Montluc 19 juin 2013 : Hommage à Jean Moulin et aux RésistantEs

mardi 25 juin 2013
par  onvaulxmieuxqueca
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Mercredi 19 Juin 2013 s’est déroulé un remarquable hommage à Jean Moulin et aux RésistantEs, le site "On vaulx mieux que ça" met en ligne l’intervention de l’ANACR 69 et de l’AFMD 69, parmi beaucoup d’autres interventions.

Remarquons la présence des Eclaireuses de France qui ont lu "LE SERMENT DE BUCHENWALD" d’un poème de Marcel Roche « Si aujourd’hui je suis ici » et de l’interprétation émouvante de la chanson de Montluc par Emilie Souillot réalisatrice des films « La Force de Résister » …Le Hot Club de Lyon

Les organisateurs

Amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation

Association Nationale des Anciens Combattants et Ami-e-s de la Résistance

Association des Rescapés de Montluc

Fédération Nationale des Déportés, Interné, Résistants et Patriotes

Fils et Filles des Déportés Juifs de France

Amicale d’Auschwitz

Amicale de Neuengamme

La Journée de la Résistance


ANACR 69

Discours à la BBC, le 22 Septembre 1942, archives privées de Gilberte Brossolette.

Français,
Ce n’est pas sans débat que j’ai accepté de payer mon tribut d’arrivant en parlant aujourd’hui à ce micro. Car je n’ai pas oublié que, dans le grand trouble des esprits et des coeurs d’avant-guerre, la voix de Pierre Brossolette a suscité des inimitiés tenaces aussi bien que des fidélités passionnées. Et si j’avais pensé un instant qu’elle puisse maintenant encore révéler la moindre division parmi les Français qui souffrent et qui luttent, je me serais tu avec sérénité : je n’ai pas la nostalgie du micro.

Mais il m’a finalement semblé qu’aujourd’hui trop de mains se sont tendues entre les Français qui se combattaient hier, il m’a semblé qu’à travers les épreuves douloureuses et héroïques de la Résistance, une trop profonde et trop magnifique solidarité, je dis mieux : trop profonde et trop magnifique complicité s’est forgé entre tous les Français, pour que tous n’accueillent pas avec sympathie ce soir une parole qui n’est plus que celle d’un soldat de la seconde bataille de France parlant à ses camarades de combat. Et peut-être au contraire pour les mots de communion nationale que j’ai à prononcer sera-ce un poids supplémentaire que d’être dits par un homme qui passa naguère pour un partisan si violent.

J’aurais voulu dès ce soir fixer devant vous, devant ceux qui ont été et sont toujours mes amis, devant ceux qui ne l’ont pas été naguère et qui le seront demain, la leçon de notre arrivée commune ici, à Charles Vallin et à moi, la leçon de cette arrivée que nous avons, l’un et l’autre, voulue commune pour montrer physiquement à tous qu’il n’y a plus entre les Français de fossé sinon le fossé séparant à jamais ceux qui veulent leur pays intact et libre et ceux qui le toléreraient mutilé et asservi...

Mais, aujourd’hui, je veux d’abord, parce que je crois que je le puis, je veux d’abord répondre à une des interrogations muettes mais ardentes de millions de Français et de Françaises.

Ces Français, ces Françaises, ils savent bien, certes, que ce n’est pas pour un homme que nous nous battons, mais pour une cause, que ce n’est pas un homme qui nous a rejetés dans la bataille, mais un geste, un sursaut — son geste, son sursaut — et que peu importe en principe le nom dont est signé le texte historique qu’aujourd’hui encore je ne puis relire sans que l’émotion me saisisse à la gorge, le texte que vous devriez tous savoir par coeur, le texte qui, à la fin tragique de juin 1940, nous a tous rappelés de l’abîme, en nous disant : « La France a perdu une bataille mais la France n’a pas perdu la guerre... Il faut que la France soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur... ».

Ils savent tout cela qui précisément donne à notre bataille son sens et sa splendeur. Mais je n’en connais pourtant pas beaucoup qui, malgré tout, ne se demandent pas avec une sorte de curiosité passionnée comment est l’homme en qui s’incarne depuis deux ans leur suprême espérance. Eh bien ! La réponse à cette question muette, la réponse que n’ont pas pu vous donner ni ceux qui ne sont pas libres de parler de lui, parce qu’ils sont ses collaborateurs directs, peut-être puis-je essayer de vous la fournir, moi qui le connais déjà, mais qui peux m’exprimer sur lui avec la liberté d’un homme parlant d’un autre homme.

Et alors, moi qui depuis quinze ans commence à avoir suffisamment vu de choses et de gens pour savoir où est la grandeur et où est la bassesse, où est le calcul ou le désintéressement, où est la fourberie et où la probité, où sont les idées courtes et où les grandes vues d’avenir, je vous dois à tous, à vous tous qu’a soulevés d’un même souffle le geste du 18 juin 1940 : « Français, ne craignez rien, l’homme est à la mesure du geste, et ce n’est pas lui qui vous décevra lorsque, à la tête des chars de l’armée de la délivrance, au jour poignant de la victoire, il sera porté tout au long des Champs-Elysées, dans le murmure étouffé des grands sanglots de joie des femmes, par la rafale sans fins de vos acclamations. »

Voilà ce que je voulais d’abord vous dire ce soir. Mais voici ce qu’il faut que je vous demande. À côté de vous, parmi vous, sans que vous le sachiez toujours, luttent et meurent des hommes — mes frères d’armes —, les hommes du combat souterrain pour la libération.

Ces hommes, je voudrais que nous les saluions ce soir ensemble.

Tués, blessés, fusillés, arrêtés, torturés, chassés toujours de leur foyer ; coupés souvent de leur famille, combattants d’autant plus émouvants qu’ils n’ont point d’uniformes ni d’étendards, régiment sans drapeau dont les sacrifices et les batailles ne s’inscriront point en lettres d’or dans le frémissement de la soie mais seulement dans la mémoire fraternelle et déchirée de ceux qui survivront ; saluez-les. La gloire est comme ces navires où l’on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l’obscurité pathétique des cales.

C’est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France.

Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.


l’AFMD 69

Hommage aux RésistantEs allemandEs et Autrichiens

Ce texte est composé d’extraits du livre d’Anne Sizaire « Les roses du mal, résistants allemands au nazisme », complété par le témoignage vidéo de Dora Schaul au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon.

« La Résistance Allemande fut une résistance inconnue, oubliée, occultée, méprisée ».

« Les résistants allemands ont agi en ordre dispersé, égaré dans la nuit de la tyrannie ».

« Ils n’ont jamais rien fait de si spectaculaire que l’histoire veuille bien en tenir compte. Seulement écrire des mots de liberté, tenter, désespérément, d’alerter leurs amis étrangers sur la nature du danger mortel qui menaçait non seulement leur pays mais toute l’Europe, sauver des vies… ».

Distribuer des tracts…et être solidaire avec les victimes du nazisme, financièrement, mais aussi en les cachant chez eux. Plusieurs réseaux existaient et ont été très efficaces, mais malheureusement des familles entières furent ainsi exterminées

« Il furent des centaines de milliers, entre 1933 et 1945, sept cent milles furent envoyés en camp de concentration pour résistance « active » ».

« Pendant les 12 ans de dictature, on recense 33 000 condamnations à mort par les tribunaux civils et plus de 20 000 par les tribunaux militaires.

Parmi ces condamnés à la peine capitale, il y eut de nombreuses femmes. La 1ère à inaugurer cette liste sanglante fut une jeune étudiante communiste de 29 ans, mère d’un tout petit enfant »

A Lyon, 40 à 50 Allemands et Autrichiens ont participé à la Résistance française en liaison avec la Main d’œuvre Immigrée, mais aussi avec les gaullistes, parmi ces résistants : une grande dame DORA SCHAUL.

Dora arrive en 1934 en France à l’âge de 21 ans, sans-papiers, menacée d’expulsion, mais déterminée à faire connaitre les réalités du nazisme.

En 1938 les antinazis allemands réfugiés en France publient la version française de leur livre « Le peuple allemand accuse », il représentait le cri du peuple allemand opprimé qui voulait faire savoir au monde la réalité du régime nazi. Ce livre malheureusement ne recueillera aucun écho en dehors de quelques minorités qui avaient perçu le danger réel du nazisme.

Arrêtée en 1939 Dora connaît la prison puis le camp de Rieucros.
« Ceux que les autorités françaises jugeaient dangereux, ce n’était pas les nazis, mais les antifascistes… » !

Elle s’évade du camp et rejoint Lyon. Elle habite tour à tour : rue Vendome, rue de l’église et plus longtemps au 63 rue de Gerland.

Son activité dans la résistance :

Etiquettes collées contre les nazis et l’occupation.

Repérages au parc de la Tête d’Or, de soldats allemands non nazi, pour collecter des informations afin d’écrire des tracts et trouver des relais pour distribuer ceux-ci dans les casernes (essentiellement la caserne de la Part Dieu).

• Elle se fait embaucher à la Brasserie Georges, au mess des officiers allemands pour collecter des informations précieuses après des repas bien arrosés.

• Elle change d’identité pour être embauchée à la Poste allemande (située à l’école de la santé, avenue Berthelot). C’est ainsi qu’au « bout de quelques jours, un sous-officier arrive, efface certains numéros pour les remplacer par d’autres : elle comprend alors, brusquement, qu’elle est en mesure d’informer ses camarades sur les mouvements de troupes de la zone sud ».

Travaillant parfois la nuit, les autorités allemandes lui fournissent un laissez-passer, qui est aussitôt reproduit pour la résistance française.

• En cas d’urgence elle transporte à Paris une valise dont elle ignore le contenu.

• C’est dans une chambre de bonne à Villeurbanne que le groupe de résistants impriment des tracts et des journaux allemands antinazis.

Le groupe est en contact, avec les maquisards allemands et autrichiens qui combattent aux cotés de la résistance française et particulièrement avec un maquis composé uniquement d’allemands et d’autrichiens dans les Cévennes.Ces maquisards allemands arrivèrent les 1érs à Nîmes pour libér er la ville. Ils mirent en défaite la milice française locale, enlevèrent le drapeau nazi sur une caserne et le remplacèrent par le drapeau Bleu, Blanc, Rouge.

Pour finir, Dora Schaul a été en mesure de fournir l’ensemble des noms de la gestapo de Lyon à la résistance gaulliste. Cette liste de noms fut lue sur les ondes de Radio Londres.

Dora déclara après la libération :

« Je n’ai pas vraiment eu peur, car je me sentais en sécurité avec mes faux papiers ».

« Toute ma famille fut déportée, tuée ».

« Alors j’ai décidé de faire aux nazis, le plus de mal possible » « plus j’étais efficace, plus j’étais contente et fière ».

« A la libération nous étions tous contents, mais très étonnés d’être encore vivants ».

Mais le risque était fort important pour ces allemands de se faire tuer par dénonciation à la résistance française, c’est pour cela que le FN (à ne pas confondre avec celui d’aujourd’hui) leur fournirent un laissez-passer indiquant qu’ils faisaient partie de la RESISTANCE.

Dora Schaul fut un des témoins contre Klaus Barbie lors de son procès en 1987.

N’oublions pas la part des résistants Allemands et Autrichiens ainsi d’ailleurs que ceux des autres nationalités dans la libération de notre pays.



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