1945 : “Je n’ai pas grand chose à vous raconter.

Ou trop de choses qui ne devraient pas exister dans un camp libéré. Nous couchons à deux par lit. Nous sommes quatre cents par baraques. Nous avons des puces, des punaises et des poux... Un nouveau cas de typhus s’est déclaré. On parle de désinfection, d’habits neufs... mais rien ne vient. Pour la nourriture, c’est un demi- litre de café sans sucre le matin, un litre de soupe à midi, un demi-litre de café avec trois cents grammes d’un pain infect et soixante gramme de beurre le soir. Croyez-vous que ce soit la nourriture de prisonniers qui ont énormément souffert de la faim ?

Pour le rapatrie- ment, on ne sait rien. Il faut que nous quittions ce camp. Nous ne voulons plus voir les horreurs, nous voulons rentrer en France et non y laisser notre peau après l’avoir sauvée des tortures des nazis. Nous en avons marre de voir des souffrances autour de nous. Les “zèbres” en ont assez vu”.

A Lyon, il a fallu qu’il recommence à vivre. en gardant le silence sur l’indicible. “Parler à qui ? Parler de quoi ? De ce plus grand mal que des hommes ont pu faire à d’autres hommes ? C’était telle- ment inimaginable.” Puis, il y a sa vie avec Renée, elle aussi résistante. a qui il rend hommage dans son tout pre- mier poème, “Si aujourd’hui je suis ici”, lorsqu’il écrit, les nuits d’insomnie. Un jour, il en offre en cadeau à ses amies Monique et Odette de l’association Mémoires. L’association décide, en cadeau de retour, de publier les poèmes que Marcel roche, en homme discret, gardait ou offrait à titre personnel. Un recueil d’une vingtaine de textes tous emprunts de “nuits sans sommeil” et de “souvenirs toujours vivaces”.

“Je n’ai vraiment commencé à écrire ces poèmes que vers l’âge de cinquante ans, commente-t-il, parce qu’en revenant je m’étais dit que je ne pourrais pas survivre au-delà”. autant de textes qu’il signe de l’anagramme Rameclocher. “Rame, explique-t-il, parce qu’il faut bien ramer pour faire avancer ses idées. Clocher, parce que c’est un point de mire qui reste toujours droit, comme tu dois l’être dans ton comportement”. autant de textes illustrés de dessins de René Baumer, ce peintre, sculpteur et écrivain vaudais,lui aussi résistant, emprisonné à Montluc puis déporté au camp de Bergen-Belsen.

Dans son tout premier poème, Marcel écrit : “Si aujourd’hui je suis ici, Après tant d’années passées, Malgré tout un peu moins tourmenté, C’est un peu grâce à Arlette, Elle aussi a su m’aider, Et c’est elle qui m’a transformé”. Un hommage à sa fille, Arlette, son bonheur. a qui il a transmis ses valeurs, comme ils les transmettaient en témoignant, avec son ami Maurice Luya, déporté lui à Buchenwald, auprès des jeunes écoliers, collégiens et lycéens. Faisant œuvre de transmission : “Si aujourd’hui je suis ici, Aux jeunes je leur dis : Un peu partout sur notre planète, Les nazis redressent la tête. Souvenez-vous ce qu’ils ont fait, Car si un jour ils revenaient, C’est donc que l’on aurait trahi, Tous ceux qui par eux ont péri...”.

Edith Gatuing à partir des témoignages recueillis par Colette Berranger Photos C.Bourganel
http://www.vaulx-en-velin-journal.com/Actualites/Societe/Re-sistant-militant-de-porte-Marcel-Roche-s-en-est-alle


10 décembre 2012
Jean Berthinier

Adjoint au maire de Villeurbanne, Démocratie locale et Lutte contre les discriminations
Ci-dessous quelques mots
 
"J’ai connu Marcel Roche lors d’un voyage à Berlin avec des collégiens pour découvrir l’Allemagne des camps, mais aussi celle de la résistance au nazisme.
 
Tous les participants, jeunes et adultes, ont apprécié ses interventions. Et nous ne pouvions que l’admirer, pensant à ce passé héroïque dans une période où l’engagement allait jusqu’à l’enjeu de la vie elle-même. Cette stature était un modèle pour nos jeunes, on l’a bien senti.

Marcel était accompagné de sa fille Arlette qui a animé le voyage de sa vivacité et de sa gentillesse.
Je l’assure, ainsi que sa famille, de notre solidarité attristée.
"
 
 La soirée sera sûrement émouvante.*
Amitiés
* du 17 décembre


14 décembre Le Progrès de Vaulx-en-Velin


Samedi 15 décembre
AFMD 69

Monsieur le Maire, Mesdames et messieurs les élus,

Chère Arlette, chère Raymonde sa sœur, cher Roger son frère,

Chers amis résistants déportés, Mesdames et messieurs les représentants des associations.

Chers amis,

Il y a quelques semaines nous avions toutes raisons de redouter la disparition de Marcel. Aujourd’hui c’est le vide, la béance.
Pour comprendre la profondeur et la portée de ce départ, on peut commencer par la fin, je veux dire les derniers actes d’engagement de Marcel.

Spontanément, à l’annonce de la mort de Marcel, plusieurs enseignants ont tenu à faire savoir ce que son témoignage d’ancien déporté avait apporté à leurs élèves et à eux-mêmes.

Tous ces enseignants mettent l’accent sur l’évidence de son humanisme en acte, sur sa rectitude qui lui a fait suivre sa vie durant sa ligne, la ligne droite, cela présent dans une modestie et une capacité à communiquer qui ont fait que ses passages dans les classes, notamment primaires, ont laissé chez les enfants une marque profonde qui peut-être pour certains contribuera à orienter leur vie.

Car Marcel sans théoriser, a montré à travers les aventures de sa vie et quelles aventures ! Qu’un homme droit, debout, dressé est un homme qui sert ses convictions avec constance, en sachant que les conséquences peuvent être redoutables qui se vit solidaire avec d’autres attachés aux mêmes combats et aux mêmes valeurs, un homme convaincu que la société dans laquelle il vit peut être plus juste et qui y travaille.

La vie d’engagement de Marcel à commencé très tôt, dès ses quinze ans, quand il adhère aux jeunesses communistes.

Dénoncé le 19 août 1941 alors qu’il distribue des tracts, il a alors dix-neuf ans, il est condamné à cinq ans de travaux forcés et sera incarcéré à Montluc, à St-Paul à Lyon à St-Etienne puis à la centrale d’Eysses dans le lot et Garonne où il participera à la tentative d’évasion du 19 février 1944.

La suite est simple et tragique : Compiègne puis Dachau. Il sera libéré le 30 avril 1945 et retrouvera Lyon le 2 Juin.

Qu’est-ce qui a permis qu’il sortit, lui et d’autres, de l’univers concentrationnaire ?

Trois atouts, disait Marcel. La ténacité, tenir, tenir, tenir, la solidarité, tenir avec d’autres, tenir ensemble et enfin, car Marcel ne trichait pas, la chance.

La dernière décision de Marcel, son dernier acte est de la même veine humaniste : il n’y a pas eu d’obsèques, il n’y en aura pas. Marcel a fait don de son corps à la science, c’est-à-dire au progrès de la médecine pour le service de l’homme.

Enfin une image pour finir :

Marcel voici deux ans et demi, en Allemagne, dans un camp montrant à des élèves de 3ème de Lyon, le four crématoire et la place qui lui était assigné et ensuite les élèves, des adolescents, répandant des roses à la surface du lac où les cendres avaient été jetées. Pour ces adolescents, quelques uns d’entre eux en tout cas, un moment d’une intensité difficilement supportable mais qu’ils se sont jurés de ne pas oublier grâce à Marcel.

Le 15 décembre 2012
AFMD du Rhône

Deux hommages à Marcel Roche sont programmés sur la commune de Vaulx-en-Velin.

http://onvaulxmieuxqueca.ouvaton.org/spip.php?article2798


Portfolio

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vendredi 16 novembre 2012 à 23h16 - par  Marguerite Backès

Marcel était fait d’héroïsme tranquille, de convictions indéracinables. Quand il témoignait de ce que furent les années les plus noires de sa vie, il donnait toujours une dimension collective à toutes ses actions, étonné de l’admiration qu’il suscitait tant il était discret et incurablement modeste. Et, comme si toutes ces qualités ne suffisaient pas, il était, en plus, d’une incroyable gentillesse, avec tout le monde. Et il laisse un vide immense.
Marguerite Backès

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