Licenciée pour avoir perdu son bébé ?

mardi 1er novembre 2016
par  onvaulxmieuxqueca
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Licenciée pour avoir perdu son bébé ?

CGT LA COURNEUVE France

Ayele a 33 ans. Elle est caissière. Le 8 juin 2016, à 4 mois et demi de grossesse, elle rompt la poche des eaux au travail, en portant une pastèque sur le tapis de caisse. Les pompiers l’amènent immédiatement à l’hôpital. Pendant 5 jours, elle garde l’espoir de sauver son bébé mais un début d’infection oblige le corps médical à interrompre sa grossesse.

Son employeur, O’Marché Frais, est un supermarché de La Courneuve, spécialisé dans les dates limite de consommation. Les conditions de travail des caissières y sont particulièrement difficiles : vidéo-surveillance permanente, infantilisation par les responsables de caisse, isolement et pression au rendement.

Ayele a continué à travailler, malgré l’épuisement dû à ses conditions de travail, parce qu’elle avait besoin de son CDI pour que son enfant naisse dans un vrai logement. Elle a travaillé debout et toujours plus vite, pour répondre aux injonctions de sa responsable de caisse et de sa directrice Et comme elle était épuisée, comme elle le savait, elle a prévenu son employeur, en lui remettant un certificat de grossesse. La direction de O’Marché Frais a-t-elle alors aménagé le poste de travail d’Ayele, pour remplir son obligation de sécurité ? Absolument pas.

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Ayele a continué à travailler vite, toujours plus vite, sous la surveillance déstabilisante des caméras vidéo au-dessus des caisses et des vigiles de la société sous-traitante, jusqu’à l’accident de travail, fatal pour son bébé.

Et à peine un mois après son retour au travail, la direction la licencie sous prétexte d’erreurs de caisse. Au cours de l’entretien préalable, la directrice générale du magasin a dit explicitement qu’elle ne supportait pas que sa responsabilité dans la survenue de l’accident, soit questionnée au travers des questions des délégués du personnel. Elle a ajouté que c’était « SON entreprise ».

Le droit de propriété autorise-t-il de telles atteintes à la vie des femmes salariées ? La maternité est un droit, pas une faute professionnelle et l’employeur a des obligations vis-à-vis de tout-e salarié-e. L’une d’elles est l’obligation de protection de la santé et de la sécurité des salarié-e-s définie par l’article L4121-1du Code du Travail.

Nous, signataires de la pétition, exigeons :
• La réintégration immédiate d’Ayele à son poste de travail.
• Que la responsabilité de la direction par rapport à l’accident du travail d’Ayele fasse l’objet d’une enquête.
• Au cas où des responsabilités seraient établies, nous demandons au procureur de la République d’engager des poursuites envers les responsables de l’accident.
• L’inclusion dans le Code du Travail du droit à un aménagement de poste sur présentation d’un certificat médical pour toutes les femmes enceintes, notamment en cas de port de charge.
Premier-e-s signataires :
Ana Azaria, présidente de Femmes Egalité
Sophie Binet, pilote du collectif "Femmes mixité" de la CGT
Clémence Bucher et Hélène Crouzillat, collectif les Mattermittentes,
Alain Carré, Médecin du travail, représentant CGT des travailleurs à la commission maladies professionnelles du COCT
Caroline De Haas, féministe
Carine Delahaie, rédactrice en cheffe de Clara Magazine
Monique Dental, Réseau Féministe "Ruptures"
Dominique Huez, vice-président association Santé et Médecine du Travail
Amar Lagha, secrétaire général de la fédération du commerce CGT
Séverine Lemière, universitaire, association "FIT une femme un toit"
Lilia Mhissen, avocate à la Cour
Hervé Ossant, secrétaire général de la CGT 93
Anne Perraut Soliveres, directrice de la rédaction de la revue Pratiques
Suzy Rojtman, porte parole du Collectif National pour le Droit des Femmes (CNDF)
Roselyne Rollier, Présidente de la Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil
Sabine Salmon, présidente de Femmes Solidaires
Claire Serre Combe, porte parole d’Osez le féminisme (OLF)
Rachel Silvera, universitaire
Annie Thébaud Mony, directrice de recherche honoraire INSERM, Présidente de l’association Henri Pézerat.
Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT
Muriel Wolfers, secrétaire générale de l’Union Locale CGT de la Courneuve
Delphine Zoughebi, avocate à la Cour, présidente de l’association Protection sur Ordonnance

https://www.change.org/p/licenci%C3%A9e-pour-avoir-perdu-son-b%C3%A9b%C3%A9


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