La réforme du Code du travail ne passe pas chez les militants CFDT

mercredi 4 octobre 2017
par  onvaulxmieuxqueca
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Source Les Echo

La réforme du Code du travail ne passe pas chez les militants CFDT

La CFDT a réuni ce mardi 10.000 militants à Paris pour fêter sa première place dans le secteur privé. L’occasion de mesurer le malaise voire la colère que suscite chez eux la réforme du Code du travail.

Ce mardi, quelque 10.000 militants ont convergé porte de la Villette, à Paris, à l’appel de la CFDT. Objectif : célébrer sa montée sur la première marche du podium syndical dans le secteur privé, devant la CGT. Ce rassemblement avait été annoncé par Laurent Berger, le secrétaire général de la centrale, en mars, dès qu’avait été connue la nouvelle.

Et toute l’après-midi a été consacrée à cette victoire historique.

Des équipes sont venues égrainer les victoires obtenues par la CFDT, des 300 embauches en CDI de Toyota au droit d’aller travailler en bermuda... des chauffeurs de bus de Nantes.

De quoi chauffer la salle avant l’intervention de Laurent Berger venu galvaniser ses troupes. « La première force syndicale de ce pays, désormais, c’est nous ! » a-t-il proclamé sous les applaudissements, vantant les « droits » obtenus par la CFDT depuis la création des sections syndicales d’entreprise.

Forte colère contre l’exécutif

Mais cette journée a aussi montré que malgré l’euphorie de la victoire de mars le moral des troupes n’est pas au beau fixe.

Il y a en particulier une forte colère contre l’exécutif : les sifflets contre les ordonnances l’ont montré mais cela va bien au-delà comme l’a souligné Laurent Berger, évoquant la baisse des APL et des contrats aidés versus la réforme de l’ISF. S’y ajoute un malaise face au refus de la centrale d’appeler à une mobilisation contre la refonte du Code du travail , que le lancement d’un « appel des 10.000 [représentants du personnel CFDT] » très général au patronat et au gouvernement ne peut suffire à apaiser.

La direction avait habilement choisi de vider l’abcès dès le matin lors de deux débats.
Les critiques ont fusé. Pas sur l’analyse de la réforme, dénoncée de la base au sommet, mais sur la stratégie. « Pourquoi vous appelez les fonctionnaires à manifester en intersyndicale le 10 octobre et vous ne voulez pas l’envisager [contre les ordonnances] ? », a interrogé une militante des Hauts-de-Seine. « Vous ne vous appuyez pas sur la base », a reproché un militant de Naval Group.

Difficulté à convaincre

Si les interventions de ce type ont souvent été applaudies, les réponses des dirigeantes de la centrale Marylise Léon puis Véronique Descacq n’ont provoqué aucune réaction.

Le signe tout à la fois de leur difficulté à convaincre comme du refus de remettre en cause la légitimité de la confédération...

La direction de la CFDT a pris soin de ne pas stigmatiser ceux qui veulent descendre dans la rue.

« Je comprends l’envie légitime de certains d’entre nous d’enfiler les baskets pour exprimer notre colère », a même reconnu face aux 10.000 militants Laurent Berger, « mais avec quels résultats possibles ? Avec quel soutien des salariés ? »

Le gouvernement est en tout cas prévenu : le risque d’une bronca est bel et bien là sur la question des moyens du dialogue social dans les entreprises, qui doit faire l’objet d’un décret d’application, comme sur les prochaines réformes - assurance-chômage et formation.

« La CFDT n’a abandonné aucune option d’action syndicale, [...] on verra en fonction des résultats », a souligné Laurent Berger, affirmant qu’après la flexibilité, sur la sécurité, le gouvernement a « intérêt à être au rendez-vous ! »
Leïla de Comarmond

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/030652874630-la-reforme-du-code-du-travail-ne-passe-pas-chez-les-militants-cfdt-2119196.php


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