ELOGE DU SILENCE : Voici ce que déclarait un cheminot à l’assemblée générale unitaire des intermittents, précaires et chômeurs, du 16 juin 2014 à la Grande Halle de la Villette :

mardi 15 juillet 2014
par  onvaulxmieuxqueca
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30 juin, 2014 •

ELOGE DU SILENCE

Voici ce que déclarait un cheminot à l’assemblée générale unitaire des intermittents, précaires et chômeurs, du 16 juin 2014 à la Grande Halle de la Villette :

« Je suis conducteur de train sur la ligne C du RER en grève. On est venu à votre manifestation ce jour vous faire un salut fraternel ; on salue votre lutte. Dans tout le pays, il y a des gens qui se lèvent et qui disent que ce n’est plus possible.

On doit se parler de travailleurs à travailleurs et d’usagers à spectateurs.
La culture est un service public comme nous, et quand on n’est pas là, ils se rendent compte qu’on n’est pas là.

Les médias mentent, le gouvernement ment.

C’est la disparition du réseau ferroviaire qui est en jeu, comme cela s’est produit en Angleterre, pour financer des profits ; c’est inacceptable.

C’est nous qui créons des richesses.

Il faut paralyser l’économie de ce pays, attaquer au portefeuille, seul langage qu’ils connaissent.

Ce gouvernement se suicide politiquement uniquement pour répondre aux intérêts de classe. Il faut faire primer nos intérêts sur les leurs.

La réforme du ferroviaire, c’est diviser pour privatiser après. A ceux qui veulent détruire la culture et les droits sociaux partout, les cheminots répondent : résistance. Grève tous ensemble. »

Agrément, de nombreuses équipes sont en grève ou en lutte... ce n’est pas pour rien. Nous sommes, au-delà des intermittents du spectacle, nombreux à être en colère.

Nous ne sommes pas une réserve d’Indiens.

Nous sommes concernés par le reste des annexes et par le reste du monde. C’est l’ensemble de la convention qui est à revoir. Les droits rechargeables sont néfastes pour les salariés en CDD courts. Le régime général n’est pas adapté aux personnes à activité réduite qui y sont brusquement basculées... Vous n’avez pas lu ce que vous agréez ? 86% des embauches se font en CDD, les contrats de moins d’un mois ont plus que doublé.

<idoc3482|left>Toucher aux chômeurs les plus atteints par la crise est indigne.

Décryptage concernant les chômeurs du régime général, les intérimaires, les salariés victimes d’un licenciement injustifié, les intermittents du spectacle et les chômeurs seniors

Dernière modification : mercredi 11 juin 2014

Nous faisons corps avec les grèves des postiers du 92 depuis plusieurs mois.
Nous accompagnons de tout cœur les cheminots en grève depuis plusieurs jours.

On appelle ça la convergence des luttes.
C’est un vilain mot pour remplacer fraternité, qui serait plus approprié.

Mais surtout, au-delà des revendications, ô combien légitimes, de défense du service public, nous nourrissons un rêve secret.

Nous sentons que pour que l’état des choses change, il faut arrêter le mouvement.
Arrêter de courir derrière son train pour bosser.

Arrêter de répondre au courrier.

Arrêter d’être branché à son téléphone.

Arrêter d’être toujours prêt à répondre à une hypothétique offre d’emploi.

Arrêter de devoir répondre, tout de suite, maintenant.

Il faut de l’immobilité.

Des radios qui ne passent que de la musique, des télés sans images, des théâtres où les artistes fassent résonner le silence.

Alors oui, comme après un silence dans une conversation, nous pourrons reprendre le dialogue.

A la fin de l’émission à 58 minutes et 23 secondes « Eloge au silence » version longue.


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